EP. 5
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« Nâal bou l’Wydad ! » s’insurge l’un des hommes entassés sur la terrasse d’un café du centre-ville de Tarfaya, les yeux rivés sur l'écran de télévision accroché en hauteur. L’équipe casablancaise venait d’encaisser un but lors de son entrée en lice dans la Coupe du monde des clubs de football, tenue en juillet dernier. Un autre client râle à chaque interruption de la diffusion et invective le serveur : « Ton IPTV est pourri, impossible de regarder le match ! » Ce dernier rétorque : « C’est surtout la connexion Internet qui ne marche pas, et si tu n’es pas content, tu peux partir. »
La scène se déroule à près de 1 000 kilomètres de Casablanca, fief du Wydad. Et c’est peut-être à cause de cette distance faramineuse que le sentiment d’appartenance à l’équipe la plus populaire du Royaume est, ici, pour le moins mitigé. L’impression d'être au bout du monde vous saisit immanquablement en arrivant à Tarfaya. Que ce soit par le nord ou par le sud, depuis Laâyoune, c’est via une petite route cahoteuse léchée par le sable du désert que l’on accède à cette petite ville de 15 000 habitants. À quelques minutes de là, un embranchement raccorde cette voie d’un autre âge à l’impeccable Nationale 1, véritable tapis de bitume qui fend le désert jusqu’à Dakhla. Un contraste qui confirme que la cité de « Saint-Ex » est toujours prisonnière du temps et des sables.
La corniche qui longe la plage de Tarfaya est vide en ce mois de juillet. Crédit : Sami Lakmahri / Le DeskConnue aussi sous son ancien nom de Cap Juby, la station balnéaire doit sa renommée à une aventure inclassable. À l’aube des années 1920, la compagnie toulousaine Latécoère décide de convertir ses avions de guerre en engins pionniers de l’Aéropostale. Sur le chemin du courrier des airs, en partance de Toulouse et en direction de Dakar, Tarfaya s’imposait comme une escale incontournable.
Une mémoire cultivée
Popularisée par l’écrivain et aviateur français Antoine de Saint-Exupéry, qui y occupait la fonction de chef d’escale en 1927, Tarfaya tente de faire perdurer cette mémoire légendaire. La commune abrite un musée dédié à l’auteur du Petit Prince, et un Rallye aérien de l’Aéropostale, rendez-vous annuel qui reproduit le circuit Latécoère, y fait une halte chaque mois d’octobre.
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