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16.05.2021 à 03 H 36 • Mis à jour le 16.05.2021 à 04 H 14
Par
Contestation

Le Maroc revient sur son interdiction des manifestations en soutien à la Palestine

Une manifestation en soutien à la Palestine à Rabat en 2017. SEBASTIEN CASTELIER / LE DESK
Rabat évolue sur la corde raide face à la résurgence des hostilités entre Israéliens et Palestiniens. Ayant repris ses relations avec l’Etat hébreu dans le cadre des Accords d’Abraham, le royaume encaisse la pression de sa rue, notamment celle de la mouvance islamiste. Impliqué dans la médiation américaine, le Maroc lâche du lest face à la contestation de son opinion publique

Un sit-in de solidarité avec le peuple palestinien « a été observé, samedi à Rabat, suite aux agressions israéliennes qui prennent de l’ampleur dans les territoires palestiniens, en particulier à Al-Qods Al-Charif, dans la bande de Gaza et en Cisjordanie occupée », a rapporté l’agence officielle MAP.


Les participants à ce sit-in, « organisé à l’initiative d’acteurs politiques, associatifs et des droits de l’homme, ont scandé, à cette occasion, des slogans appelant à l’arrêt immédiat des exactions israéliennes contre la ville sainte, et des agressions continues dans la bande de Gaza et en Cisjordanie occupée », rapporte la même source.


« Ils ont aussi exhorté la communauté internationale à exercer des pressions sur Israël en vue de respecter les résolutions de la communauté internationale et de mettre fin à ses exactions contre le peuple palestinien », poursuit la MAP.


Les manifestants ont, en outre, « réaffirmé la solidarité constante et immuable du peuple marocain avec le peuple palestinien et son soutien permanent pour la défense de ses droits légitimes, dont l’établissement d’un Etat palestinien avec Jérusalem Est pour capitale ».

 

L’agence MAP a cependant omis de préciser que cette manifestation a été organisée devant le Parlement par l’ « Initiative marocaine d’appui et du soutien au peuple palestinien », connue pour sa proximité avec le PJD, parti islamiste qui dirige la coalition gouvernementale et qui connaît de profondes dissensions depuis l’annonce du rétablissement de relations officielles avec Israël.


Le parti de la Lampe a aligné sur le pavé un certain nombre de ses figures opposées à la normalisation avec Israël  dont les parlementaires Abdelali Hamieddine et Mohamed El Hamdaoui. Le Mouvement unicité et réforme (MUR), matrice idéologique du PJD, était, lui aussi représenté par certaines de ses leaders, comme son président Abderrahim Chikhi ou M’Hamed El Hilali, membre de son conseil national, note Yabiladi. Le MUR envisage encore d’autres manifestations de rue dans les prochains jours… 


Les panarabistes Ahmed Ouihmane, président de l’Observatoire marocain contre la normalisation, et Khalid Sefiani, coordinateur du Congrès nationaliste islamique, se sont exprimés librement pour condamner « les agressions israéliennes contre les Palestiniens à Al Qods, à Gaza et en Cisjordanie », rapporte la même source.


Jusqu’ici, les autorités avaient dispersé tout rassemblement dans ce sens dans différentes villes du pays, notamment dans la capitale, mais aussi à Casablanca, invoquant l’état d’urgence sanitaire dû à la pandémie du Covid-19. Le PJD s’était plié à cet oukaze, alors qu’El Otmani avait dénoncé « les agissements de l’occupant sioniste » dès le 25 mai, suite aux heurts de l’esplanade des mosquées à Jérusalem.


Une décision dictée par la situation à Gaza

La décision de Rabat de ne pas faire intervenir ses forces de l’ordre coïncide avec l’escalade des frappes aériennes israéliennes sur la bande de Gaza qui a fait des dizaines de morts et autant de blessés, mais aussi et surtout avec l’envoi des aides humanitaires sur instructions royales autant à Gaza qu’en Cisjordanie, théâtre de violences perpétrées par les forces d’occupation.


Reste que, comme le signale la presse, dont Yabiladi, le mouvement islamiste interdit mais toléré, Al Adl wal Ihsane qui n’a pas participé à la marche de samedi, a appelé de son côté, à une mobilisation nationale ce dimanche à partir de 18 heures dans la plupart des villes et localités du royaume, à l’initiative du « Front marocain pour le soutien de la Palestine et contre la normalisation » duquel, justement le PJD a été évincé au motif de l’acceptation de sa direction, personnifiée par Saâdeddine El Otmani, au nom du gouvernement, de reprendre les relations officielles avec l’Etat hébreu dans le cadre des Accords d’Abraham.


Rien n’indique à ce stade si les autorités consentiront à permettre de nouvelles manifestations (surtout de la part des islamistes) à l’aune des événements au Proche-Orient, alors qu’Israël semble déterminé à maintenir son offensive militaire à Gaza et à contrecarrer tout soulèvement dans les Territoires occupés de Cisjordanie.


Dans un jeu d’équilibriste, Rabat qui lâche du lest en direction de son opinion publique et recherche un satisfecit de la part des instances palestiniennes sur sa position ou du moins sur son engagement humanitaire, participe, comme l’a révélé Le Desk, à l’initiative américaine destinée à calmer les tensions entre Israéliens et Palestiniens. En attendant une accalmie…

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