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10.04.2017 à 07 H 07 • Mis à jour le 10.04.2017 à 07 H 07
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n°122.Pourquoi les Affaires étrangères veulent maîtriser les circuits de la coopération internationale ?

Une note de la direction juridique du ministère des Affaires étrangères indique que la diplomatie a pour ambition de canaliser en amont les aides internationales multiformes. L’objectif avancé est de mieux répondre à l’offre dans un souci de cohérence. Explications

La note de la direction des Affaires juridiques du ministère des Affaires étrangères (MAE) datée du 27 mars 2017 traitant de la coopération des chancelleries étrangères accréditées à Rabat qui a suscité remous et inquiétude au sein de la société civile est-elle vraiment un moyen de surveillance supplémentaire de l’Etat, voire de censure ?


Au ministère, la polémique est comprise comme un malentendu, le document ayant été leaké dans sa forme brute sans qu’il n’y ait eu de possibilité d’interprétation que celle de la coercition. Son ton quelque peu martial, n’étant pas adressé au public et rédigé dans un vocabulaire administratif, n’a pas non plus arrangé les choses, il faut dire.


Quelle est donc l’origine de cette décision de vouloir assujettir toute forme d’aide internationale, notamment aux ONG locales, à un feu vert de la diplomatie ?


Le premier élément de réponse est d’ordre contextuel. Depuis le milieu des années 80, l’activité de la coopération qui était scindée de celle de la diplomatie bilatérale a été amalgamée. La conséquence au fil du temps a été une perte de la maîtrise nécessaire de l’activité propre à la coopération et un effritement des capacités à répondre convenablement à l’offre internationale, notamment celle émanant des pays de l’OCDE.


Le découpage géographique a éclaté les intervenants, ce qui a fait perdre aux Affaires étrangères ses capacités opérationnelles et techniques capables de bâtir une vision globale de l’aide internationale disponible. En somme, il était devenu très difficile de suivre la tendance internationale et d’y répondre par une interface dédiée comme on pu l’assurer d’autres pays comme la Tunisie ou la Jordanie.


Deuxième point, ce manque d’adaptation aux bailleurs de fonds n’a pas permis de mettre en place en interne une coordination des projets capable de répondre non seulement aux besoins des ONG, mais aussi à ceux des collectivités locales et des entreprises publiques.


Les Affaires étrangères évoquent le principe du droit international, particulièrement le paragraphe 2 de l’article 41 de la Convention de Vienne de 1961 qui impose que le canal diplomatique soit respecté. « Dans le sens inverse, alors que le Maroc est lui aussi devenu pays donateur, cette règle est unanime que ce soit à destination d’un pays européen par exemple qu’à l’endroit d’un pays africain », explique une source diplomatique.


Cela permet dans le cas du Maroc de pouvoir dresser un tableau de bord général des aides disponibles, de les anticiper et de pouvoir en assurer un suivi efficace dans le cadre de la coopération internationale qui est dans ce sens valorisée. C’est dans ce sens que la dénomination du ministère a été précisée et que les nouvelles missions de Mounia Boucetta, secrétaire d’Etat à la Coopération internationale ont été précisées.


Enfin, le volet sécuritaire qui a fait craindre aux associations des représailles est de mise. « Il est en effet pris en compte sachant aujourd’hui que l’intrusion avec des objectifs politiques intentionnels potentiellement malveillants de certains pays est une évidence », reconnaît une source diplomatique qui cite entre autres l’Iran. Si la surveillance demeure un des aspects de cette nouvelle politique d’organisation de l’aide internationale, au ministère, on assure qu’elle n’est pas associée à de la coercition, ni d’ailleurs à une autorisation préalable. Reste alors à instaurer un climat de confiance…