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10.08.2017 à 02 H 37 • Mis à jour le 10.08.2017 à 03 H 01
Par
Politique

El Omari quitterait aussi la tête de la région TTAH

Le leader démissionnaire du PAM n’a pas seulement perdu la direction de son parti dont il n’a pas su faire une machine efficace à faire barrage au PJD lors des dernières législatives. Celui-ci devrait annoncer sous peu son départ de la présidence de la région Tanger-Tétouan-Al Hoceima, théâtre du Hirak rifain, mais aussi de grands projets royaux non exécutés ou en péril

Selon plusieurs sources concordantes consultées par Le Desk, Ilyas El Omari devrait annoncer sous peu sa démission de la présidence de la région Tanger-Tétouan-Al Hoceima (TTAH) dont il avait pris la tête après les communales et les régionales de 2015 grâce au soutien du Rassemblent national des indépendants (RNI) et du Mouvement populaire (MP). Une décision qu’il devrait justifier par sa volonté de céder la place à une nouvelle élite montante du PAM.


Celui qui dirigeait le Parti authenticité et modernité (PAM) avait auparavant présenté, lundi 7 août à Rabat, sa démission de son poste de secrétaire général du parti du tracteur. Il avait cependant insisté pour dire que cela n’affecterait pas à priori sa position d’élu à la tête de la région TTAH.


Ilyas El Omari assurait devant les médias que sa démission du PAM est « irréversible ». Lors d’une conférence de presse mardi 8 août à Rabat, il a affirmé que son départ « n’avait rien à voir avec les événements du Rif », la région du nord marocain dont il est pourtant le président.


« En ce qui concerne la présidence de la région, je suis élu, personne ne peut me démettre. Je ne compte pas démissionner, j’ai des engagements avec les partenaires et je ne peux pas trahir la population qui m’a porté à la tête de la région. Lorsque le moment viendra de démissionner, je le ferai mais pour l’instant, ce n’est pas le cas », avait-il alors asséné.


Il évoquait plutôt des « raisons personnelles » l’ayant poussé à quitter la tête du parti, et fustigeait au passages les élus du PAM qui n’auraient pas suivi les consignes de la direction du parti.


Cette démission arrive au moment où le parti perd de son influence sur la scène politique, au profit du RNI désormais dirigé par l’homme d’affaires Aziz Akhannouch, qui en faisant contrepoids aux islamistes passe pour avoir les faveurs du Palais.


L’évidence est que sa chute est la conséquence directe du récent discours du roi prononcé à l’occasion de la Fête du Trône qui a dénoncé des « partis aux abonnés absents » qui « ne remplissent nullement leur mission », notamment dans la gestion de la crise dans le Rif.


En quelques jours, l’ancienne figure de proue de l’opposition devrait ainsi perdu ses deux titres, soulignant ainsi davantage son effacement de la scène politique en raison d’une part de son incapacité à faire barrage au PJD lors des dernières législatives d’octobre, obligeant le pouvoir à user de mille stratagèmes pour circonscrire le parti islamiste dans une coalition gouvernementale aussi bancale que contre-nature, et d’autre part pour ses échecs répétés à gérer la région frondeuse dont il est pourtant issu.


Il devrait ainsi payer chèrement, comme d’autres qui devront le suivre dans sa chute, les séquelles désastreuses des grands chantiers voulus par le roi Mohammed VI et non exécutés, notamment ceux prévus par le programme Al Hoceima, manarat al-moutawassit, sans compter celui de la Cité Mohammed VI Tanger Tech, dont Le Desk avait révélé les failles béantes que l’intense mais approximative campagne de communication menée dans l’urgence après la parution de notre enquête n’a pas suffi à dissiper les zones d’ombre.


« Ilyas El Omari fait partie des figures les plus détestées par le Hirak (…) C’est pourtant en vendant au pouvoir sa capacité à maîtriser cette région qui l’a vu naître, qu’il a fait son ascension jusqu’au sommet de l’État », rappelle Middle East Eye qui retrace son parcours au sein des rouages du pouvoir politique.

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