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14.01.2018 à 17 H 22 • Mis à jour le 26.04.2018 à 20 H 18
Par
Energie

Appel d’offres imminent pour un terminal gazier de 4,6 MM$ à El Jadida

Le ministre de l’Energie, Aziz Rabbah a confirmé ce 14 janvier à Bloomberg que le Maroc compte lancer un appel d’offres international de 4,6 milliards de dollars pour l’édification d’un terminal gazier à El Jadida. L’information avait filtré aux Etats-Unis dans le cadre de l’enquête ouverte contre Scott Pruitt, patron de l’EPA, soupçonné d’avoir fait du lobbying pour des intérêts américains lors de son récent séjour au Maroc

Le Maroc, qui dépend fortement des importations pour la quasi-totalité de ses besoins énergétiques, compte lancer un appel d’offres international pour la construction d’un vaste complexe industriel de transformation de gaz naturel pour une enveloppe de 4,6 milliards de dollars, a déclaré le ministre de l’Energie Aziz Rabbah à Bloomberg.


Le projet traitera le gaz pour la production d’électricité et fournira du gaz à l’industrie, a déclaré Rabbah ce dimanche 14 janvier, dans une interview à Abu Dhabi en marge de l’ouverture de la 8ème réunion de l’assemblée générale de l’Agence internationale pour les énergies renouvelables (IRENA). Avec le soutien de consultants financiers et techniques choisis, l’appel d’offres sera destiné à sélectionner un groupe international en charge de construire l’usine, a-t-il dit. « Il s’agit d’un projet de construction d’une usine intégrée de traitement du gaz », a-t-il déclaré.


L’information avait filtré quelques jours plus tôt sur Newsweek qui précisait que le projet de terminal gazier sera localisé à El Jadida sur la façade atlantique du Maroc.


La presse américaine a eu vent du projet dans le cadre de l’affaire Scott Pruitt. Le Washington Examiner, a révélé le 10 janvier que le patron de l’agence de l’environnement EPA est désormais sous investigation après son voyage controversé au Maroc : Pruitt étant, selon les soupçons qui pèsent sur lui, venu au Maroc en tant que VRP du GNL américain, puisqu’il est réputé pour défendre les intérêts de l’industrie pétrolière et gazière depuis qu’il fut procureur général de l’Oklahoma. L’Etat de l’Oklahoma d’où Scott Pruitt est originaire est le troisième producteur américain de gaz liquéfié après le Texas et la Pennsylvannie. Les détracteurs du directeur de l’EPA attestent que les lobbys du gaz américain l’ont toujours soutenu dans sa carrière politique et pourraient être aussi derrière son initiative envers le Maroc.


Discrète rencontre Pruitt-Rabbah au Maroc

Selon l’EPA, Pruitt avait, à la mi-décembre, discrètement rencontré le ministre de l’énergie Aziz Rabbah, celui de la Justice, Mohamed Aujjar et la secrétaire d’État aux Affaires étrangères Mounia Boucetta. Il avait par ailleurs visité la plateforme de test, de recherche et de formation en énergie solaire Green Park développée par l’Institut de Recherche en Energie Solaire et Energies Nouvelles (IRESEN) dans la ville verte de Ben Guerir en compagnie de Mostafa Terrab, patron d’OCP, le Maroc étant pour sa part résolument engagé dans l’énergie verte depuis la COP22. Le roi Mohammed VI était dans ce sens présent, à quelques jours près, au One Planet Summit de Paris pour défendre l’Accord de Paris…  Durant son séjour, Pruitt était par ailleurs annoncé comme participant à la sixième conférence internationale Atlantic Dialogues organisée par OCP Policy Center à Marrakech, qui a discuté de ces problématiques.


« Nous sommes déterminés à travailler en étroite collaboration avec des pays comme le Maroc pour améliorer la gestion de l’environnement dans le monde », a-t-il déclaré. « Nous avons discuté de notre accord de libre-échange bilatéral, de la réponse aux déchets solides, des secours aux sinistrés et des communications avec les hauts responsables marocains », s’est borné à affirmé son porte-parole, Jahan Wilcox. Mais c’est surtout en terme d’opportunité que Washington propose son partenariat énergétique, le Maroc n’ayant pas encore choisi son futur fournisseur en gaz naturel : la feuille de route du ministère de l’Énergie pour le développement de l’utilisation du GNL à partir de 2021 accuse des retards inquiétants, selon Le Matin.


L’échéancier arrêté fin 2014, dans le cadre du gigantesque projet « Gas to Power » mené par l’ONEE, première composante du plan de développement du GNL, prévoyait un démarrage de l’édification des infrastructures gazières –  totalisant un investissement évalué à  6 milliards d’euros -,  à l’automne 2017 pour une mise en service en 2021, date d’expiration de la convention Algérie-Europe pour le transit du gaz algérien via le Gazoduc Maghreb-Europe (GME). Les besoins de sécurité sont estimés à 5 milliards de m3 par an à l’horizon 2025.


Lancé fin 2015, un appel à manifestation d’intérêt, qui avait reçu 93 offres nationales et internationales, n’a pas abouti, alors que de nombreuses sociétés sont toujours sur les rangs, dont Nareva, la filiale énergétique de la holding royale SNI, les américains Jacobs Engineering et General Electric, ou encore le français EDF énergies nouvelles. Or, il faudrait au moins 48 mois pour réaliser les terminaux de regazéification et de stockage du GNL, prévus à Jorf Lasfar, et au bas mot 36 mois pour la jetée maritime du terminal GNL à Jorf Lasfar, les gazoducs et les centrales à cycle combiné…


Les Américains en embuscade pour décrocher le marché

A la mi-novembre, l’ONEE avait fait appel, selon Africa Intelligence, aux cabinets Energy Contract Co (ECC) et LNG Value pour l’aider à finaliser ses contrats d’achat de GNL dès janvier 2018. Les deux groupes qui ont remporté ce marché de 850 000 euros face devraient travailler main dans la main avec le cabinet londonien Ashurst et la banque britannique HSBC, désignés il y a un an pour plancher sur les aspects juridiques et financiers du dossier.


Face à l’urgence, une solution intermédiaire évoquée par les spécialistes, le Floating Storage Regasification Unit (Unité flottante de stockage et de regazéification du GNL) a pu être proposée par Pruitt…


Le Maroc a importé 97 % de son énergie, selon un rapport de la Banque mondiale en 2015. Le royaume cherche à réduire sa dépendance aux combustibles fossiles importés, avec des projets visant à générer 42 % d’énergie renouvelable d’ici 2020, a indiqué Rabbah. « Nous pourrions dépasser cet objectif grâce aux investissements massifs en cours. »


Le gouvernement attend également une décision de justice sur l’avenir de la seule raffinerie de pétrole du Maroc, l’usine en faillite de Samir. Le 21 octobre, un tribunal marocain a accordé une prolongation de trois mois pour permettre au liquidateur nommé par le tribunal de trouver un acheteur. « Nous trouverons soit un acheteur, soit il sera définitivement fermé », a affirmé Rabbah à Bloomberg.