n°1200.« Let’s Make Tech Right » : la nouvelle promesse d’Inetum pour remettre la technologie au service de l’humain et de la société
Avec plus de 25 000 collaborateurs dont 1 100 collaborateurs au Maroc et en Tunisie, ainsi qu’une présence structurée sur des projets de transformation digitale auprès de grands comptes et d’acteurs publics, Inetum s’impose progressivement comme une base opérationnelle clé pour le groupe en Afrique et au-delà. Positionné à l’intersection du conseil, de l’intégration et du delivery, l’acteur revendique aujourd’hui un rôle croissant dans la mise en œuvre de projets technologiques complexes à l’échelle régionale.
Cette montée en puissance intervient dans un contexte assez spécifique : à mesure que l’intelligence artificielle s’impose comme un levier incontournable de transformation, une ligne de fracture se dessine entre les organisations qui expérimentent et celles qui parviennent réellement à en tirer de la valeur. Si les annonces se multiplient, les déploiements à grande échelle restent encore limités, freinés par des enjeux d’intégration, de gouvernance et d’appropriation.
C’est précisément sur cet écart entre promesse et exécution qu’Inetum cherche désormais à se positionner. Avec sa nouvelle signature « Let’s Make Tech Right », dévoilée à l’occasion du Gitex Africa 2026, le groupe s’inscrit comme un acteur de l’intégration technologique à l’échelle régionale. Il entend ainsi affirmer une approche centrée sur l’opérationnel, en mettant l’accent sur l’industrialisation des usages, la diffusion des outils et la transformation effective des processus métiers, notamment au sein des grandes organisations et des institutions.
Un repositionnement de marque pour recentrer la technologie sur l’usage
Cette orientation vise à combler l’écart persistant entre les ambitions affichées autour de l’intelligence artificielle et leur traduction concrète dans les opérations, aussi bien dans les entreprises que dans les organisations publiques. Dans ce contexte, l’introduction de la signature « Let’s Make Tech Right » marque une étape dans le repositionnement d’Inetum, à l’heure où l’accélération technologique et la montée en puissance de l’IA redéfinissent les attentes du marché. Pour le groupe, il ne s’agit pas simplement d’un rebranding, mais d’une volonté de repenser la place et l’usage de la technologie.
« Avec l’avènement de l’IA et le développement des différentes applications autour de nous, nous avons choisi de repositionner la technologie et de remettre l’humain au cœur », explique au Desk Imad Haddour, président-directeur général Afrique du groupe. Une manière de répondre à un déséquilibre croissant entre la sophistication des outils et leur appropriation réelle dans les organisations.
Dans cette logique, Inetum défend une vision où la technologie n’est plus une fin en soi, mais un levier au service des usages. « Nous allons avoir besoin de tirer le potentiel total de l’humain pour développer les applications d’intelligence artificielle », poursuit Haddour, insistant sur la complémentarité entre compétences humaines et automatisation.
Ce repositionnement vise ainsi à répondre à une problématique structurelle du marché : la difficulté à transformer des investissements technologiques en gains tangibles. Dans un environnement où les promesses autour de l’IA se multiplient, Inetum cherche à se différencier en se positionnant comme un acteur de l’exécution, capable de traduire ces technologies en résultats opérationnels mesurables.
Former pour diffuser : l’humain comme condition de l’adoption
Pour rendre ce positionnement crédible, Inetum met en avant un levier central : l’élément humain. Au-delà des technologies, le groupe insiste sur la nécessité de préparer les organisations - et leurs équipes - à intégrer l’intelligence artificielle dans leurs pratiques quotidiennes.
Dans cette logique, Inetum affirme avoir certifié plus de 85 % de ses collaborateurs aux usages de l’IA dès 2023–2024. « Nous avons très tôt constitué un socle humain qui a généré un drive sur les solutions », explique Imad Haddour. L’enjeu est de créer une dynamique interne capable de porter l’adoption, bien au-delà des seuls experts techniques.
