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OCP Nutricrops
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SÉRIE EP. 39
06.04.2026 à 01 H 11 • Mis à jour le 06.04.2026 à 01 H 13 • Temps de lecture : 13 minutes
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n°1195.Guerre des engrais : OCP freine sa production, le calcul stratégique d’un géant en quête de prix

Le groupe OCP annonce une réduction pouvant atteindre 30 % de ses capacités de production au deuxième trimestre. La raison officielle — un programme de maintenance anticipé — masque un arbitrage industriel bien plus complexe, lié à la crise du détroit d'Ormuz, à la raréfaction des intrants et à une fenêtre de marché exceptionnelle. Les dessous de sa stratégie de « pricing power »

L'annonce est tombée début avril, laconique et technique, comme OCP Group sait les formuler. Le leader mondial des phosphates a fait savoir qu'il avançait dans le calendrier des opérations de maintenance planifiées sur plusieurs de ses unités industrielles, sans préciser lesquelles seraient concernées en premier. L'impact annoncé est néanmoins considérable : jusqu'à 30 % de la capacité de production du groupe au cours du deuxième trimestre 2026 pourraient être neutralisés, selon les termes mêmes de l'entreprise repris par l'agence Argus Media le 2 avril.


Pour un opérateur de cette envergure — le Maroc a exporté, selon les données d'Argus, 4,40 millions de tonnes de DAP (phosphate diammonique), 2,71 millions de tonnes de MAP (phosphate monoammonique) et 2,98 millions de tonnes de TSP (superphosphate triple) sur la seule année 2025 —, une telle amputation de capacité en pleine période de forte demande mondiale ne saurait s'expliquer par un simple réagencement de planning industriel.


Un détroit fermé, des intrants introuvables

La clé de compréhension se trouve à plus de 6 000 kilomètres de Jorf Lasfar, dans le détroit d'Ormuz, comme déjà décrypté auparavant par Le Desk. Depuis le 28 février 2026, date à laquelle les Etats-Unis et Israël ont lancé des frappes contre l'Iran, le corridor maritime le plus stratégique de la planète est effectivement fermé au trafic commercial. Le Corps des gardiens de la révolution islamique a déclaré le passage interdit dès le 2 mars  le trafic pétrolier a chuté de plus de 90 %  les assureurs maritimes ont suspendu leurs couvertures de risque de guerre, rendant toute traversée économiquement irréalisable.

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