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SÉRIE EP. 20
01.03.2026 à 22 H 20 • Mis à jour le 03.03.2026 à 07 H 59 • Temps de lecture : 11 minutes
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Vaccin « Made in Morocco » PrimoVax : l’ombre de Samir Machour plane toujours sur Marbio

ENQUÊTE EXCLUSIVE Lancé en toute discrétion, PrimoVax, le premier vaccin « Made in Morocco », est aujourd'hui inoculé aux nourrissons. Mais s’il est bien produit par Marbio, sa licence et même son appellation relèvent d’une structure privée liée au controversé Samir Machour, pourtant écarté, depuis nos révélations, du projet d'usine de vaccins. Enquête

L'affaire Samir Machour, que nous documentons depuis près de cinq ans, trouve son point de départ dans une société : MarocVax. Identifiée dès nos premières enquêtes comme cofondée par Machour, elle se trouvait au cœur d'un accord discret dont les implications allaient bien au-delà d'un simple contrat d’importation.


Ce que nous dévoilions alors ne relevait pas d'un banal conflit d'intérêts, mais d'une mécanique contractuelle minutieusement agencée. Derrière MarocVax, créée dans une relative discrétion, se dessinait un dispositif à plusieurs étages. Le premier consistait à conclure un accord avec le laboratoire chinois Walvax pour l'importation de millions de doses d'un vaccin antipneumococcique. Le second, autrement plus stratégique, portait sur l'obtention d'une licence de transfert de technologie à des fins de production au Maroc, plus précisément en « fill &  finish ». C'est là que se situait l'enjeu réel : non pas dans les volumes livrés, mais dans le droit de produire, d'exploiter et, potentiellement, de redéployer cette technologie.


Or, cette licence n'était pas logée dans une entité publique ni directement intégrée au véhicule industriel marocain appelé à bâtir et gérer l'usine. Elle transitait par MarocVax, puis par une holding suisse, Bio Investment Group (BIG), contrôlée par Samir Machour.


Autrement dit, la composante immatérielle du projet, voire son essence même, à savoir la propriété intellectuelle, les droits d'exploitation et de reproduction, échappait au périmètre direct de l'État. Les infrastructures, elles, demeuraient marocaines, mais la technologie pouvait être juridiquement déplacée. Résultat : l’idée tant recherchée et revendiquée de « souveraineté » s’avère plutôt fragile.

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