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03.03.2026 à 15 H 53 • Mis à jour le 03.03.2026 à 15 H 53 • Temps de lecture : 3 minutes
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Conflit

Guerre au Moyen-Orient : le scénario d’une guerre régionale ouverte fait plonger les marchés

Les marchés boursiers ont reculé à travers l’Asie mardi, en réaction aux signes indiquant que l’Iran intensifiait ses représailles

L’embrasement militaire entre les États-Unis, Israël et l’Iran provoque une onde de choc mondiale. Mardi, les marchés boursiers ont décroché tandis que le baril de Brent franchissait le seuil des 80 dollars, son plus haut niveau depuis 2024, dans un contexte de frappes élargies et de menaces sur les infrastructures énergétiques du Golfe.


Depuis samedi, date des premières frappes américaines et israéliennes contre l’Iran ayant entraîné la mort du guide suprême, l’ayatollah Ali Khamenei, plus de 800 personnes ont été tuées à travers la région, selon des bilans encore difficiles à vérifier de manière indépendante. Le Croissant-Rouge iranien fait état de 787 morts et de plus de 1 000 attaques ayant touché 153 villes et plus de 500 sites en Iran. Le Pentagone a confirmé la mort de six militaires américains. Au Liban, au moins 31 personnes ont été tuées, tandis qu’Israël déplore au moins 10 morts et que six décès ont été signalés dans les pays du Golfe.


Sur le terrain, l’escalade est manifeste. L’armée israélienne a annoncé mener des frappes simultanées à Téhéran et à Beyrouth, visant des centres de commandement, des entrepôts d’armes et des infrastructures de communication du Hezbollah. Elle affirme également avoir frappé un haut commandant iranien dans la capitale iranienne. Dans le sud du Liban, Tsahal dit avoir déployé des forces supplémentaires et instauré une « zone tampon » pour prévenir les attaques du Hezbollah contre les localités frontalières israéliennes. Le mouvement chiite libanais a revendiqué plusieurs attaques de drones contre des bases israéliennes dans le nord du pays. L’armée libanaise, de son côté, s’est retirée de certaines positions proches de la frontière face à l’escalade.


L’Iran affirme avoir riposté en lançant des attaques contre Israël ainsi que contre une base militaire américaine au Qatar. Dans le Golfe, les tensions se sont encore accrues après des frappes de drones contre les ambassades américaines en Arabie saoudite et au Koweït, conduisant Washington à fermer temporairement ses représentations dans ces deux pays. L’ambassade américaine à Dhahran, ville stratégique abritant les installations de Saudi Aramco, a été touchée, ravivant les craintes pour l’approvisionnement mondial en pétrole.


Ces développements ont immédiatement secoué les marchés. Le Brent s’échangeait autour de 80 dollars le baril, en forte hausse, tandis que les prix de l’essence aux États-Unis bondissaient de 11 cents par gallon en une nuit. Le S&P 500 a ouvert en baisse de près de 2 %, dans le sillage des places asiatiques et européennes. Les investisseurs redoutent des perturbations durables des flux énergétiques, notamment si l’Iran mettait à exécution ses menaces de fermeture du détroit d’Ormuz, par lequel transite environ un cinquième du pétrole mondial.


Sur le plan diplomatique, Washington a appelé ses ressortissants à quitter immédiatement quatorze pays du Moyen-Orient, évoquant de « graves risques sécuritaires ». Le département d’État a par ailleurs ordonné l’évacuation du personnel non essentiel et de leurs familles dans six pays du Golfe. À Washington, la rencontre prévue entre Donald Trump et le chancelier allemand Friedrich Merz devrait être largement dominée par la gestion de cette crise, alors que le président américain a laissé entendre que la campagne militaire pourrait durer « plusieurs semaines ».


L’extension du conflit au Liban, les frappes croisées contre des intérêts américains et la menace pesant sur les infrastructures énergétiques régionales nourrissent désormais le scénario d’une guerre régionale ouverte, dont les répercussions économiques se font déjà sentir à l’échelle mondiale.

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