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19.12.2016 à 11 H 29 • Mis à jour le 19.12.2016 à 12 H 26
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n°81.Comment le cabinet Roland Berger compte sortir l’ONDA de l’âge de pierre ?

Le cabinet français va piloter la mutation du modèle économique de l’Office en mettant les aéroports au diapason des solutions de marchandising et du business numérique en vogue en Europe

Après une série de contrats décrochés entre autres avec l’ONEE, Maroc Telecom, l’ANRT, la CGEM et l’Agence marocaine de développement de la logistique (AMDL), le cabinet Roland Berger Strategy Consultants a été choisi pour mettre en place le plan d’action de l’Office national des aéroports (ONDA), rapporte Le360. La firme d’assise allemande décroche ainsi une mission clé : la refonte du modèle économique de l’Office et la définition d’un contrat programme à conclure avec l’Etat.


« Les aéroports sont en train de faire basculer un modèle économique jusque-là centré sur les redevances aéronautiques payées par les compagnies aériennes à un modèle qui donne plus de place aux revenus issus des services et des boutiques », a expliqué récemment Xavier Aymonod, directeur au sein de l’équipe Transports de Roland Berger dans une déclaration à L’Usine digitale. Raison logique : les marges de ces deux dernières activités sont bien plus importantes.


L’ONDA ne vit que sa rente de redevances

En Europe, en moyenne, 50 % du chiffre d’affaires est aujourd’hui issu des redevances, un peu plus de 20 % des boutiques et un peu moins de 20 % des parkings. Des ratios en plein rééquilibrage, grâce au numérique. Or, l’ONDA est bien loin d’avoir entamé sa transition : 80 % de son chiffre d’affaires actuel est constitué de redevances aéroportuaires et de navigation aérienne.


Nul doute que Roland Berger mettra à profit avec l’ONDA son étude stratégique réalisée en 2015 sur les aéroports européens qui sont pour la plupart d’entre eux passés à l’ère digitale. Les aéroports cherchent à développer de nouvelles offres numériques de services aux voyageurs avec un objectif : faire grossir leur chiffre d’affaires. « A la recherche constante de nouveaux revenus, ils pourraient déployer encore davantage de solutions numériques » avançait Roland Berger dans sa note de recherche basée sur une large consultation de terrain.


Réduire le temps de passage au niveau des contrôles pour maximiser celui passer dans les boutiques, analyser les flux des passagers afin d’optimiser leurs possibilités d’achats dans les aéroports, offrir des services de réservations d’hôtels ou de véhicules, développer des boutiques en ligne pour réserver les produits duty free en avance et parvenir in fine à proposer des services sur-mesure pour chaque voyageur… Autant de pistes dans lesquelles les aéroports devraient très vite s’engouffrer selon Roland Berger, alors que seuls 40 % d’entre eux en Europe ont développé une approche big data.


Pister les données des passagers

Alors que les aéroports collectent de plus en plus de données –  ils sont 75 % en Europe à avoir défini une stratégie digitale -, les aérogares de l’ONDA vivent encore sous l’âge de pierre en comparaison au moment où même les compagnies aériennes font valoir un trésor inestimable : les informations sur les passagers et leurs vols. « Nul doute que les données des passagers vont devenir dans les prochaines années un enjeu convoité pour les compagnies et les aéroports », estime Roland Berger.


Alors que le nouveau Terminal 1 de l’aéroport Mohammed V de Casablanca devrait ouvrir ses portiques aux voyageurs au printemps 2016, que la nouvelle aérogare de Marrakech a été mise en service à l’occasion de la tenue de la COP 22 et qu’un programme d’investissement dans la mise à niveau des infrastructures aéroportuaires est lancé, l’ONDA doit impérativement changer de business model et d’approche de la clientèle.

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