EP. 4
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Fin juillet, les habitants de Larache sont descendus en masse dans la rue. À l’appel de plusieurs associations, ils se sont regroupés sur l’esplanade de la ville qui longe l’Atlantique pour défendre ce qu’ils appellent « l’âme de Larache » : le Balcon Atlantico.
En toile de fond, la démolition partielle de cette corniche historique perchée au-dessus des falaises, à l’embouchure du Loukkos. Des arches ont été supprimées, des pergolas arrachées et des murets rasés, le tout remplacé par du béton. Le lieu, aménagé dans les années 1940 sous le Protectorat espagnol, avait traversé les décennies sans rien perdre son pouvoir d’attraction : celui d’un balcon sur l’océan, où les habitants venaient respirer, rêver, s’aimer ou simplement s’ennuyer.
Le nouvel aménagement du Balcon Atlantico, à Larache, dont les arches et pergolas ont été remplacées par du béton. Crédit : Le Desk C’est dans ce même endroit que le cinéaste Mohamed Chrif Tribak, natif de la ville, a choisi de poser son regard, dans son court métrage éponyme Balcon Atlantico, réalisé en 2003. Filmée en 35 mm, la corniche y était le décor d’une poésie douce-amère où, chaque fin d’après-midi, des couples de différentes générations venaient se lier et se délier. On y voit défiler l’amour, les silences, les adieux, et des protagonistes cherchant les mots pour dire « Je t’aime » face à l’horizon infini.
Ce film révèle la place centrale qu’occupe ce promontoire dans la mémoire émotionnelle de la ville, et qui rend aujourd’hui sa destruction encore plus douloureuse pour ses habitants, qui gardent tous au moins un souvenir, de mémoire ou en photo, de cette corniche.
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