S'abonner
Se connecter
logo du site ledesk
Épisode suivant
SÉRIE EP. 1
22.05.2021 à 20 H 52 • Mis à jour le 19.08.2025 à 13 H 42 • Temps de lecture : 18 minutes
Par et

La mystérieuse société MarocVax du « Dr. Machour »

ENQUÊTE Opération d’Etat doublée d’intérêts privés bénéficiant d’un très juteux délit d’initiés ? Samir Machour (de son vrai nom Machhour), V-P de Samsung Biologics promu par la presse « héros national », a menacé de dénoncer Le Desk aux autorités pour nos révélations sur sa toute récente association avec Marita Group, la holding de l’affairiste bien en cour Rahal Boulgoute. Leur société, MarocVax, a noué un étrange partenariat avec un laboratoire chinois pour importer des vaccins…
Son nom a émergé sous les acclamations des médias en 2019, lorsqu’il a rejoint le staff exécutif de la firme coréenne Samsung Biologics. Il est revenu de plus belle aux devants de la scène quelques mois plus tard à l’aune de la crise du Covid-19 : en guest star à la télévision, chez Tourabi et Erramdani, au micro des talk shows radiophoniques, invité en gourou à des webinaires universitaires…


« Dr. Samir Machour », comme il se plait manifestement à être appelé ainsi, crève l’écran et suscite l’admiration à peine contenue des journalistes qui tapissent leurs articles à son sujet de superlatifs. On le présente alors en « héros national » qui a « joué un rôle majeur dans l’approvisionnement du Maroc en vaccins ». Comment ? À quel titre ? Pour quelle(s) transaction(s) ? Rien ne sera dit dans le détail ou officialisé. On se contente d’évoquer mezzo voce une action impérieuse, exécutée dans l’ombre, à la conjonction de la diplomatie, de la sécurité, du renseignement… Une affaire d’État en somme, menée dans ce monde de brutes qu’est la course aux vaccins anti-Covid.


Depuis Séoul où il réside, Samir Machhour, le « négociateur du Maroc » déclare dans ses interviews, comme par exemple ici au micro de Chada TV (12 :30) « avoir travaillé avec l’État depuis le début, avec les ministères de la Santé, de l’Intérieur et d’autres départements ». Le 18 septembre dernier, il est bien présent à la signature par visioconférence du mémorandum d’entente avec le laboratoire russe R-Pharm, sous licence AstraZeneca. Sa participation n’avait pas été mentionnée par la dépêche de la MAP consacrée à l’événement, mais lui le dira abondamment dans la presse ajoutant : « Je suis prêt à aider mon pays si on me sollicite »… L’accord avec les Russes tombera à l’eau au profit des Indiens sans que l’État n’explique quoique ce soit de tangible sur ce changement, ni lui d’ailleurs. En catimini, R-Pharm viendra pourtant établir une tête de pont au Maroc, comme Le Desk l’avait révélé.


Samir Machour assistait à la signature de l'accord entre le Maroc et R-Pharma.


Un CV surfait et émaillé de zones d’ombres

Pourquoi douter de l’homme, de son patriotisme et de ses compétences, lance-t-on, dès que son rôle est questionné. Il faut dire que le parcours d’immigré arrivé au firmament de sa carrière en jette : Natif de Rabat, ce fils de fonctionnaire de police et d’une mère originaire d’Erfoud, décrit lui-même son histoire comme la success story d’un Marocain qui a réussi à l’étranger. On retiendra, au fil de ses sorties médiatiques, que le jeune Samir a eu une jeunesse vagabonde : d’une école salésienne à Kénitra à des études secondaires à Rabat et Azrou, il s’envole pour le Canada au tournant des années 80, après une année à la fac de sciences, où il dit « ne pas avoir trouvé beaucoup de pratique dans les universités marocaines ». Il intègre l’Université de Montréal avant de décrocher en 1988 un master en physique - « nucléaire », martèle-t-il -, à Concordia. De là, il s’engage dans la vie professionnelle, enchaine les postes dans divers laboratoires pharmaceutiques et passe de l’Amérique au Vieux continent…


 
Capture de la page Linkedin de Samir Machhour


Abonnez-vous pour continuer la lecture

à partir de 40 dh par mois

(facturé annuellement)

Choisir une offre

©️ Copyright Pulse Media. Tous droits réservés.
Reproduction et diffusions interdites (photocopies, intranet, web, messageries, newsletters, outils de veille) sans autorisation écrite.

De longs formats Enquêtes, reportages, récits et portfolios