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Leila Benali, ministre de la Transition énergétique, Amina Benkhadra, DG de l'ONHYM, Imad Toumi, CEO de Managem.
11.06.2026 à 16 H 12 • Mis à jour le 11.06.2026 à 16 H 44 • Temps de lecture : 13 minutes
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n°1240.Amont gazier : comment Al Mada avance ses pions

Avec le retrait de Sound Energy, Tendrara passe définitivement sous le contrôle de Managem, bras minier d’Al Mada. Derrière l’opération se dessine une stratégie plus large : celle d’un fonds de souveraineté qui prend méthodiquement position sur les ressources stratégiques du Royaume, du gaz aux métaux critiques de la transition énergétique

Le 26 mai, Sound Energy a tourné une page qu’elle écrivait depuis plus d’une décennie au Maroc. À quelques semaines du démarrage commercial de Tendrara, la société britannique a annoncé la cession de l’ensemble de ses actifs gaziers structurants dans le Royaume à Managem, mettant fin à son statut de pionnière de l’exploration gazière marocaine. Mais l’acquéreur n’est pas seulement un groupe minier : derrière Managem se tient Al Mada, le fonds d’investissement de la famille royale, dont la signature transforme la nature même de l’opération.


L’opération, dont le montant peut atteindre 57 millions de dollars (M $), porte sur la totalité de Sound Energy Meridja Limited, véhicule qui détenait encore 20 % de la concession de Tendrara. Elle comprend également les participations non opérées de Sound Energy dans les permis d’exploration de Grand Tendrara et d’Anoual. À l’issue de la transaction, Managem et ses filiales contrôleront 75 % du principal projet gazier terrestre du pays.


Les marchés n’ont guère laissé de place au doute quant à l’interprétation de cette opération. À Casablanca, l’action Managem a gagné près de 10 % en séance. À Londres, Sound Energy a perdu plus de 40 % dès l’ouverture. Pour les investisseurs, la valeur n’a pas disparu : elle a changé de mains et de nationalité.


Cette transaction dépasse toutefois le cadre d’une simple acquisition minière. Elle marque peut-être un tournant dans l’histoire récente du gaz marocain : la fin d’un modèle dominé par des juniors étrangères spécialisées dans l’exploration, et l’entrée d’un acteur de souveraineté capable de financer la phase la plus coûteuse du développement des projets. La vraie question n’est plus de savoir qui exploite Tendrara, mais ce que la prise de contrôle par la galaxie Al Mada révèle d’une doctrine en train de s’écrire.


Sound Energy n’avait plus vraiment le choix

Le paradoxe de Tendrara est connu depuis longtemps. Le gisement n’a jamais souffert d’un déficit de ressources, mais d’un déficit de financement.

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