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Abdelouafi Laftit, ministre de l'Intérieur.
10.04.2026 à 10 H 10 • Mis à jour le 12.04.2026 à 01 H 30 • Temps de lecture : 18 minutes
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n°1200.La réforme territoriale de Laftit entérinée, une gouvernance à l’épreuve des engagements de Rabat

Les programmes de développement territorial intégré, dotés de 210 milliards de dirhams et entérinés en Conseil des ministres le 9 avril, consacrent walis et gouverneurs aux commandes de la planification locale. À cinq mois des législatives et en pleine négociation sur l'autonomie du Sahara, cette architecture interroge la cohérence du projet de régionalisation avancée

Lors du Conseil des ministres du 9 avril, au Palais royal de Rabat, le ministre de l'Intérieur, Abdelouafi Laftit, a présenté devant le roi Mohammed VI les grandes lignes d'une réforme qui ambitionne de refonder la gouvernance territoriale du Maroc. Sous l'intitulé de « nouvelle génération de programmes de développement territorial intégré  » (PDTI), le dispositif mobilise une enveloppe de 210 milliards de dirhams (MMDH) sur 8 ans, et restructure en profondeur les mécanismes de planification, d'exécution et de contrôle des politiques publiques à l'échelle locale.


Dans sa formulation, il s'agit d'un approfondissement de la régionalisation avancée, ce chantier constitutionnel lancé en 2011 pour décentraliser le pouvoir au profit d'assemblées régionales élues. En pratique, cette réforme pourrait en sceller le désaveu, et ce, au moment le plus sensible pour la diplomatie marocaine.


Les PDTI : une mécanique d'apparence participative

La réforme présentée par Laftit repose sur un postulat séduisant : concevoir les programmes de développement « à partir des besoins exprimés, à l'échelle locale, par les citoyennes et citoyens  ». Des concertations ont été menées dans l'ensemble des préfectures et provinces du royaume, accompagnées d'un diagnostic socio-économique territorial portant sur l'emploi, l'éducation, la santé, l'accès à l'eau et les infrastructures.


La gouvernance s'articule autour d'une pyramide à trois niveaux. Au sommet, un comité national, présidé par le chef du gouvernement, valide les programmes, assure leur cohérence et définit les indicateurs de suivi. À l'échelon régional, le wali, représentant du Roi, préside un comité chargé d'harmoniser les programmes entre préfectures et provinces. À la base, enfin, un comité préfectoral ou provincial, présidé par le gouverneur, associe élus et services déconcentrés de l'État pour élaborer les programmes et suivre leur exécution.


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