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31.10.2023 à 01 H 46 • Mis à jour le 31.10.2023 à 13 H 56
Par
Sahara

Tables rondes et plan d’autonomie : Washington et Paris en soutien du Maroc à l’ONU

Le représentant de la France lors du vote de la résolution du Conseil de sécurité le 30 octobre prorogeant le mandat de la Minurso. Crédit: UN
L’adoption ce 30 octobre par le Conseil de Sécurité de l’ONU de la résolution renouvelant le mandat de la MINURSO pour une année a notamment été positivement accueillie par les Etats-Unis, à l’origine du texte, mais aussi par la France, dont le représentant a déclaré qu’« il est temps désormais d’avancer » dans le sens tracé par le plan d’autonomie marocain pour le Sahara

Le Conseil de sécurité des nations unies a adopté, ce lundi, la résolution 2703, dont les États-Unis sont le pen holder. En plus de proroger le mandat de la MINURSO, le texte de cette résolution adoptée par 13 voix pour et deux abstentions (Russie et Mozambique) contient plusieurs dispositions en faveur du Maroc et qui confortent sa position sur le dossier du Sahara.


Parmi les principales dispositions on retrouve notamment celles favorisant la reprise des discussions sous le format des tables rondes, ainsi que d’autres réitérant le caractère « sérieux » et « crédible » du plan d’autonomie proposé par le Royaume, le considérant comme potentielle solution politique « finale » pour le conflit sur le Sahara.


La « regrettable » absence d'unanimité

La position des États-Unis, allié fort du Maroc et rédacteur de cette résolution, « se réjouissant » de l’adoption de cette résolution ne surprend personne. Cependant, bien que se félicitant de ce résultat, les États-Unis « regrettent  » que le Conseil n’a pas été unanime dans le renouvellement du mandat de la MINURSO.


Si le « large soutien » qu’a reçu le texte proposé a permis de faire adopter une résolution qui permettra « la poursuite du processus politique pour la résolution du dossier du Sahara », la non-adhésion de certains membres du Conseil, à savoir la Russie et le Mozambique, à cette résolution, est regrettable étant donné qu’elle empêche «  l’unanimité (qui, ndlr) renforce considérablement les efforts des Nations Unies pour parvenir à la paix ». Ainsi, ont-ils considéré, bien que la résolution d’aujourd’hui constitue « une étape positive », il reste essentiel « de continuer à avancer ».



Tout en renouvelant l’appel à toutes les parties à « s'engager de bonne foi avec l'envoyé personnel du secrétaire général de l’ONU et à travailler en vue d'une solution politique durable  », les États-Unis ont réitéré leur soutien au plan d’autonomie marocain, le considérant « comme une approche potentielle pour satisfaire les aspirations (de paix et de développement dans la région, ndlr) ».


Plan d’autonomie : la France appelle à « aller de l’avant »

La même volonté d’aller de l’avant a été exprimée par la France. Bien que la position de l’Hexagone sur le dossier du Sahara ait manqué de clarté auparavant, comme cela lui a reproché à maintes reprises, celle-ci s’est montrée plus que favorable à la position marocaine, exprimant son ferme soutien au royaume à travers cette résolution, qu’elle a considéré comme étant « une résolution équilibrée qui prend en compte les attentes de toutes les parties  ».


La France n’a en effet pas hésité à rappeler par la voix de son ambassadeur à l'ONU, Nicolas de Rivière son « soutien historique, clair et constant (…) au plan d'autonomie marocain », soulignant qu’ « il est désormais temps d'avancer » sur le plan proposé par Rabat qui est sur la table du Conseil de sécurité de l’ONU depuis 2007. Dans cette même optique, Paris « encourage toutes les parties à s'engager à trouver une solution pragmatique, réaliste et durable basée sur le compromis ».


Saluant les efforts de la MINURSO et de Steffan de Mistura, la France a estimé que « cette dynamique diplomatique assurée par l'envoyé personnel doit être renforcée, car la reprise du processus des tables rondes avec tous les acteurs clés est importante ». Dans ce même sens elle a aussi salué la reprise du ravitaillement des sites de la MINURSO à l'est du berm, appelant à une « reprise durable (…) pour garantir un ravitaillement régulier et la liberté de mouvement de la mission ».


