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L'équie du Maroc lors de la finale CAN 2025 contre le Sénégal.
19.01.2026 à 04 H 48 • Mis à jour le 19.01.2026 à 13 H 10 • Temps de lecture : 5 minutes
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n°1149.CAN 2025 : le Maroc doit-il encore se sacrifier pour le football africain ?

Quand l'ingratitude et l'anti-sportivité ternissent une Coupe d’Afrique des nations (CAN Maroc 2025) d'exception

Le Maroc a offert au continent africain la plus belle Coupe d'Afrique des nations de l’Histoire. Des stades de classe mondiale, un réseau autoroutier impeccable, le premier TGV d'Afrique, des hôtels de standing international, une sécurité exemplaire et un accueil chaleureux qui a fait l'unanimité des observateurs du monde entier. Et pourtant, certains ont choisi de mordre la main qui les a accueillis.


Ce dimanche 18 janvier, la finale de la CAN 2025 restera gravée dans les mémoires. Non pas pour la qualité du spectacle footballistique, mais pour les scènes d'une rare violence et d'un profond manque de respect envers le pays hôte. Après un penalty accordé au Maroc – pour une faute évidente confirmée par la VAR, où El Hadji Malick Diouf a clairement déséquilibré Brahim Diaz par une prise au cou –, l'équipe sénégalaise a décidé de quitter le terrain sur ordre de son sélectionneur Pape Thiaw. Des supporters sénégalais ont ensuite tenté d’envahir la pelouse, jetant du matériel sur les stadiers marocains, faisant des blessés parmi le personnel de sécurité. Un spectacle indigne d'une finale de compétition continentale.


Plus révélateur encore : cette attitude ne fut pas un accident isolé. Dès la veille de la finale, la Fédération sénégalaise de football (FSF) avait lancé une offensive médiatique en règle contre l'organisation marocaine, dénonçant de manière injustifiée tour à tour l'hébergement, la sécurité à la gare de Rabat-Agdal, le nombre de billets alloués et le terrain d'entraînement. Une stratégie de déstabilisation savamment orchestrée, dans un contexte où le Sénégal refusait même de s'entraîner au Complexe Mohammed VI pour préserver « l'équité sportive ». Équité sportive ? N'est-ce pas plutôt un prétexte pour alimenter un climat de suspicion injustifié ?


Cette attitude ne concerne d'ailleurs pas uniquement le Sénégal. L'Égypte, par la voix de son sélectionneur Hossam Hassan, après sa défaite en demi-finale, a également critiqué l'organisation et l'arbitrage en des termes loufoques. L'Algérie, éliminée en quarts de finale, a accusé l'arbitre sénégalais Issa Sy de partialité. Six fédérations ont porté plainte contre la commission d'arbitrage de la CAF. Le Maroc est ainsi devenu, au fil du tournoi, le bouc émissaire idéal pour justifier les échecs sportifs des uns et des autres.


Rappelons pourtant ce que le football marocain a apporté à l'Afrique. Un palmarès hors norme ces dernières années : demi-finaliste à la Coupe du Monde 2022 (une première historique pour le continent), triple vainqueur du CHAN (2018, 2020, 2024), champion d'Afrique U17 en 2025, finaliste de la CAN U20, médaillé de bronze aux Jeux Olympiques 2024, champions du monde U20 en 2025, record mondial de 19 victoires consécutives en matchs internationaux. L'équipe féminine vert et rouge, double finaliste de la CAN et première nation nord-africaine qualifiée pour un Mondial féminin, confirme cette dynamique.


Le Maroc ne se contente pas de briller sur le terrain. Il forme, il accueille, il construit. Le Complexe Mohammed VI de Salé est devenu une référence continentale, voire mondiale. Des équipes africaines sans infrastructures aux normes FIFA viennent s'y préparer sans frais. Le Royaume a investi massivement pour offrir à l'Afrique des compétitions dignes de ce nom, ouvrant la voie à la co-organisation de la Coupe du monde 2030 aux côtés de l'Espagne et du Portugal, ce qui est en soi une reconnaissance mondiale du travail accompli.


Face à cet investissement colossal – des milliards de dollars prévus pour les infrastructures liées au Mondial 2030 –, face à cette hospitalité légendaire, face à ce travail de fond pour élever le niveau du football africain, qu'a reçu le Maroc en retour ? Des accusations de manipulation de l'arbitrage. Des joueurs, harangués par leur sélectionneur, qui quittent la pelouse d'une finale. Des supporters qui veulent envahir le terrain. Des communiqués incendiaires. Des campagnes médiatiques insensées. Un climat délétère savamment entretenu par ceux-là mêmes qui ont bénéficié de l'accueil marocain pendant des semaines.


Walid Regragui l'a dit après la finale  : « C'est dommage l'image qu'on a montrée aujourd'hui du football africain. Depuis le début de la compétition, c'était malsain. » Ces mots résonnent comme un constat amer, mais lucide.


La question mérite désormais d'être posée : pourquoi le Maroc devrait-il continuer à tant investir pour le football africain si c'est pour être traité de la sorte ? Pourquoi offrir des infrastructures de classe mondiale, former des générations de joueurs, accueillir des équipes sans moyens, si chaque décision arbitrale défavorable aux adversaires devient prétexte à accusation de corruption ?


Le football africain a besoin de nations locomotives. Le Maroc a endossé ce rôle avec générosité et ambition. Mais la générosité, même si elle est conçue dans une logique de soft power, a ses limites quand elle se heurte à l'ingratitude, et l'ambition vacille face à l'injustice.


Le Sénégal est champion d'Afrique. Soit. Les Lions de la Teranga ont remporté leur deuxième titre continental. Félicitations à eux, à Sadio Mané qui a eu la dignité de rappeler ses coéquipiers sur le terrain quand son coach voulait les en faire sortir, à Pape Gueye auteur du but libérateur pour le Sénégal. Mais cette victoire restera entachée par le comportement indigne qui l'a précédée et accompagnée.


Le Maroc, lui, continuera sa route. Au Mondial nord-américain cet été et vers la Coupe du Monde 2030. Vers de nouveaux défis. Mais cette CAN 2025 aura laissé un goût de cendre et posé une question fondamentale : jusqu'où le Royaume doit-il aller pour un continent qui ne semble pas toujours reconnaître ses efforts à leur juste valeur ?


L'Afrique du football doit réfléchir. Longtemps et sérieusement. Car perdre un partenaire comme le Maroc serait une immense perte pour tout le continent.

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