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19.12.2016 à 21 H 45 • Mis à jour le 19.12.2016 à 22 H 01
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n°84.Abdelilah Benkirane veut-il démanteler le ministère de l’Intérieur ?

Le chef du gouvernement a émis une circulaire ordonnant le transfert des pouvoirs de gestion des ressources humaines au sein des collectivités locales des walis et gouverneurs aux présidents de Conseils élus. Le prélude à une tentative de refonte de la "mère des ministères" ?

Abdelilah Benkirane a ordonné par circulaire que soient transférés les pouvoirs des walis et gouverneurs en matière de ressources humaines au sein des collectivités locales aux présidents des Conseils élus. Une promesse électorale qu’il avait faite à maintes reprises et qu’il entame avant même la formation du gouvernement.


Selon Assabah qui rapporte l’information dans son édition du 20 décembre, cette décision que le chef du gouvernement avait motivée par un souci de cohérence administrative serait le premier jalon de la mise au pas d’un ministère qu’il a souvent, lui et ses alliés de l’Istiqlal et de du PPS, qualifié d’omnipotent


Une idée longtemps ruminée au sein du PJD

La circulaire en question transfère également les pouvoirs en matière de tutelle des différents services relevant jusque-là des walis, précise Assabah, qui ajoute que « les chefs de départements et de services devront désormais rendre des comptes aux élus dès leur intégration dans la fonction publique et jusqu’à leur retraite ».


L’objectif de Benkirane serait de faire de la direction des collectivités locales, relevant du ministère de l’Intérieur, un département ministériel totalement indépendant. Une idée qu’il avait déjà évoquée en comité restreint au sein de son parti, contentant ainsi certains cadres du PJD qui lui avaient conseillé de prendre les devants sur l’application encore incertaine des dispositions prévues par le schéma institutionnel global de la régionalisation avancée.


Les textes encadrants la gestion des fonctionnaires des collectivités locales prévoient à ce titre une gestion déléguée aux présidents des conseils élus. Aussi, les prérogatives portant sur les ressources humaines comme les recrutements, les nominations aux hautes fonctions et la gestion budgétaire, leur seront logiquement dévolues.


Des sources proches du PJD répondent en qualifiant d’exagérée les intentions prêtées au chef du gouvernement de vouloir démanteler l’organisation de la « mère des ministères ». « Cette interprétation tend à vouloir opposer le chef du gouvernement à l’action concertée de l’Etat. Elle tend à faire croire à une sédition, ce qui est la marque de nos adversaires politiques en cette phase délicate de concertations partisanes », commente une source au sein du parti islamiste.


Une scission de l’Intérieur en deux entités ?

Pourtant, dès septembre dernier, selon les informations du Desk, le PJD envisagerait de proposer dans son organigramme gouvernemental la scission pure et simple du ministère de l’Intérieur en deux entités en créant un département chargé des collectivités territoriales qui relèverait directement de la primature. L’objectif étant d’affranchir la gestion territoriale à la tutelle des walis et gouverneurs et acter se faisant la séparation du volet sécuritaire de celui du développement relevant des élus.


L’idée a fait son chemin auprès des décideurs du parti de la lampe dès la pré-campagne électorale lorsque la thématique de l’autoritarisme avait été portée aux devants de la scène politique. Le projet aurait séduit le parti de l’Istiqlal, selon des sources proches de Benkirane, qui avait lui aussi mené campagne sur cette thématique. Encore faut-il que les tenants de ce projet en ait les moyens effectifs… 

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