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SÉRIE EP. 1
24.11.2025 à 02 H 51 • Mis à jour le 24.11.2025 à 19 H 10 • Temps de lecture : 11 minutes
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Affaire CNP : un instrument de punition actionné par une cousine du Roi (1/2)

Enquête 1/2 Une cousine du roi Mohammed VI a mobilisé le Conseil national de la presse (CNP) pour obtenir le retrait temporaire de la carte de presse du directeur de la rédaction du Desk, auteur de ces lignes. L’affaire, que nous révélons en deux volets, est désormais portée en justice. Elle fait écho au scandale des vidéos divulguées par Hamid El Mahdaoui

Fin novembre 2024, le Conseil national de la presse (CNP) est approché par Noufissa El Yacoubi, cousine du roi Mohammed VI et fille de Lalla Aïcha. La « Chrifa », comme elle se fait appeler, s’adresse à l’organe d’autorégulation de la presse au Maroc avec une doléance : sanctionner Le Desk pour « diffusion de fausses informations » à son égard.


Une requête est donc soumise au CNP. Ses membres, fait singulier, s’empressent de se déplacer chez la plaignante pour s’enquérir de sa demande. Celle-ci porte sur une enquête publiée par Le Desk quelques semaines plus tôt. À l’origine de sa démarche se trouve une enquête réalisée par notre rédaction, publiée début novembre 2024, sur le Kimmy’z, un établissement connu de la nightlife casablancaise et détenteur d’une licence d’alcool. Dans un litige l’opposant aux propriétaires du local où il est installé, le restaurant traîne une ardoise de plusieurs centaines de milliers de dirhams. En première instance, il a été condamné à verser 820 000 dirhams. Un appel avait été interjeté depuis.


Noufissa El Yacoubi à la table du Kimmy’z

Quel lien avec la membre de la famille royale ? L’enquête du Desk démontrait que la holding personnelle de Noufissa El Yacoubi, Rista Invest, société de participation, contrôle la société Los Cabos, qui détient l’enseigne commerciale du Kimmy’z. L’implication existe depuis 2013, année de création du restaurant. Pour structurer discrètement cette présence, deux figures influentes avaient été placées en façade : Youssef Alaoui, parlementaire et personnalité majeure de la CGEM, et Driss Benomar, autre acteur du patronat à la tête d’Al Omra Group, une société de sécurité privée. Ces intermédiaires ont joué le rôle d’hommes de paille.


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