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27.10.2022 à 03 H 53 • Mis à jour le 27.10.2022 à 18 H 42
Par
Nations Unies

Sahara : La Russie et le Kenya échouent à contrer le projet de résolution favorable au Maroc

ONU Une réunion du Conseil de sécurité des Nations Unies. Crédit: NPR
Le Conseil de sécurité de l’ONU est appelé à voter ce 27 octobre sur un projet de résolution renouvelant le mandat de la Minurso jusqu’au 31 octobre 2023. Washington en a fixé le texte à l’avantage du Maroc le 24 octobre, malgré les résistances de Moscou et de Nairobi dont les positions restent encore incertaines, selon Security Council Report

Ce 27 octobre, le Conseil de sécurité, présidé par le Gabon, devrait voter sur un projet de résolution renouvelant le mandat de la Mission des Nations unies pour l'organisation d'un référendum au Sahara occidental (Minurso) jusqu'au 31 octobre 2023. Security Council Report (SCR), l’organisme indépendant de suivi des activités du Conseil en a relaté les coulisses.


Les États-Unis, pen holder sur le Sahara occidental, ont diffusé le premier projet de texte aux membres du Conseil le 19 octobre. Cela faisait suite aux consultations semestrielles des membres du Conseil avec l'Envoyé personnel du Secrétaire général Staffan de Mistura, et le Représentant spécial et chef de la Minurso Alexander Ivanko, le 17 octobre.


Les membres ont tenu une réunion au niveau des experts sur le texte le 21 octobre. Le 24 octobre, les États-Unis ont fait circuler un projet révisé, qu'ils ont placé « sous silence » jusqu'au 25 octobre, à midi. Le Kenya et la Russie ont « rompu le silence », cependant, les États-Unis ont placé le projet de résolution « en bleu » sans apporter d'autres modifications au texte, rapporte SCR.


Plusieurs mises à jour du projet de résolution de cette année renouvelant le mandat de la Minurso ont été faites dans le but apparent de fournir à De Mistura, qui a été nommé en octobre 2021, l'espace et la flexibilité nécessaires pour faire avancer le processus politique, explique la même source.


Washington pousse Alger à revenir aux négociations

Comme décrit dans le dernier rapport du Secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres daté du 3 octobre, le Maroc est favorable à la reprise des tables rondes que le prédécesseur de De Mistura, Horst Köhler, avait initiées en 2018 et 2019, impliquant le Maroc, le Front Polisario, l'Algérie et la Mauritanie.


Le Maroc a déclaré que ce processus devrait être basé sur sa proposition d'autonomie qu'il a soumis à l'ONU en 2007. À l'inverse, l'Algérie s'est opposée au format de la table ronde qui établit le caractère régional du conflit et non pas seulement opposant le Maroc au Front Polisario.


Le projet de résolution « en bleu » introduit un nouveau libellé soulignant l'importance que « toutes les parties concernées développent leurs positions afin de faire avancer une solution ». Il semble que le terme « toutes concernées » ait été inséré dans « un langage plus ambigu » pour tenir compte des différents points de vue des parties impliquées au conflit, tout en donnant à De Mistura la latitude nécessaire pour déterminer comment faire avancer le processus politique, analyse SCR.


Le projet de texte exprime en outre son soutien à « s'appuyer sur les progrès et le cadre de l'ancien Envoyé personnel », et encourage vivement le Maroc, le Front Polisario, l'Algérie et la Mauritanie à s'engager dans ce sens avec De Mistura.


Entre autres mises à jour, les États-Unis ont ajouté un nouveau libellé dans le projet de cette année appelant à la reprise du réapprovisionnement sûr et régulier des sites des équipes de la Minurso, ajoute SCR. Il s'agit d'une question soulevée dans le rapport du Secrétaire général, le Front Polisario ayant imposé des restrictions de mouvement à la Minurso depuis la rupture du cessez-le-feu en novembre 2020 par le Polisario, ce qui a considérablement limité la capacité de la mission à réapprovisionner ses sites d'équipe (team sites) à l'est du mur de défense des Forces armées royales (FAR).


Selon le rapport de Guterres, ces restrictions ont eu des effets négatifs sur l'état de fonctionnement et le cycle de vie des équipements, ainsi que sur le moral et la santé du personnel de la Minurso sur les sites et, si elles ne sont pas supprimées, risquent de rendre ces sites insoutenables.


