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23.07.2019 à 11 H 07 • Mis à jour le 23.07.2019 à 11 H 07
Par
CNDH

Pour Amina Bouayach, il n’existe pas de prisonniers politiques au Maroc

Amina Bouayach, présidente du CNDH. Archives
Amina Bouayach, récemment nommée par le roi à la tête du CNDH, a déclaré de manière catégorique à EFE « qu’il n'y a pas de prisonniers politiques » au Maroc et que la torture n'est plus pratiquée dans les prisons ou les postes de police... Elle annonce qu’un rapport du CNDH sur le Hirak rifain est en gestation et a justifié par ailleurs les expulsions d’observateurs étrangers du Sahara Occidental

Nommée par le roi Mohammed VI en décembre dernier à la tête du Conseil national des droits de l’Homme (CNDH) en remplacement de Driss El Yazami, Amina Bouayach a catégoriquement nié l’existence de « prisonniers politiques » au Maroc mais aussi toute pratique de torture dans les prisons et les commissariats de police.


Dans une longue interview accordée à l’agence de presse espagnole EFE, l’ancienne présidente de l’Organisation marocaine des droits de l’homme (OMDH) a déclaré que le Maroc vit plutôt « une crise de gestion des droits de l’homme se manifestant surtout dans la gestion des manifestations », ce qui, selon elle, a « des incidences sur l’ordre public »…


C’est ainsi qu’elle conteste le qualificatif de « prisonniers politiques » évoquant des « personnes arrêtées pour leur participation à des manifestations » ou ayant occasionné des violences en marge de celles-ci. Sur le volet de la liberté d’expression, la présidente du CNDH avance qu’aucun site web ni compte Facebook n’a été interdit ces cinq dernières années.


Dans ses déclarations, Bouayach affirme qu’un prochain rapport du CNDH sera publié, celui-ci devra concerner les « évènements d’Al Hoceima », pour désigner comme l’entend par ailleurs celui de la Délégation interministérielle des droits de l’Homme (DDH), le Hirak rifain.


« Nous avons un rapport en attente sur tout ce qui s’est passé : arrestations, allégations de torture, réelles ou non », précise Amina Bouayach pour poursuivre : « Tout cela sera discuté dans un rapport complet que nous préparons. Nous tirerons des conclusions et des recommandations en tenant compte de l’ampleur des événements », ajoute la présidente du CNDH.


Sujet de plusieurs critiques quant à son retard, il a également été question du mécanisme de prévention contre la torture qui tarde à voir le jour. Le lancement de celui-ci, à en croire Mustapha Ramid, ministre d’Etat en charge des droits de l’Homme, ne dépendrait que de l’installation de nouveaux membres du CNDH a-t-il affirmé dans ses récentes déclarations au Parlement. La liste de ceux-ci vient d’être officialisée, avec notamment la nomination de Mounir Bensalah, militant de gauche ayant participé aux mouvement contestataire du 20 Février dans le sillage des révolutions arabes.


Amina Bouayach promet dans son interview que la mise en place de ce mécanisme « sera achevée prochainement  ». Prévu par le Protocole facultatif des Nations Unies relatif à la torture, celui-ci « permet de visiter n’importe quel lieu de privation de liberté, même sans préavis », rappelle Bouayach.


La situation qui prévaut au Sahara occidental a également été abordée dans l’interview accordée à EFE. Devant répondre aux accusations d’expulsions répétitives de journalistes, militants, observateurs, avocats, élus et membres de la société civile et d’ONG internationales en visite à Laâyoune ou dans d’autres villes du territoire dont la souveraineté est contestée par le Front Polisario, la présidente du CNDH botte en touche. « Si je vais dans un autre pays et qu’ils disent vous ne pouvez pas entrer, alors je n’entre pas », a-t-elle déclaré faisant valoir l’argument officiel de la nécessité de se plier à « des procédures ».