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08.02.2018 à 21 H 39 • Mis à jour le 08.02.2018 à 21 H 45
Par
Diplomatie

Le Maroc exige l’Algérie à la table des négociations avec le Polisario

Alors que l’Envoyé spécial de l'ONU s’active en coulisses recevant à la chaine des délégations diplomatiques à Berlin ou sillonnant le monde à la rencontre de personnalités politiques liées au dossier du Sahara Occidental, la diplomatie marocaine demeure, à deux mois d’un nouveau rapport de Guterres devant le Conseil de sécurité, droit dans ses bottes, exigeant d'Alger de s'assoir aux côtés du Polisario

L’Envoyé spécial du Secrétaire général des Nations Unies pour le Sahara Occidental poursuit avec une régularité de métronome ses consultations avec diverses parties liées au dossier. Horst Köhler a ainsi reçu à Berlin une délégation mauritanienne menée par son ministre des Affaires étrangères Isselkou Ould Ahmed Izidbih, a rapporté l’agence de presse officielle de Nouakchott.


L’ancien président allemand a fait un saut de puce à Genève pour s’entretenir avec l’ancien patron de l’ONU, le Ghanéen Kofi Annan et tenu des réunions avec le Conseil des droits de l’Homme.


Pendant ce temps, Rabat reste impassible face à ce ballet diplomatique à deux mois de la présentation par Antonio Guterres d’un nouveau rapport sur le Sahara occidental devant les membres du Conseil de sécurité.


Lire aussi : Sahara : déjà de l’eau dans le gaz entre Köhler et Rabat ?


La question de faire participer les ensembles régionaux aux pourparlers est « stérile » selon Rabat. « Le Maroc a une position claire là-dessus. Avant de faire participer les ensembles régionaux, il doit faire participer les acteurs réels », explique une source autorisée aux Affaires étrangères. « Ce n’est pas en élargissant le cercle que l’on parviendra à une solution, c’est en veillant à ce que le tour de table reflète les parties prenantes », ajoute la même source.


Rabat veut un tour de table qui tranche avec Manhasset

La diplomatie marocaine est encore dans l’observation des initiatives de Köhler. « Il ne faut préjuger de rien, on attend de voir justement pour juger », explique la source. « A Berlin, il a invité à des contacts bilatéraux, contrairement à ce qui a été commenté ici et là. Il a dit se rendre disponible entre janvier et février, dans une capitale européenne et même pas Berlin, pour interagir, individuellement, ce n’est pas ensemble, au même lieu et à la même date. Encore une fois, le problème est le tour de table », assure-t-elle rappelant que pour les pourparlers, il y en a eu 13 depuis le lancement du processus de Manhasset, 4 avec Peter Van Valsum, 9 avec Christopher Ross et « il n’y a pas eu de progrès, encore une fois du fait que la représentation des acteurs du conflit n’était pas reflétée ».


Dans ce sens, le Maroc estime que l’Algérie devrait avoir un rôle dans les négociations « à la hauteur de celui qu’elle a eu dans le déclenchement et du maintien du différend ». Aussi, la diplomatie marocaine estime qu’il est « normal que le Maroc interagisse avec l’Envoyé spécial dans le cadre de sa mission et de ses fondamentaux, mais dans le cadre des paramètres définis par le Conseil de sécurité ».

 

Une position que Rabat n’estime pas en deçà des vœux du secrétaire général des Nations Unies, puisque son Envoyé spécial a affirmé qu’il était encore « dans un mode d’écoute de toutes les parties ». 

 

Les quinze pays membres du Conseil de sécurité ont adopté à l’unanimité le 28 avril, une résolution pressant les parties à une reprise de négociations directes de paix pour ce conflit au Sahara vieux de plusieurs décennies. Le texte final qui favorise une « solution politique » ne contraint pas les parties à une option entre la voie préconisée par le Maroc d’octroyer une autonomie au territoire sous souveraineté marocaine et celle demandée par le Polisario et ses soutiens en faveur de la tenue d’un référendum d’autodétermination.


La résolution, a souligné que le « réalisme » et l’esprit de « compromis » sont « essentiels » en vue de réaliser des progrès dans les négociations, à la grande satisfaction de Rabat qui n’a eu de cesse depuis dix ans de défendre une logique pragmatique dans ce dossier, écartant toute voie possible pouvant mener à l’indépendance du territoire.

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