Les États-Unis ont également introduit un nouveau libellé dans le renouvellement du mandat de cette année qui encourage fortement les donateurs à fournir des fonds supplémentaires pour l'acheminement de l'aide humanitaire, poursuit SCR. « Cela reflète les préoccupations concernant l'insécurité alimentaire grave et la malnutrition dans les camps de réfugiés de Tindouf en raison de déficits de financement, qui ont contraint le Programme alimentaire mondial (PAM) à réduire de 80 % les rations alimentaires dans les camps », précise-t-on. La représentation onusienne à Alger avait évoqué dans ce sens un « risque de famine » et une incapacité de l’Algérie à y faire face.


Nairobi et Moscou ignorés par Washington

Le Kenya et la Russie ont estimé que le projet de texte était « déséquilibré » – une position qu'ils ont exprimée lors des précédents renouvellements de mandat de la Minurso – et ils ont proposé plusieurs révisions. L'une de leurs principales préoccupations était de faire en sorte que le projet de résolution distingue « plus clairement » le Maroc et le Front Polisario des pays voisins concernés, l'Algérie et la Mauritanie. Il semble que le Kenya et la Russie aient également demandé de faire « une référence plus large aux contributions de tous les envoyés personnels précédents, au lieu de distinguer l'envoyé personnel Köhler, ce qui semble donner plus de poids à son format de table ronde », explique SCR.


Le Kenya et la Russie ont également apparemment réitéré leurs préoccupations concernant la référence de la résolution à des approches « réalistes » d'un règlement politique, entre autres questions. C'est une question qu'ils ont soulevée lors des négociations sur le mandat de l'année dernière, car ils considèrent que le terme est « ambigu » : il est souvent également utilisé par les pays exprimant leur soutien à la proposition d'autonomie du Maroc, rappelle SCR. Plus largement, il semble qu'ils aient maintenu leurs « inquiétudes » quant à la « dilution des références » dans les résolutions de la Minurso au référendum et au principe de l'autodétermination, précise SCR.


Au cours des consultations à huis clos de la semaine dernière, le Kenya a apparemment souligné que l'objectif initial de la Minurso lors de sa création en 1991 par la résolution 690 était de « mettre en œuvre un référendum pour l'autodétermination du peuple du Sahara occidental », mais que son mandat « s'en est ensuite écarté ».


Le texte révisé que les États-Unis ont distribué plus tôt cette semaine contenait trois changements par rapport au projet initial, révèle SCR. L'Irlande, soutenue par plusieurs membres du Conseil - dont le Kenya, le Mexique et la Norvège - avait demandé de mettre à jour le libellé d'un paragraphe du préambule sur la participation des femmes aux pourparlers parrainés par l'ONU. Le projet a été révisé pour encourager la participation « pleine, égale et significative » des femmes par opposition à « pleine, effective et significative ». L'Irlande aurait également proposé d'inclure dans le dispositif du projet de résolution un paragraphe de son préambule sur le renforcement de la coopération avec le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l'homme (HCDH). Bien que Washington n'ait pas apporté ce changement, il a renforcé le libellé du paragraphe du préambule en remplaçant « fortement encourageant » par « exhortant » le renforcement de la coopération avec le HCDH, fait remarquer SCR. Il semble, ajoute-t-on qu'une troisième modification similaire au texte ait été apportée pour « exhorter » les agences d'aide à faciliter l'acheminement de l'aide humanitaire, au lieu de « fortement les encourager ».


Un large appui au texte élaboré par les Etats-Unis

Outre ces modifications, les propositions du Kenya et de la Russie n'ont pas été prises en compte, ce qui les a conduits à « rompre le silence », en conclut SCR.


D'autre part, il semble que plusieurs membres du Conseil aient réitéré le 25 octobre leur appui au maintien du projet de résolution tel quel, fait savoir la même source. Les États-Unis plaçant un texte inchangé « en bleu », « il n'est pas clair si le Kenya et la Russie soutiendront la résolution lors du vote d’aujourd’hui », commente SCR.


Et de rappeler que bien qu'il ait exprimé des « préoccupations » similaires lors des négociations de l'année dernière, le Kenya a voté en faveur de la résolution 2602 du 29 octobre 2021 qui a renouvelé le mandat de la Minurso. La Russie, pour sa part, s'est abstenue lors de l'adoption de tous les renouvellements de mandat de la Minurso, depuis 2018, soit à six reprises consécutives.


Mise à jour : Sahara : Le renouvellement du mandat de la Minurso voté, la Russie et le Kenya s'abstiennent

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