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05.02.2021 à 21 H 57 • Mis à jour le 05.02.2021 à 22 H 51
Par
Maroc-Espagne

Manifestations à Fnideq pour exiger la réouverture de la frontière avec Sebta

Manifestation à Fnideq le 5 février 2021. Facebook
Ce vendredi 5 février, la population de Fnideq est descendue dans la rue pour exiger que le point de passage de Tarajal avec l’enclave espagnole de Sebta (Ceuta), fermé en mars dernier à cause de la pandémie du Covid-19, soit ré-ouvert. Un mouvement de protestation consécutif aux conditions de vie devenues intenables pour les très nombreuses familles de la localité qui vivaient du commerce frontalier

La population de Fnideq est sortie manifester ce vendredi après-midi et en début de soirée dans la rue, comme l’attestent des images filmées et diffusées sur les réseaux sociaux et dans la presse espagnole. La raison : le manque d’alternatives depuis la fermeture de la frontière avec l’enclave espagnole de Sebta (Ceuta) il y a près d’un an. La frontière est bouclée depuis mars en raison de la pandémie du Covid-19 et Rabat n’a pas fixé de date pour sa réouverture alors que la campagne de vaccination nationale a été lancée.



Selon les témoignages recueillis auprès des manifestants, ces derniers exigent des autorités que le point de passage de Tarajal soit ouvert à nouveau pour leur permettre de s’approvisionner en marchandises et denrées espagnoles destinées à être revendues sur le marché marocain.



Selon des vidéos fournies par exemple à El Faro de Ceuta par les participants à la manifestation, des centaines de personnes se sont rassemblées dans le centre de la localité et les forces de sécurité ont dû être déployées, équipées de matériel anti-émeutes. Quelques échauffourées et des mouvements de foule ont eu lieu après une intervention des forces de l’ordre pour disperser les protestataires. Lors du rassemblement certains manifestants ont également jeté des pierres, est-il relaté.


Selon des témoins, plusieurs personnes ont été arrêtées, d’autres ont été évacuées par des ambulanciers et la police tenterait d’empêcher que des images soient filmées à l’aide de téléphones portables, assurent des sources locales.


« Un groupe d’individus a organisé, vendredi à Fnideq, un sit-in non autorisé au niveau du boulevard Mohammed V, en violation des dispositions de l’état d’urgence sanitaire », a indiqué pour sa part un communiqué de la préfecture de M’diq-Fnideq diffusé via la MAP vers 23h30.


« Les manifestants ont bloqué la voie publique, ce qui a contraint les autorités publiques à intervenir pour disperser la foule dans le strict respect des réglementations et des dispositions juridiques », ajoute le communiqué.


Lors de cette intervention, certains manifestants ont jeté des pierres sur les éléments des forces publiques, blessant six d’entre eux qui ont dû être évacués à l’hôpital pour recevoir les soins nécessaires, poursuit la même source.


Dix personnes on également été transférées à l’hôpital suite à des cas d’évanouissement en raison d’une bousculade parmi les manifestants, ajoute le communiqué, faisant savoir qu’une enquête a été ouverte au sujet de ces événements sous la supervision du parquet compétent.



Une centaine de personnes dont certaines issues de la société civile locale avaient signé le 27 janvier un appel dans lequel elles demandent au gouvernement de « sauver la population de la grave crise économique » causée par la fermeture de la frontière avec Ceuta.


Des revendications pour un sauvetage urgent de Fnideq

Le manifeste, auquel l’agence EFE a eu accès déplore que les habitants de Fnideq aient souffert ces trois dernières années d’ « une terrible détérioration » de leur niveau de vie. Cette situation s’est aggravée avec la fin de la contrebande en octobre 2019 et la fermeture ultérieure de la frontière en mars 2020 en raison du coronavirus.


Les signataires ont appelé à la mise en place d’un « programme socio-économique d’urgence pour sauver la ville », en partenariat avec les autorités régionales, comprenant la réouverture de ces frontières et l’accélération de la construction du projet d’une zone offshore à Fnideq. Ils ont également demandé que la population soit liée au tissu économique du port voisin de Tanger Med, devenu fin 2020 le premier de tout l’espace méditerranéen en volume de conteneurs.


L’appel exigeait également la mise en place d’un système économique alternatif à la contrebande qui réponde « à la forte demande d’emploi » dans la ville grâce à l’investissement public et à la motivation des investissements privés dans les secteurs de la pêche, du commerce et du tourisme.


Manifestation à Fnideq le 5 février 2021. Facebook


« C’est un cri pour que le gouvernement central sache ce qui se passe ici. La tension sociale est à des niveaux sans précédent et la situation est sur le point d’exploser », avait prévenu l’un des coordinateurs de cette initiative, l’avocat Mohamed Abgar, cité par EFE.


L’appel à manifestation diffusé sur les réseaux sociaux revendique ainsi le fait que les familles qui vivaient du commerce frontalier n’ont plus d’argent pour subvenir à leurs besoins les plus essentiels. Certains témoignages font état de personnes qui ont dû vendre leurs biens pour faire face à leurs dépenses de subsistance, certaines ont de plus tenté de rallier l’Espagne voisine.


Pour rappel, Rabat s’est engagé depuis quelques années dans une politique d’asphyxie économique des enclaves espagnoles de Sebta et Melilla, provoquant une destruction de l’emploi précaire des « femmes mulets » et une chute drastique du commerce informel tenu par des « baronnies ». Une politique qui trouve ses raisons dans une volonté de changer la donne sur ce point de contact noir avec l’Union européenne.



Les événements de Fnideq interviennent alors que des tensions sont palpables entre Rabat et Madrid autour de la nouvelle crise migratoire qui concerne par ailleurs les Canaries, sur fond de pressions du Maroc sur la question du Sahara Occidental à l’aune de la reconnaissance américaine de la souveraineté du royaume sur le territoire. Autant de dossiers chauds qui avaient déjà été abordés par Nasser Bourita et son homologue espagnol Fernando Grande-Marlaska lors de leur entrevue en novembre dernier.


Cependant, selon des sources gouvernementales espagnoles, la Réunion de haut niveau entre l’Espagne et le Maroc qui avait déjà été reportée à ce mois de février, a de nouveau été repoussée.