Hamid Sidin a passé plus de trente ans à sillonner une quinzaine de pays en Afrique, en Europe et au Moyen-Orient avant de poser ses bagages au Maroc en tant que directeur général du Radisson Hotel Group pour le Royaume. Un retour aux sources pour ce Marocain d’origine, qui arrive avec une feuille de route précise : porter le portefeuille du groupe à 25 à 30 hôtels d’ici 2030, dans un marché qu’il juge « stratégique » au regard des ambitions touristiques du pays.
Le groupe, qui compte aujourd’hui dix établissements au Maroc, a fait le choix structurant de créer une entité juridique locale, imposable au Maroc. Une décision que Sidin présente comme un avantage compétitif de premier ordre. « Je ne pense pas qu’il y ait d’autres opérateurs sur le marché qui aient une entité sur place », souligne-t-il, estimant que cette proximité avec les propriétaires et les autorités locales constitue une différence fondamentale face à des concurrents pilotant leurs opérations depuis l’étranger.
Sur le plan des marques, la stratégie marocaine du groupe s’articule autour de trois enseignes. Radisson Blu reste l’offre phare, positionnée sur le segment affaires et loisirs. Radisson Red, marque lifestyle, est destinée à des déploiements dans des métropoles comme Casablanca et Marrakech. Radisson Collection, quant à elle, vise des emplacements emblématiques. À terme, le groupe envisage également d’introduire les marques Radisson, orientée quatre étoiles, et Park Inn, qui cible le segment trois étoiles.
Pour le choix des implantations, Sidin applique une logique en deux temps : ancrer d’abord le groupe dans les destinations matures, soit Casablanca, Marrakech, Rabat, Fès et Tanger, avant de rayonner vers des destinations émergentes comme Taghazout ou Al Hoceïma. « On est la locomotive », dit-il, précisant travailler avec les autorités locales pour ouvrir ces nouvelles destinations au marché international.
La Coupe du monde 2030, dont le Maroc est co-organisateur, structure les priorités d’expansion à court terme. Radisson cible une présence dans chacune des villes hôtes : Tanger, Fès, Agadir et Rabat figurent explicitement dans la liste des marchés où le groupe cherche encore à s’implanter. Mais Sidin insiste sur le fait que l’horizon réel dépasse l’événement lui-même. « Notre ambition, c’est la durabilité, c’est au-delà de 2030, pour bénéficier des retombées de la Coupe du monde ».
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