n°1231.Mobilité numérique au Maroc : la fenêtre étroite d’une réforme attendue
À Casablanca, Rabat, Marrakech ou Tanger, la scène est devenue familière : un véhicule banalisé, une application sur smartphone, parfois une altercation avec un chauffeur de petit taxi. Sept ans après l'arrivée des premières plateformes (avec un démarrage avorté pour Uber, suivi de sa marque régionale Careem, puis de nouveau Uber sur le retour, et plus récemment inDrive et Yango), le Maroc reste juridiquement démuni face à un secteur qui s'est imposé dans le quotidien des citadins. Le texte de référence demeure le dahir n°1-63-260 de 1963, jugé obsolète face aux mutations technologiques et économiques actuelles, y compris par les syndicats de taxis eux-mêmes.
Le 13 mai dernier, devant la Chambre des représentants, le ministre de l'Intérieur Abdelouafi Laftit a confirmé qu'une étude approfondie est actuellement en cours afin de définir un cadre réglementaire et organisationnel adapté, en s'appuyant explicitement sur des expériences internationales jugées concluantes. Cette ouverture, qui rompt avec la position plus restrictive du ministère du Transport et de la Logistique, lequel a refusé fin 2025 de délivrer des licences aux opérateurs numériques, intervient à un momentum décisif : le pays co-organisera la Coupe du monde de football en 2030.
Trois modèles, un diagnostic
Fondé sur l'analyse comparative d'une quinzaine de marchés en Europe, en Amérique latine et en Afrique, un rapport du cabinet KPMG, intitulé « Secteur du VTC : construire un cadre réglementaire équilibré pour la mobilité numérique », propose une grille de lecture utile pour comprendre les choix qui s'offrent à Rabat. Les auteurs distinguent trois modèles de régulation, selon le niveau de « tension normative » qu'ils imposent aux plateformes.
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