Ce parti pris repose sur une conviction forte : l’IA ne crée de valeur que si elle est appropriée collectivement. « Quand toute une organisation utilise les mêmes outils, tout le monde en bénéficie », souligne-t-il. À l’inverse, une adoption partielle peut freiner la transformation et créer des ruptures dans les chaînes opérationnelles.
Dans cette perspective, la formation ne se limite pas à un transfert de compétences techniques. Elle s’inscrit dans une logique plus large de transformation des métiers et des modes de travail, où les collaborateurs deviennent des relais de l’usage et de la diffusion des outils au sein de l’organisation.
Inetum cherche ainsi à se positionner non seulement comme un intégrateur de solutions, mais comme un acteur capable d’accompagner la transformation humaine des organisations - condition nécessaire au passage à l’échelle des projets technologiques.
Un changement d’échelle de l’expérimentation à l’industrialisation
Le cœur du repositionnement d’Inetum repose sur un point clé : le passage de l’expérimentation à l’industrialisation. Un cap que beaucoup d’organisations, publiques comme privées, peinent encore à franchir, malgré la multiplication des projets pilotes autour de l’intelligence artificielle.
Pour Imad Haddour, ce blocage ne tient pas d’abord à la technologie, mais à sa diffusion réelle dans les organisations. « Le fait, c’est l’humain », insiste-t-il. Autrement dit, tant que les outils ne sont pas adoptés collectivement, les gains restent limités et fragmentés. « Si un maillon de la chaîne n’utilise pas ces outils, on peut laisser des gens sur le bord de la route », ajoute-t-il.
Cette difficulté est particulièrement visible dans les structures complexes, où l’introduction de nouvelles technologies se heurte à des logiques organisationnelles, à des habitudes de travail et à des niveaux d’appropriation hétérogènes. L’enjeu devient alors moins de développer de nouveaux cas d’usage que de les faire entrer dans les pratiques existantes et de les rendre opérationnels à grande échelle.
Dans cette perspective, Inetum privilégie une approche pragmatique, fondée sur l’intégration progressive de l’IA dans des outils déjà largement déployés au sein des organisations. « Quand un client fait appel à nous, il fait appel à un acteur qui propose des solutions de bout en bout », souligne le CEO Afrique, évoquant des environnements couvrant des fonctions clés comme les achats, la vente, la finance ou encore l’analyse.
L’introduction de briques d’intelligence artificielle dans ces systèmes permet d’accélérer immédiatement l’adoption. « Vous prenez un opérateur télécom avec des milliers d’utilisateurs sur un même outil. Si vous y introduisez de l’IA, tout le monde en bénéficie », illustre-t-il. Cette logique de diffusion par les usages constitue, pour Inetum, un levier central du passage à l’échelle.
Le groupe s’appuie pour cela sur les solutions des grands éditeurs technologiques, dans lesquelles des fonctionnalités d’IA sont déjà intégrées. Le rôle des équipes consiste alors à adapter, contextualiser et déployer ces outils dans les environnements des clients. Une approche qui permet de capitaliser sur des technologies existantes tout en accélérant leur mise en œuvre.
Au-delà de la technologie, cette montée en charge suppose un accompagnement étroit des organisations. Inetum insiste sur la nécessité d’embarquer l’ensemble des équipes dans ces transformations, afin d’éviter les ruptures dans les chaînes opérationnelles et de garantir une adoption homogène.
Dans cette logique, l’industrialisation ne repose pas sur une rupture technologique, mais sur la capacité à diffuser, intégrer et ancrer durablement les usages de l’IA dans les processus métiers. Une approche qui reflète le positionnement du groupe : faire de la technologie un outil directement mobilisable dans les opérations, plutôt qu’un simple démonstrateur d’innovation.
