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11.05.2021 à 12 H 29 • Mis à jour le 11.05.2021 à 12 H 29
Par
Diplomatie

La diplomatie espagnole tente tant bien que mal de justifier l’accueil non-dit de Brahim Ghali

Arancha Sanchez Laya, MAE espagnole. EPA
Nouvel épisode du feuilleton Brahim Ghali entre Rabat et Madrid. L’Exécutif espagnol, à travers le journal madrilène El Pais, a justifié de façon bancale son omission d’aviser le Maroc de l’hospitalisation sur son sol du chef du Polisario

El País s’est intéressé ce mardi aux coulisses de l’accueil par l’Espagne du chef du Front Polisario, Brahim Ghali, atteint du Covid-19 et hospitalisé à Logroño, dans le nord du pays. Le quotidien indique que c’est le ministre algérien des Affaires étrangères (MAE) – qui avait effectué sa première visite officielle à Madrid le 29 mars dernier –  qui a transféré à l’Espagne la demande d’assistance pour Ghali.


Celle-ci a été étudiée au haut plus niveau et « malgré les réticences du ministre de l’Intérieur, Fernando Grande-Marlaska, le feu vert a été accordé pour des ‘raisons strictement humanitaires’ », rapporte El País, citant des sources diplomatiques, n’omettant pas de rappeler le caractère « stratégique » des relations entre l’Espagne et l’Algérie, cette dernière étant le premier pourvoyeur de gaz au marché espagnol.


« Certaines sources signalent que la demande a été refusée par l’Allemagne, d’autres indiquent que l’Algérie n’a pas voulu abuser de la générosité de Berlin, étant donné que le président algérien, Abdelmadjid Tebboune, avait passé trois des six derniers mois dans un hôpital allemand, traité du coronavirus », renchérit le quotidien madrilène.


Les sources consultées par El País ont également révélé que Brahim Ghali est entré sur le territoire espagnol « avec son identité et son passeport diplomatique, malgré son enregistrement au centre sanitaire sous le nom d’emprunt d’un citoyen algérien, pour des raisons de sécurité ». Le mensuel Jeune Afrique qui a révélé l’affaire, avait précisé qu’il a été hospitalisé sous le nom de Mohamed Ben Battouche.


Une omission qui a duré plusieurs jours… 

Mais la révélation la plus saillante d’El País, qui mentionne des sources gouvernementales, est que la ministre des Affaires étrangères, Arancha González Laya « planifiait d’avertir son homologue marocain, Nasser Bourita, mais la nouvelle s’est propagée avant qu’elle ne puisse le faire ». Une assertion quelque peu bancale, puisque Ghali a touché le sol espagnol le 18 avril, et la demande d’assistance avait été formulée « début avril », selon les mêmes sources du journal.


Justement, le MAE marocain avait, dans son communiqué du 25 avril –  reproché à l’Espagne d’avoir « jugé utile de ne pas en aviser le Maroc ». Un grief réitéré par Bourita lors de son interview accordée à l’agence de presse ibérique EFE. Les mêmes sources ont en revanche, observé que « de toutes les manières, Rabat n’avait pas non plus avisé l’Espagne de la reconnaissance par la Maison Blanche de la marocanité du Sahara, ce qui a pris la ministre espagnole, à l’époque de visite en Israël ».


Concernant les déboires de Brahim Ghali avec la justice espagnole – il fait l’objet d’une plainte déposée par un blogueur espagnol d’origine sahraouie pour crimes présumés de détention illégale, torture et crimes contre l’humanité -, les interlocuteurs d’El País se contentent de s’aligner sur les déclarations à ce sujet de González Laya.


« Le gouvernement espagnol respectera ce que décidera la justice. Notre tâche était de lui sauver la vie et nous l’avons fait », insistent les sources du quotidien, ajoutant que « lorsque son entrée en Espagne a été autorisée, il a été signalé qu’il pourrait être convoqué par le juge même s’il n’y avait pas – et il n’y a toujours pas – de mandat de recherche et d’arrêt contre lui », conclut-on.


L’opposition espagnole de droite a jugé très sévèrement la gestion du dossier par le gouvernement Sanchez, la qualifiant de « nulle » et d’ « irresponsable »

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