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23.08.2020 à 04 H 28 • Mis à jour le 23.08.2020 à 04 H 28
Par
Diplomatie

Israël et forcing américain: Jared Kushner dans quelques jours au Maroc

Jared Kushner, gendre et conseiller spécial de Donald Trump. BRENDAN SMIALOWSKI. GETTY IMAGES
Dans le sillage de l’accord Israël-Emirats, le secrétaire d'État américain Mike Pompeo débute ce dimanche une tournée qui le conduira en Israël, à Bahreïn, à Oman, aux Émirats, au Qatar et au Soudan. Jared Kushner, gendre et conseiller principal du président, se rendra quant à lui quelques jours plus tard en Israël, à Bahreïn, à Oman, en Arabie saoudite et au Maroc

L’administration Trump enverra cette semaine deux hauts responsables au Moyen-Orient dans le but de capitaliser sur l’élan de l’accord entre Israël et les Émirats arabes unis pour établir des relations diplomatiques, ont rapporté samedi des sources à l’Associated Press.


Trois diplomates affirment que le secrétaire d’État américain Mike Pompeo et le conseiller principal et gendre du président américain Donald Trump, Jared Kushner, prévoient d’effectuer des visites séparées dans plusieurs pays dans la région dans les prochains jours pour favoriser le rapprochement arabo-israélien à la suite de l’accord Israël-Emirats arabes unis.


Pompeo devrait partir dimanche pour Israël, Bahreïn, Oman, les Émirats arabes unis, le Qatar et le Soudan, selon les diplomates, qui se sont exprimés sous couvert d’anonymat, car l’itinéraire n’a pas encore été finalisé ni annoncé publiquement.


Le Maroc prévu dans l’agenda de Kushner

Kushner prévoit de partir plus tard dans la semaine pour Israël, Bahreïn, Oman, l’Arabie saoudite et le Maroc, ont indiqué les diplomates.


Kushner sera accompagné d’Avi Berkowitz, l’émissaire de Trump, a rapporté le site d’information Walla. Le conseiller à la sécurité nationale Robert O’Brien et Brian Hook, en charge du dossier iranien, devraient également se joindre au voyage.


Le groupe rencontrera le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et le ministre de la Défense Benny Gantz à Jérusalem, ainsi qu’avec le dirigeant de facto des Émirats arabes unis, Mohammed bin Zayed Al Nahyan (MBZ), à Abu Dhabi, selon les mêmes sources.


Pompeo devrait rencontrer les trois dirigeants lors de son voyage, ainsi qu’avec le ministre des Affaires étrangères Gabi Ashkenazi.


Les responsables israéliens ont déclaré que la visite de Pompeo se concentrera sur l’accord d’Israël avec les Émirats arabes unis et sur les efforts de la Maison Blanche pour réimposer les sanctions de l’ONU contre l’Iran, selon Axios.


Aucun de ces voyages ne devrait aboutir à des annonces de percée immédiate, ont déclaré les diplomates, bien que les deux visent à finaliser au moins un, et potentiellement plus, des accords de normalisation avec Israël dans un proche avenir.


Pompeo prévoit également de rencontrer au Qatar des membres des talibans pour discuter des pourparlers de paix intra-afghans qui sont essentiels au retrait des forces américaines restantes en Afghanistan, ont déclaré les diplomates.


La Maison Blanche et le Département d’État n’ont fait aucun commentaire sur les voyages prévus, qui interviendront alors que l’administration Trump intensifiera ses efforts pour faire pression pour la normalisation arabo-israélienne, même sans résolution du conflit israélo-palestinien.


Ils interviennent également alors que le président américain a pris la décision controversée de déclencher le rétablissement de toutes les sanctions internationales contre l’Iran, ce que seuls Israël et les pays arabes du Golfe ont publiquement soutenu.


Israël et les Émirats arabes unis ont annoncé le 13 août qu’ils établiraient des relations diplomatiques complètes, dans le cadre d’un accord négocié par les États-Unis qui obligeait Israël à interrompre son projet d’annexion de certaines parties de la Cisjordanie.


L’accord historique a offert une victoire clé en politique étrangère à Trump alors qu’il cherchait à être réélu et reflétait un Moyen-Orient en mutation dans lequel les préoccupations partagées concernant l’Iran ont largement dépassé le soutien arabe traditionnel aux Palestiniens.


Les responsables américains et israéliens ont suggéré que davantage de pays arabes pourraient bientôt suivre l’exemple des Emirats, Bahreïn et Oman étant considérés comme les plus proches de conclure de tels accords.


Selon les observateurs, le fait que Pompeo ne soit pas du voyage pour l’Arabie saoudite qui n’avait plus tôt signifié qu’elle ne suivrait pas l’exemple émirati, ni au Maroc démontre que les deux royaumes ne sont pas disposés à un tel accord avec Israël, du moins dans les conditions actuelles imposées par ailleurs par un projet de Plan de paix jugé très défavorable aux Palestiniens.


Rabat devrait adopter l’attitude de l’Arabie saoudite

Jared Kushner, dont ce sera la quatrième visite au Maroc après celles de mai et août 2019, puis celle de janvier de cette année lors de laquelle il a rencontré MBZ et le ministre omanais des Affaires étrangères, cherchera sans nul doute de pousser à la roue le royaume. Du côté de Rabat, aucune information sur cette visite n’a encore filtré alors que la presse américaine et israélienne relaient avec abondance les appels du pied répétés du lobby israélien


« Kushner et sa délégation devraient féliciter les dirigeants d’Israël et des Émirats arabes unis pour l’accord de normalisation et obtenir des mises à jour sur l’avancement des pourparlers entre les pays concernant d’éventuels accords qu’ils voudront peut-être signer », a commenté Axios.


« Lors de ses entretiens avec les dirigeants de la région Kushner devrait encourager davantage de pays arabes à suivre les traces des Émirats arabes unis et à aller de l’avant avec une normalisation complète des relations avec Israël », disent des responsables informés de la visite prévue.


Le président Trump a déclaré il y a plusieurs jours qu’il espérait que l’Arabie saoudite progresserait également vers la normalisation avec Israël. Les responsables américains pensent qu’il serait peut-être possible pour Bahreïn et Oman de prendre de telles mesures dans les semaines et les mois à venir. Le Maroc n’a pas, cette fois-ci, été évoqué.


Trump veut organiser une cérémonie de signature à la Maison Blanche en septembre pour acter l’accord Israël-Emirats avec les dirigeants des deux pays.


Même si d’autres États du Golfe n’annoncent pas de normalisation avec Israël d’ici là, la Maison Blanche pourrait inviter des représentants d’autres États arabes à assister à la cérémonie et à montrer leur soutien à l’accord.


Lire aussi : Comment le lobby israélien pousse le Maroc à suivre l’exemple des Emirats