Des cas d’usage ancrés dans des environnements complexes et régulés
Dans la pratique, Inetum concentre ses efforts sur des secteurs caractérisés par des processus complexes, des volumes importants de données ou des exigences réglementaires élevées. Le groupe cite notamment les télécoms, la banque, l’assurance, la santé, l’industrie ou encore l’agroalimentaire.
« Ce sont des organisations qui ont des volumes importants d’opérations à traiter ou des processus complexes qui nécessitent une simplification », explique Imad Haddour. Autant de terrains où l’IA peut apporter des gains rapides en matière d’automatisation, de pilotage ou d’optimisation. Dans ces contextes, les cas d’usage portent notamment sur l’automatisation de la relation client, l’optimisation des chaînes logistiques ou encore l’amélioration du pilotage financier en temps réel.
Dans ces environnements, l’approche privilégiée consiste à enrichir des outils existants (ERP, CRM, etc.) avec des briques d’intelligence artificielle. Une stratégie qui permet de limiter les ruptures et de capitaliser sur des systèmes déjà adoptés par les utilisateurs. Cette logique d’intégration progressive apparaît particulièrement pertinente pour les acteurs institutionnels et les secteurs régulés, où les contraintes de conformité et de traçabilité rendent les transformations plus sensibles.
Agentic AI, data et cybersécurité : les conditions d’une IA opérationnelle
Au-delà des cas d’usage, Inetum s’inscrit dans l’émergence de nouvelles approches, à commencer par l’« Agentic AI ». Celle-ci vise à développer des agents capables d’exécuter des tâches de manière autonome, en s’appuyant sur les technologies des grands éditeurs.
Cette approche vise ainsi à faire évoluer l’IA d’un rôle d’assistance vers des logiques d’exécution autonome de certaines tâches, tout en restant encadrée par des règles métier. « Nous nous appuyons sur les solutions de nos partenaires et développons nos propres agents en les contextualisant pour nos clients », explique Haddour. Une approche hybride, qui privilégie l’intégration et l’adaptation plutôt que le développement from scratch.
Mais cette montée en puissance de l’IA repose sur un prérequis central : la donnée. « Sans data, il n’y a pas d’IA », rappelle-t-il. La qualité, la disponibilité et la sécurisation des données deviennent ainsi des facteurs déterminants dans la réussite des projets.
Dans ce contexte, la cybersécurité s’impose comme un enjeu transversal. Inetum affirme intégrer des standards élevés de sécurité dans ses projets, tout en s’appuyant sur les dispositifs de ses clients. « Nous accordons une importance capitale à la sécurité et à la fiabilité des données », insiste Imad Haddour.
Si le groupe ne se positionne pas comme un acteur pur de la cybersécurité, il en fait néanmoins une condition indispensable à toute transformation digitale, en particulier dans les environnements sensibles.
Le Maroc, pivot d’un dispositif régional en structuration
Dans cette stratégie, le Maroc occupe une place centrale. Inetum le positionne à la fois comme un marché en croissance et comme une base d’exécution pour ses activités en Afrique et à l’international.
Le choix du Royaume repose sur plusieurs facteurs : un cadre réglementaire jugé stable, un environnement institutionnel structuré et un vivier de talents qualifiés. « Le Maroc présente toutes les garanties et dispose d’un vivier de talents qui nous permet d’accélérer », explique Imad Haddour.
Le groupe met également en avant sa capacité à former et à intégrer rapidement de jeunes profils. « On arrive à convertir rapidement ces jeunes en consultants et en développeurs », précise-t-il, soulignant la dimension stratégique de la formation dans son modèle.
Inetum revendique ainsi un positionnement de centre d’excellence, impliqué dans des projets à forte valeur ajoutée, allant du design au déploiement des solutions. Une évolution qui dépasse la logique traditionnelle de nearshore.
À horizon 2026, le groupe affiche des ambitions de croissance soutenue à deux chiffres et poursuit le programme d’emploi de 1 500 talents d’ici 2027. Une trajectoire qui confirme le rôle du Maroc comme levier structurant dans la stratégie africaine d’Inetum.
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