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13.09.2017 à 02 H 12 • Mis à jour le 13.09.2017 à 02 H 12
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Médias

Une étude pointe l’état préoccupant de la liberté de la presse numérique au Maroc

Veillée de lancement du site Le Desk en novembre 2015. DAVID RODRIGUES / LE DESK
« L’exercice du journalisme indépendant est soumis à la volonté du pouvoir ». Tel est le constat très sévère établi par l'ONG espagnole NOVACT qui s'inquiète d'un climat jugé délibérément hostile dans lequel évolue la presse en ligne au Maroc. En réaction à ses conclusions, le ministre de la Culture et de la Communication a « a exprimé sa surprise » et évoqué une « l’injustice » des rapports internationaux en la matière

Le ministre de la Culture et de la Communication, Mohammed Laaraj, « a exprimé sa surprise » mardi suite à la publication des résultats d’une étude menée par une organisation non gouvernementale espagnole qui a conclu à la dégradation de la liberté d’expression de la presse en ligne, rapporte l’agence turque Anadolu.


L’étude, intitulée : Les médias en ligne au Maroc et le journalisme citoyen : analyse des principales limites à un environnement favorable, rédigée par les expert Jesus Maria Luengos et Laurence Thieux, conclut à une quasi-inexistence de la liberté de la presse pour les médias traditionnels et qualifie de très restreinte celle de la presse numérique, arguant que « l’exercice du journalisme indépendant est soumis à la volonté du pouvoir » et subit de nombreuses contraintes, des fameuses lignes rouges inscrites dans les textes juridiques, l’autocensure et de nouvelles formes de pression plus insidieuses et de menaces. Un environnement qualifié d’hostile par NOVACT « où abondent la pollution informative, la diffamation continue et les cyber-attaques ».


Un environnement défavorable à la liberté de la presse

Sont notamment mis en cause, diverses barrières à la liberté d’entreprendre un journalisme indépendant : l’obligation de déclarer au préalable la création d’un site d’information en ligne, celle de contraindre le média à une extension de domaine en .ma pour bénéficier du statut de journaliste professionnel, les critères mouvants et non précisés pour bénéficier des aides publiques, la menace de poursuites hors du cadre du code de la presse (code pénal et loi antiterroriste), sans compter la création par des agents d’Etat d’un nombre de plus en plus élevé de sites internet se prétendant des médias, dédiés à la propagande, aux attaques ad-hominem et servant à contrecarrer toute velléité à critiquer la politique du régime.


Un membre de l’Institut international pour l’action non violente (NOVACT), a déclaré, en présentant l’étude de son organisation lors d’une conférence de presse tenue à Rabat au siège de l’Association marocaine des droits humains (AMDH), que « la liberté d’expression dans le cyberespace au Maroc a considérablement diminué cette année ».


Dans une déclaration à Anadolu, Laaraj a déclaré : « Je suis surpris par le contenu de l’étude. Au contraire, je pense que la liberté d’expression est de plus en plus renforcée au Maroc ».


Laarej crie à l’injustice des ONG internationales

Il a ajouté : « Malheureusement, la plupart des rapports des organisations internationales sont injustes envers le Maroc. Nous avons 5 000 sites web au Maroc, et le gouvernement prépare un décret pour soutenir la presse numérique ».


En réponse aux accusations de l’organisation selon lesquelles les autorités du royaume « poursuivent des journalistes », le ministre a déclaré : « Selon les listes officielles des détenteurs professionnels de la presse, nous avons un journaliste (faisant référence au cas de Hamid Al Mahdaoui, directeur du site Badil.info qui a été condamné aujourd’hui à un an de prison), contre lequel une action en justice a été intentée devant le tribunal pénal, il n’y a pas d’autres cas ».


Selon le responsable de l’organisation espagnole, le Maroc a récemment procédé à « l’arrestation d’un certain nombre de blogueurs, ainsi que la poursuite de certains journalistes dans le contexte du Hirak du Rif dans la province d’Al-Hoceima ».


« Le Code de presse, qui est entré en vigueur il y a un an, est une réalisation importante et une avancée par rapport à l’ancienne loi adoptée en 2002 », a toutefois reconnu NOVACT. « Cependant, il existe des disparités entre la mise en œuvre et les textes législatifs », a regretté l’organisation.


L’étude a été parrainée par le Fonds des Nations Unies pour la démocratie (FNUD) et dans le cadre du projet « Octets sans frontières : défendre la liberté d’expression dans le cyberespace, protéger et soutenir l’espace numérique », mis en place par l’AMDH.


L’accès à l’information en question

Selon l’étude, « les journalistes ont du mal à avoir accès aux informations des institutions officielles. Bien que la loi sur l’accès à l’information ait été programmée depuis 2011, celle-ci n’est pas encore entrée en vigueur ».


Pour sa part, le gouvernement marocain estime que « l’accès à l’information est l’un des droits fondamentaux stipulés par la Constitution, ce qui se reflète dans la promulgation d’une loi qui oblige les administrations publiques à fournir aux citoyens l’information dont ils ont besoin et à prendre des mesures pour permettre à chacun d’exercer ce droit ».


L’Institut international pour l’action non-violente (NOVACT) est une organisation non gouvernementale espagnole qui prépare des études et des rapports en coordination avec des organisations non gouvernementales dans un certain nombre de pays et avec le soutien d’institutions internationales.