EP. 38
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En lâchant Mosaic, Nutrien ouvre une nouvelle brèche pour OCP aux États-Unis
Nutrien, CF Industries et Mosaic, les trois principaux acteurs du marché américain des engrais phosphatés. Crédit : DR
Lorsque Nutrien, groupe canadien spécialisé dans la production d'engrais, a déclaré début mars que la suppression des droits compensateurs sur les importations de phosphate serait « un pas constructif en faveur de l’économie agricole américaine », la déclaration pouvait passer pour une prise de position mesurée. En réalité, c’était un séisme, qui a fracturé la coalition nord-américaine qui maintenait le groupe OCP hors du marché américain depuis 5 ans (Lire la Série du Desk).
Aux États-Unis, Nutrien produit environ 20 % du phosphate local depuis ses usines d’Aurora, en Caroline du Nord, et de White Springs, en Floride. Depuis 2021, l’entreprise a été l’un des principaux bénéficiaires des droits compensateurs imposés aux engrais phosphatés marocains et russes à la demande de Mosaic. Son appel public à la suppression de ces mêmes droits est une première : jamais un grand producteur domestique n’avait rompu avec le consensus protectionniste. Pour OCP, cette défection pèse peut-être davantage que n’importe quelle décision de justice.
Un calcul stratégique, pas un geste désintéressé
On s’en doute, la volte-face de Nutrien ne procède pas de l’altruisme. L’entreprise est engagée dans une révision stratégique de l’ensemble de son activité Phosphate, envisageant publiquement des scénarios allant de la reconfiguration opérationnelle à la cession pure et simple. Dans ses résultats du troisième trimestre 2025, elle a annoncé « initier un examen des alternatives stratégiques pour son activité Phosphate », avec l’intention de finaliser une orientation en 2026.
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