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18.10.2022 à 13 H 14 • Mis à jour le 18.10.2022 à 13 H 19
Par
Économie

Plans de développement de Ceuta et Melilla: ce que prévoit Madrid avec les 711 M€ d’investissements

Pedro Sanchez, président du gouvernement espagnol. Crédit : La Moncloa
Infrastructures, services publics, tourisme, digitalisation… Ceuta et Melilla vont bénéficier d’un coup de pouce budgétaire de Madrid de plus de 700 millions d’euros. Une revendication exprimée de longue date par les deux enclaves espagnoles mises sous pression par le Maroc qui a mis un terme au trabendo et développe de son côté les territoires environnants

C'était l'un des points de relance des relations diplomatiques entre Madrid et Rabat : le développement du nord du Maroc, mais aussi les enclaves espagnoles, Ceuta (Sebta) et Melilla, demeurant toujours au centre de l'intérêt des deux pays. Dernière polémique en date : les frontières terrestres telles que Rabat les perçoit, n'hésitant pas à qualifier publiquement Ceuta et Melilla comme étant des « présides occupées ».


Ce mardi, le conseil des ministres espagnol a approuvé les plans globaux pour le développement socio-économique des deux enclaves. Un investissement de 711 millions d'euros (M €) sera déployé les trois prochaines années, à partir de 2023, fait-on savoir.


« Ceuta et Melilla sont deux territoires aux caractéristiques uniques qui nécessitent une attention différenciée en raison de la somme des difficultés liées aux facteurs économiques, sociaux, démographiques et à leur propre nature extrapéninsulaire », indique l'Exécutif espagnol au sortir de la réunion du gouvernement.


Dans la communication diffusée, on précise que le ministère de la Politique territoriale a mené des consultations avec tous les départements ministériels concernés. Il a par ailleurs confié à l'entreprise publique espagnole Tragsatec le soin d'élaborer les plans de développement attendus.


Des plans de développement proposés, on retient qu'il est question de développer et moderniser les deux villes. Les investissements en question permettront de garantir, la croissance économique et un programme de modernisation qui comprend la transformation numérique, le pacte vert, la cohésion sociale et territoriale et l'égalité des chances, avec un financement sur ressources nationales (Budgets généraux de l'État) et des fonds via le Fonds pour la relance, la transformation et la résilience (RRTP), précise Madrid.


Plusieurs domaines et secteurs seront visés : le e-commerce, l'économie verte, le tourisme durable, les services publics, la santé, l'éducation, l'emploi ou encore le renforcement du rôle des délégations gouvernementales.


Plus de 70 mesures à concrétiser

Pour concrétiser le projet, l'Espagne s'est reposé sur une liste de 70 mesures, regroupées en trois axes.


Le premier axe est relatif au nouveau modèle économique promu. On y liste les mesures visant à renforcer l'économie verte, numérique et circulaire, soulignant l'impulsion particulière à donner au secteur du tourisme. Cet axe aura pour objectif donc de promouvoir l'autonomisation du secteur du tourisme, mais aussi de renforcer le développement des entreprises et la création d'emplois. 


Le second axe porte sur les infrastructures et les logements. « Des mesures majeures, telles que la rétrocession des terrains actuellement détenus par le ministère de la Défense pour générer de nouvelles opportunités de développement urbain et la promotion de logements abordables », souligne l'Exécutif espagnol.


Objectifs : assurer un développement urbain, promouvoir la revitalisation des ports et des autoroutes, améliorer la connectivité des transports, moderniser les infrastructures technologies et énergétiques.


Enfin, le troisième axe vise à renforcer les services publics. Il a pour objectif de moderniser le système de santé, le système éducatif, la formation professionnelle, l'administration de la justice, le secteur culturel, la digitalisation des administrations publiques et l'encouragement des investissements.


Des spécificités pour chaque enclave

Dans sa communication, le gouvernement espagnol ne manque pas de relever que bien qu'il existe des similitudes dans les projets à déployer pour les deux villes, Ceuta et Melilla conservent chacune des spécificités qui seront prises en compte.


« A titre d'exemple, dans le cas de Ceuta, son Plan Intégral met en avant une mesure qui bénéficie d'un large soutien de la part de tous les acteurs de la ville, comme la promotion de la Formation Professionnelle. Dans le cas de Melilla, le Plan fait écho aux propositions incluses dans le Plan élaboré par la ville autonome elle-même, y compris les mesures dont la conception et l'exécution relèveraient de la compétence de l'État, dans des domaines tels que l'énergie, l'emploi ou le commerce électronique », explique l'Espagne.


Dans le détail, la ville de Ceuta devrait bénéficier de pas moins de 280 M € d'investissement émanant de Fonds structurels de l'Union européenne, tandis que 73 M € proviendront du RRTP. Pour Melilla, 249 M € seront puisés des Fonds structurels et 107 M € du fonds RRTP.


Parmi les premiers projets que Madrid entend réaliser à Ceuta et Melilla, on retrouve notamment la construction d'un nouvel hôpital universitaire, nécessitant 48,5 M € en 2023. Question formation profesionnelle, on prévoit d'allouer 117 M € pour la construction d'un premier campus dédié en 2023.


De l'autre côté, une relance similaire

Des investissements présentés aujourd'hui par le gouvernement de Pedro Sanchez qui viennent à la suite de plusieurs revendications des villes autonomes, accusant le pouvoir central de les mettre à l'écart. Parmi les revendications, on retrouve la volonté de se rendre autonomes par rapport au Maroc. Une asphyxie socio-économique qui s'était ressentie dès 2020, avec le Maroc ayant décidé de verrouiller la contrebande au niveau des frontières et donc d'imposer un blocus économique de facto.


Une fois bouclée, la contrebande avait rapidement laissé placé, du côté marocain, au projet d'établir une zone retail offshore au niveau de la zone du nord. Ce qui avait conduit par la suite l'Espagne à commencer à préparer son plan d'urgence pour éviter le marasme social dans ses deux enclaves.


Un développement des provinces de Nord que Rabat semble vouloir poursuivre : en plus du chantier de l'usage légal de la feuille de cannabis, donnant une voie de sortie à des milliers d'agriculteurs marocains, le Maroc vient tout juste de réactiver les gisements ferreux près de Nador, à des fins avoués de développement économique de la région...


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