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16.10.2019 à 01 H 08 • Mis à jour le 16.10.2019 à 02 H 22
Par
Patronat

CGEM: un simulacre de Conseil imposé par les putschistes du clan Hifdi

Abdelilah Hifdi, président du groupe parlementaire de la CGEM. YOUTUBE
Le clan de Abdelilah Hifdi comptait réunir ce mercredi 16 octobre un simulacre de Conseil d’administration après avoir empêché par la menace que soit exécutée la décision du quorum des administrateurs de le repousser au 24 conformément aux statuts du patronat. Pris en étau, le secrétaire général de la CGEM appelle à une réunion des parties opposées à 15 heures pour trouver un consensus de la dernière chance

Les débats généralement feutrés et policés qui ont lieu au sein de l’instance patronale laissent place à l’invective et aux menaces de la part du clan de Abdelilah Hifdi, président du groupe parlementaire. Il avait décidé coûte que coûte de tenir ce mercredi 16 octobre à 16 heures une réunion du Conseil d’administration pour fixer une date aux prochaines présidentielles et désigner un intérimaire pour gérer la période transitoire.


Pourtant, Jaouad Hamri, président de la Commission Ethique et Gouvernance, Safia Fassi Fihri, présidente de la Commission juridique et Salaheddine Kadmiri, en sa qualité de médiateur de la CGEM, ont émis un avis technique pour amener les administrateurs à s’accorder sur la nécessité de tenir ce Conseil dans le respect absolu des statuts de la Confédération.


Pour ce faire, des lettres ont été envoyées aux administrateurs dans l’objectif d’obtenir du 1/5ème des membres statutaires leur approbation pour tenir la réunion du Conseil le 24 octobre, celle envisagée le 16 octobre étant caduque, n’ayant pas été convoquée dans les délais statutaires de 8 jours.


Le quorum de 20 avis favorables a été dépassé, puisqu’au moins 35 administrateurs ont répondu positivement, selon nos sources.


Le secrétaire général de la CGEM sous diktat

Or, malgré cette procédure, le secrétaire général Youssef Hassouni, qui avait annulé la date du 16 octobre essentiellement en raison de sa caducité, a contre toute attente, refusé d’envoyer le mail de convocation pour le 24 octobre. Un refus que ne peut justifier son rôle qui se résume à exécuter la décision prise par le quorum.


Selon nos informations, Hassouni a subi de très fortes pressions de la part de Youssef Mouhyi, président de CGEM Marrakech-Safi et vice-président de la Commission des Finances à la Chambre des conseillers, épaulé dans sa démarche par Abdelhamid Souiri, vice-président de la Chambre des conseillers. Ce qui confirme que c’est bien le clan de Hifdi issu du groupe parlementaire qui fait feu de tout bois pour imposer son calendrier, alors que ses membres actifs dans cette crise ne disposent pas tous de la légitimité statutaire, n’étant pas membres de droit comme le sont de facto les fédérations sectorielles et les CGEM-Régions.


Sauf que le camp des légalistes avait prévu de riposter menaçant de recourir à des huissiers de justice pour faire constater que la réunion prévue ce mercredi n’a pas été convoquée par une décision officielle et que toutes ses conclusions et recommandations seront de ce fait nulles et non avenues.


Pris en étau, le secrétaire général a fini par couper la poire en deux. Dans un mail tardif adressé le 15 octobre aux membres du Conseil d’administration, dont Le Desk a obtenu copie, celui-ci explique que « des membres de ce Conseil ont demandé la convocation d’un nouveau Conseil dans les délais statutaires », mais que dans le même temps, « plusieurs membres de droit l’ont saisi aux fins de maintenir le rendez-vous du 16 ». Ainsi, écrit-il, « pour permettre de recueillir les propositions et recommandations de tous, une réunion des membres de droit du Conseil est programmée le 16 octobre à 15 heures afin de débattre des modalités de sortie de la situation actuelle et de gestion des prochaines échéances. »


En clair, le secrétariat général fait fi de la décision du quorum puisqu’il n’appelle pas à la tenue du Conseil pourtant décidé pour le 24 octobre (la date ne figure pas dans son mail) et cède à la requête de certains membres non majoritaires en appelant à une réunion fixée une heure avant celle annoncée par ceux qui comptaient imposer la tenue d’un Conseil ce mercredi… 


La CGEM est donc manifestement prise en otage par les hommes portés au pouvoir par Salaheddine Mezouar et ce malgré son départ.


« C’est une pagaille sans nom », commente un administrateur. « Les gens sont dégoûtés de la manière avec laquelle les nervis hérités de Mezouar dégradent davantage la CGEM en ces temps difficiles, alors que les 5 000 membres ont le droit de savoir ce qui se trame », regrette-t-il.


L’issue de cette réunion de la dernière chance étant encore incertaine, cette coterie semble ainsi réussir à imposer ses conditions dans ce qui s’annonce comme un simulacre de Conseil d’administration dont Mouhyi a annoncé la couleur simultanément à L’Economiste et au 360, prétextant d’un coup de force mené par Jaouad Hamri.