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04.06.2022 à 15 H 15 • Mis à jour le 04.06.2022 à 15 H 16
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n°769.Libertés religieuses: Washington insiste sur la persécution des chrétiens marocains

Le rapport du Département d'État américain sur les libertés religieuses à l’international a été publié ce 2 juin. Pour le Maroc et pour l'année 2021, tout en saluant les efforts du Royaume pour les droits de la communauté juive, on y regrette le traitement d’autres communautés plus minoritaires comme celle des chrétiens ainsi que les procès pour « blasphème ». Les détails

C’est lors d’une conférence de presse qui a duré une vingtaine de minutes à Washington que Antony Blinken, secrétaire d’État américain, a annoncé la publication du rapport sur les libertés religieuses. Ce rapport qui a été fait sur environ 200 pays, existe depuis 1998 et permet de donner « un examen approfondi et fondé sur des faits » selon Blinken.


Des avancées pour la communauté juive

Prenant comme exemple le Maroc, le secrétaire d’État à mis en lumière les efforts mis en place par le Maroc concernant sa population juive et son patrimoine judaïque. « L’année dernière, le Royaume du Maroc a lancé une initiative visant à rénover les sites du patrimoine juif, tels que les lieux de culte et les cimetières et à inclure l’histoire juive dans le programme scolaire marocain », a-t-il déclaré. « Les citoyens juifs ont continué à déclarer qu’ils vivaient et assistaient aux offices dans les synagogues en toute sécurité et ont déclaré pouvoir visiter régulièrement des sites religieux et organiser des commémorations annuelles », avance le département d’État dans le rapport.


La publication rappelle que le roi Mohammed VI a lancé l’initiative de réhabiliter les sites du patrimoine juif dont les synagogues et cimetières dans plusieurs villes du royaume.


Il précise aussi que le roi est commandeur des croyants et garantit la liberté de pratiques de toutes les religions au sein du pays et se doit de garantir la liberté de culte. 99 % des Marocains sont musulmans et moins de 0,1 % sont chiites, moins de 1 % sont chrétiens et juifs. Il ajoute que « les musulmans sunnites et les juifs sont les seules religions reconnues dans la constitution comme natives du Royaume » et souligne que « l’autorité ecclésiale du Maroc a indiqué qu’aucun fait de pression des autorités sur les convertis pour qu’ils renoncent à leur foi n’a été mentionné ».


Des pratiques gouvernementales critiquées

Dans un volet du rapport dédié aux pratiques gouvernementales, on y rappelle l’arrestation d’Ikram Nazhi qui a été condamnée à trois ans de prison et une amende 50 000 dirhams pour « atteinte à la religion islamique » pour avoir blasphémée l’islam sur les réseaux sociaux en 2019 lors d’une visite au Maroc. Après avoir fait appel, elle aura vu sa peine réduite à deux mois de prison sans amende.


L’acteur Rafik Boubker a lui aussi été sujet à une amende de 5 000 dirhams comme condition de sa mise en liberté provisoire dans l’attente d’une audience sur son affaire de blasphème.  Les autorités l’ont arrêté en mai 2020 et accusé d’avoir tenu des propos blasphématoires contre l’islam et d’avoir attaqué le caractère sacré du culte dans une vidéo relayée sur les réseaux sociaux.


On souligne par ailleurs que la loi pénalise l’utilisation d’incitations pour convertir un musulman à une autre religion et interdit la critique de l’islam. Il criminalise les actes et les propos « portant atteinte à la religion islamique ». D’après le gouvernement, 79 personnes ont été inculpées ou condamnées pour s’être livrées à « des actes interdits » pendant le mois de Ramadan.


Pour rappel, à Casablanca, une trentaine de personnes avaient été arrêtées le 27 avril dernier pour s’être « attablées à l’intérieur d’un café et d’avoir rompu le jeûne durant le mois de Ramadan ».


Les chrétiens marocains en difficulté

S’il fait bon vivre au Maroc pour les personnes de confession judaïque, qui sont environ 3 000, les chrétiens eux seraient beaucoup moins bien logés. Ils ne devraient pas dépasser les 2 000 personnes. Certaines libertés ne sont pas encore acquises, assure-t-on.


En effet, une organisation de chrétiens marocains a lancé une campagne . Le département d’État relate que « le groupe a également appelé le gouvernement à autoriser les chrétiens marocains à être enterrés dans des cimetières chrétiens et à porter des noms chrétiens. Une organisation de chrétiens marocains a lancé une campagne pour réviser les lois restreignant la capacité de diriger et d’assister à des offices dans les églises officielles et le droit au mariage ecclésiastique ou civil ».


Si les chrétiens marocains subissent un certain « harcèlement sociétal », les chiites eux aussi en seraient victimes. « Selon un rapport 2020-2021 de l’Association marocaine des droits de l’homme (AMDH), le harcèlement sociétal des chiites et de l’islam chiite se poursuit dans la presse et dans les sermons du vendredi. En conséquence, beaucoup adoraient en privé et évitaient de divulguer leur appartenance religieuse. Les représentants des groupes religieux minoritaires ont déclaré que la peur du harcèlement sociétal, y compris l’ostracisme par les familles des convertis, le ridicule social, la discrimination à l’emploi et la violence potentielle à leur encontre par des « extrémistes », étaient les principales raisons qui les amenaient à pratiquer leur religion discrètement » rapporte le document.


Le Maroc, si dans sa globalité est applaudi dans sa manière de traiter les différentes religions dans ce rapport, en particulier le judaïsme, il reste cependant critiqué à certains niveaux. Il y a encore certaines améliorations à apporter notamment sur la façon de traiter les chrétiens marocains et autres minorités, en plus d’être critiqué sur sa façon de gérer la liberté d’expression de ces citoyens lorsqu’il s’agit de l’Islam, signale-t-on.

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