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14.01.2022 à 14 H 33 • Mis à jour le 17.01.2022 à 09 H 01
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Energie

Gaz : Le potentiel des juniors britanniques au Maroc souligné par le Wall Street Journal

Les installations de SDX Energy dans le Gharb. DAVID RODRIGUES / LE DESK
La bible de l’actualité financière souligne l’intérêt grandissant des juniors britanniques ayant actuellement des projets pour développer les richesses gazières marocaines : les sociétés cotées à Londres, SDX Energy, Sound Energy, Chariot Ltd et Predator Oil & Gas Holdings

Alors que sa demande intérieure de gaz augmente, le Maroc vise à accroître sa production tout en réduisant sa dépendance à l’égard de l’électricité et du charbon, en offrant des allégements fiscaux aux sociétés d’exploration, rappelle le Wall Street Journal.


La bible de l’actualité financière souligne l’intérêt grandissant des juniors britanniques ayant actuellement des projets pour développer les richesses gazières marocaines


Potentiellement, une partie de cette production pourrait alimenter le Vieux Continent via le gazoduc Gazoduc Maghreb-Europe (GME), qui traverse le Maroc et la Méditerranée jusqu’en Espagne, spécule WSJ, qui évoque la possibilité d’utiliser l’infrastructure dédiée à la base à l’acheminement du gaz algérien asséché par décision unilatérale du voisin de l’Est.


Les gisements prometteurs de Chariot, SDX, Predator et Sound. DR


« Aujourd’hui, le Maroc est loin d’être un acteur majeur sur le marché du gaz. Il consomme environ 30 milliards de pieds cubes de gaz standard par an, contre 1 000 milliards de pieds cubes en Espagne », constate le WSJ. De plus, le pays doit importer la majeure partie du gaz qu’il utilise, car la production actuelle est infime. Environ 70 % de la production nationale est produite par SDX Energy PLC, la seule entreprise internationale produisant actuellement du gaz dans le pays.


Crédit : SDX Energy


Mais les sociétés cotées à Londres Sound Energy PLC, Chariot Ltd et Predator Oil &  Gas Holdings PLC (qui a publié ce jeudi une réévaluation favorable de ses installations onshore de Guercif), ont l’intention d’augmenter considérablement la production de gaz du Maroc, de répondre à la demande intérieure et d’exporter potentiellement l’excédent vers l’Europe, ajoute la même source. La major pétrolière américaine ConocoPhillips a également récemment débarqué au Maroc pour y mener des activités d’exploration d’hydrocarbures.


« Le royaume offre des conditions fiscales très favorables aux entreprises, dont une exonération fiscale de 10 ans, et son marché intérieur devrait croître, stimulé par la consommation d’énergie industrielle. En outre, il vise à remplacer la production d’électricité au charbon par des centrales à gaz afin de réduire les émissions de carbone », explique le journal.


À l’été 2021, le gouvernement marocain a en effet dévoilé une feuille de route nationale pour le développement du marché gazier du pays, qui suppose que la demande intérieure triplera d’ici 2040.


« Le gaz naturel étant une énergie fossile propre, il est bien adapté pour être utilisé comme levier de la transition énergétique du Maroc », a déclaré le gouvernement. Bien qu’il rejette encore des polluants, le gaz naturel génère moins d’émissions de carbone que le charbon.


Dans le cadre de cette feuille de route, Rabat a présenté une nouvelle réglementation pour le secteur du gaz en aval et a annoncé des plans pour déployer des infrastructures supplémentaires de transport et de stockage de gaz, dont le FSRU de Mohammedia.


« Le Maroc a faim d’énergie. Les besoins industriels augmentent considérablement », a déclaré le directeur général de Chariot, Adonis Poroulis, à Dow Jones Newswires.


Chariot est propriétaire du champ gazier d’Anchois, situé au large de la côte ouest du Maroc (au niveau de Larache/Lixus où le forage via une nouvelle plateforme a récemment débuté). Le gisement a été découvert par Repsol SA en 2009. Maintenant, avec des prix du gaz considérablement plus élevés, Chariot s’efforce de faire d’Anchois le premier développement gazier offshore du pays.


La plateforme Stena Don de Stena Drilling mobilisée à Lixus Offshore. DR


Lundi, la société a annoncé qu’un puits d’évaluation à Anchois avait confirmé la présence « d’accumulations importantes de gaz », y compris de nouvelles découvertes, faisant bondir les actions de Chariot de 44 %.


Chariot a déclaré qu’il prévoyait de développer Anchois pour produire plus de 25 milliards de pieds cubes de gaz par an à partir de la fin de 2024. Le projet nécessiterait des dépenses en capital d’environ 300 millions de dollars, et la société a déjà conclu un contrat de vente de 20 ans pour 15 milliards de pieds cubes par an.


« Nous pouvons vendre le produit localement, que ce soit pour l’électricité ou pour l’industrie. Et tout excédants de gaz que nous pouvons évacuer au gazoduc GME et l’envoyer sous la Méditerranée en Espagne », a déclaré à WSJ, Poroulis.


Le gazoduc Gazoduc GME peut transporter plus de 400 milliards de pieds cubes de gaz par an. Le gazoduc est à l’arrêt depuis le 1er novembre, mais cela pourrait changer à l’avenir si le Maroc développe suffisamment de gisements de gaz.


« Le fait qu’Anchois se situe très près de l’Espagne et de l’Europe, et que vous ayez déjà un pipeline existant qui passe sous la Méditerranée en Espagne, est très avantageux pour nous », a déclaré Poroulis.


Sound Energy entend également capitaliser sur cette infrastructure existante pour acheminer le gaz de son projet Tendrara dans l’est du pays.


Les zones d'exploitation de Sound Energy. Infographie: Mohamed Drissi Kamili / Le Desk.


Premièrement, Sound prévoit de développer un petit projet de gaz naturel liquéfié pour transporter le carburant par route, débloquant ainsi un flux de trésorerie. La société a déjà signé un accord de vente pour jusqu’à 3,5 milliards de pieds cubes de GNL par an avec Afriquia Gaz SA.


La deuxième phase du développement de Tendrara est plus importante et implique la construction d’un gazoduc d’une capacité de 24 milliards de pieds cubes par an pour relier les puits au gazoduc GME, qui s’étend sur 120 kilomètres au nord. Cette phase du projet est estimée à environ 250 millions de dollars.


Le principal puits de forage de Sound Energy à Tendrara dans l'est du Maroc. Archives Le Desk


En novembre, les actions de Sound ont augmenté après l’annonce d’un contrat de vente de 10 ans avec l’ONEE jusqu’à 12 milliards de pieds cubes de gaz par an.


« Ce que nous envisageons à Tendrara, c’est d’être le pilier de la transition énergétique que le Maroc promeut en ce moment », a déclaré le président de Sound, Graham Lyon à Dow Jones Newswires. « Je m’attendrais à ce que du gaz soit produit à la fin de 2023 », a-t-il lâché.


Sound travaille également à compléter un montage financier pour la deuxième phase du projet cette année. Cela pourrait permettre de démarrer la production vers la fin de 2024, les flux étant acheminés par le pipeline GME.


« Nous sommes très enthousiastes à l’idée de travailler au Maroc. Il y a une forte demande et il y a un grand besoin de production d’énergie », a conclu Lyon.

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