En off
Les confidentiels sur les cercles de pouvoir

Connectez-vous

Mot de passe oublié ?

Abonnez-vous !

Découvrez l'offre de lancement du Desk

60 DH
1 mois
Découvrir les offres
27.09.2019 à 18 H 11 • Mis à jour le 27.09.2019 à 18 H 16
Par
Influence

En Israël, Ahmed Charai, caution de Rabat pour le plan Kushner ?

Le patron de presse proche de la DGED a co-organisé avec un officier de l’armée israélienne un briefing autour de Jared Kushner plaidant pour l’abandon d’un retour aux frontières de 1967. Une initiative qui indiquerait que le Maroc cautionne officieusement les positions de l’Etat hébreu

Jared Kushner, gendre et conseiller principal du président américain Donald Trump, a été l’invité-vedette d’un petit-déjeuner débat organisé par le colonel Eran Lerman, un officier de réserve de l’armée israélienne et vice-président du Jerusalem Institute for Strategy and Security (JISS) et Ahmed Charai, patron du groupe de presse Maroc Télématique (L’Observateur du Maroc, Ahdat Al Maghribiya, Med Radio et Kifache) connu pour ses liens avec la DGED, le service de renseignement extérieur dirigé par Yassine Mansouri.


L'empire médiatique d'Ahmed Charai. Infographie: Mohamed Drissi Kamili/ Le Desk


Le Jerusalem Post qui rapporte l’information présente ce dernier comme « un homme d’affaire et écrivain marocain » et « membre du conseil d’administration mondial du JISS ». De part ses connexions sécuritaires, Charai fait aussi partie d’un certain nombre de think tanks américains néo-conservateurs…Le JISS, fondé en Israël en 2017 est lui aussi marqué très à droite et défend des idées ultra-nationalistes proches de celles de Netanyahou.


Les liens de Charai avec les cercles d'influence américains. Infographie Mohamed Drissi Kamili/ Le Desk


Le « Plan de paix » concocté par Kushner et la Maison Blanche censé résoudre le conflit israélo-palestinien a été évidemment au centre des discussions de ce briefing savamment fuité à la presse.


Selon Lerman, le principal message transmis lors de cette réunion était que l’initiative de paix voulue par Trump refléterait le nouveau partenariat d’Israël et des États arabes clés face aux ennemis communs, rapporte le JPost.


« Le fait que M. Kushner et moi-même ayons coordonné cet exposé avec M. Charai, homme d’affaires musulman et auteur, est emblématique de la nouvelle réalité régionale », a-t-il étonnamment déclaré.


Il a aussi prétendu que le « Deal du siècle » montrait « la nécessité de briser le paradigme qui voudrait qu’un retrait israélien jusqu’aux lignes de 1967 est essentiel pour parvenir à un accord de paix permanent ».


« Cette demande a en fait constitué un obstacle à une paix réelle », a poursuivi Lerman qui a ajouté que « le plan Trump devrait offrir de nouveaux paradigmes qui reflètent plus précisément les priorités d’Israël et de ses nombreux partenaires arabes dans la région face à leurs ennemis communs ».


Le fait qu’un agent d’influence du Maroc cautionne et participe en Israël à défendre cette position est pour le moins déroutant.  Le roi Abdallah de Jordanie avait avancé en juin dernier que le roi Mohammed VI partageait ses points de vues sur la question. « La position jordanienne est la même (que celle du Maroc, ndlr). Ensemble, nous allons relever tous les défis. Je présente mes respects et remercie mon frère et cousin, Mohammed VI, le souverain marocain. Il n’y a pas de meilleure position que la sienne par rapport à Al Qods », a déclaré Abdallah II dans une intervention télévisée.


« Sa Majesté a souligné la nécessité d’une paix globale et durable reposant sur une solution à deux Etats, donnant naissance à un Etat palestinien indépendant dans les frontières du 4 juin 1967, avec Jérusalem-Est pour capitale », avait auparavant dit le roi Abdallah à Kushner, selon un communiqué de la maison royale hachémite.

 

Mohammed VI avait eu précédemment à Rabat, le 28 mai, des entretiens avec Jared Kushner qui ont porté sur « le renforcement du partenariat stratégique ancien, solide et multidimensionnel entre le Maroc et les Etats-Unis, ainsi que sur les évolutions et développements que connait la région de l’Afrique du Nord et du Moyen Orient », s’était contentée de rapporter l’agence officielle MAP.

Revenir aux Off
En continu
Plus d'infos en continu