Enfin, la France a exprimé « son inquiétude concernant les violations du cessez-le-feu », en appelant les responsables de ces violations à respecter et mettre « pleinement en œuvre l'accord de cessez-le-feu afin de faciliter la poursuite du processus politique ». Un appel qui prend tout son sens sur fond des hostilités du Polisario ayant visé la ville d'Es-Smara, considérées par le Maroc comme potentiellement constitutifs d'un « acte terroriste ».


La déception de la Russie et du Mozambique

S’étant montrés défavorables au texte de la résolution présenté au Conseil de sécurité de l’ONU dès le départ, la Russie et le Mozambique ont encore une fois fait part de leur mécontentement suite au vote de ce lundi.  Les deux pays s’opposent à un nombre des conditions proposées dans le cadre de cette prolongation du mandat de la MINURSO.


La Russie s'est abstenue du vote sur la résolution préparée par les États-Unis, protestant le fait qu’ « aucune de (ses, ndlr) observations fondées (…) n'a été prise en compte ». De plus, elle a considéré que la résolution fraîchement adoptée ne reflète pas la situation réelle sur le terrain et « ne contribuera guère à soutenir les efforts de l'envoyé personnel pour reprendre le processus de négociation directe entre le Maroc et le Front Polisario en vue d'une solution mutuellement acceptée ».


La Russie reste, par ailleurs, attachée à l'organisation d’un référendum, une perspective que rejette catégoriquement le Maroc. « La formule ultime de règlement doit être fondée sur une solution mutuellement acceptable qui facilitera un règlement politique juste de la situation (…) et qui stipulera l'autodétermination du peuple du Sahara dans le respect des procédures et des objectifs de la Charte des Nations Unies », a-t-elle insisté, tout en exprimant son refus « catégorique » et « continu » du format des tables rondes qu’elle juge « inappropriées, car limitant le travail de médiation de l'envoyé personnel ».


A son tour, le Mozambique a pris la même posture. Commentant l’adoption de la résolution au Conseil de sécurité, ce dernier a exprimé sa « disposition à participer de bonne foi au processus de négociation, dans le but légitime d'aider la MINURSO à revenir à ses objectifs fondamentaux consistant à mettre en œuvre un référendum pour l'autodétermination du peuple du Sahara ».


Le Mozambique a aussi contesté la résolution adoptée lundi, se disant « convaincu que (celle-ci, ndlr) dans sa forme actuelle n'aidera pas les parties à parvenir à une solution juste, durable et mutuellement acceptée ». Celle-ci, a-t-il poursuivi, « évite progressivement les questions essentielles qui doivent être traitées  », ainsi que l’atteinte d’une « solution politique juste, durable et mutuellement acceptable, qui garantira l'autodétermination du peuple du Sahara ».


Un large et ferme soutien

La position de la Russie et le Mozambique, qui ont opposé dès le début le texte porté et défendu par les États-Unis, soutenant ainsi la position du front du Polisario et de l’Algérie, n’a toutefois pas pu trouver écho face au large et ferme soutien de l’écrasante majorité des membres du conseil de sécurité.


Le vote, suivi de la succession des positions favorables au Maroc et des déclarations de soutien à l’initiative d’autonomie marocaine, a en effet consacré « le soutien international grandissant », dont s’est félicité le royaume suite à l’adoption de la résolution 2703.


Ainsi, de la Chine qui s’est « réjoui de constater les progrès positifs réalisés dans le soutien logistique de la MINURSO » aux Émirats arabes unis qui se sont « félicités de l’adoption de la résolution, un texte équilibré et complet qui prend en compte les développements importants survenus depuis l'année dernière », le vote de ce 30 octobre constitue une nouvelle victoire pour le royaume, dont l’initiative d’autonomie est largement perçu comme étant « le seul moyen d'atteindre une solution politique durable, pragmatique et mutuellement acceptable  ».

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