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08.02.2022 à 09 H 43 • Mis à jour le 08.02.2022 à 11 H 11
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Polémique

« Tesla marocaine »: Foire d’empoigne entre Yazami et ses partenaires

Resté injoignable pour commenter nos informations, Rachid Yazami a réagi récemment auprès du Desk pour revenir sur le projet Atlas, de « la Tesla marocaine ». Il précise ne pas avoir été mis au courant de sa participation en tant qu'associé de la startup et ne manque pas de critiquer le projet « qui est en train de s'écrouler »

Ce 3 février, nous avions publié un article dévoilant un « projet fou » porté par le scientifique Rachid Yazami et un ensemble de personnes, réunis au sein d’une startup portant le nom de Atlas For Technology &  Industry (Atlastechin). Il s’agissait de concevoir et produire un ensemble de produits, dont deux modèles de voitures électriques.


Pour détailler l’implication de Rachid Yazami, nous rapportions la mention sur le site internet de Atlastechin, inactivé depuis, de l’inventeur marocain mais aussi sa présence dans le tour de table d’une structure de la startup installée à Londres (Voir ci-dessous extrait du dudit document provenant du registre de commerce britannique mais aussi capture d’écran du site d’information aujourd’hui disparu).


Répartition du capital de Atlas For Technology & Industry Limited avant le 4 février 2022.



Immédiatement après notre article, nous avons été contacté par un des promoteurs du projet : Yehya El Bakkali, nous demandant de supprimer l’article, mettant en avant le caractère confidentiel des informations, voulu en raison d’une levée de fonds prochaine.


El Bakkali a aussi accepté de répondre à nos questions, détaillant l’envergure du projet : « Nous sommes actuellement au stade du stylisme avant le prototypage, nous avons un accord de partenariat stratégique avec une société de conception et d’ingénierie leader en Italie connue pour aider les grandes marques internationales dans le développement et le lancement de leurs modèles de voitures de luxe », nous indique-t-il, ajoutant que « les phases opérationnelles du projet seront lancées d’ici 2025 ».


Il fait par ailleurs savoir, au sujet des contacts avec Rachid Yazami, qu’il a rencontré le professeur lorsque celui-ci « cherchait de l’aide pour promouvoir sa technologie de chargeur ultra rapide au Royaume-Uni. J’ai réussi à le mettre en contact avec des parties prenantes clés ici, y compris des investisseurs potentiels. Plus tard, nous avons commencé à discuter de la possibilité de former une coentreprise avec sa société singapourienne KVI Battery dans le but de développer, fabriquer et commercialiser sa technologie de chargeur ultra rapide au Royaume-Uni et au Maroc », précise-t-il dans sa réponse écrite au Desk.


Il affirme en outre que son équipe a eu des contacts directs avec l’ancien ministre de l’Industrie et du Commerce, Moulay Hafid Elalamy, mais aussi son directeur général de l’Industrie, Ali Seddiki.


Alors que le scientifique Rachid Yazami n’avait pas répondu à nos sollicitations, depuis le 31 janvier, un échange a eu lieu durant ce 4 février entre Le Desk et lui. Tout en nous demandant de supprimer l’article, le chercheur a précisé que « toutes les informations étaient fausses ». Il s’est cependant ravisé une fois que le document officiel de sa présence dans le tour de table de la structure londonienne lui a été communiqué, avançant cette fois-ci qu’il s’agit d’un « document provisoire ».


Pourtant, le document est bel et bien officiel, déposé au registre de commerce britannique le 19 novembre dernier.


Mis face à l’évidence de sa participation au projet, Yazami s’est retourné vers El Bakkali, lui demandant des comptes. La réaction ne s’est faite pas attendre, 24 heures après notre article : Dans une mise à jour des statuts de la société britannique, effectuée le 4 février au niveau du registre de commerce britannique, on a procédé au retrait de deux associés, Rachid Yazami et Waheed Qaiser, présenté comme un ex-banquier et aussi cité comme membre de l’équipe.


Répartition du capital de Atlas For Technology & Industry Limited après notre article et le 4 février.


Rachid Yazami n’aurait donc aucun lien avec le projet, ayant été placé contre son gré dans le tour de table ? Pourtant, ce n’est pas la première fois que le scientifique mentionne une idée similaire à celle développée par Atlastechin. En octobre 2020, lors d’un webinaire dont les propos ont été rapportés par Le360, Rachid Yazami faisait mention « d’un projet industriel qui, selon lui, va dépasser celui du géant américain Tesla ».


« L’inventeur franco-marocain dit attendre que le Maroc se manifeste pour l’exploitation de cette technologie, n’hésitant pas à fixer un délai (fin 2020) au-delà duquel, faute d’une réaction de la part des autorités, il sera obligé d’accorder les droits à d’autres pays », rapportait le média. « Le ministère a pris contact avec le Pr Rachid Yazami afin de s’informer plus en détail de son projet. Ainsi, a-t-il été convenu avec le chercheur de soumettre son business plan au ministère dans les plus brefs délais afin qu’il soit étudié et analysé pour qu’il puisse bénéficier de tout l’accompagnement qui le justifie », faisait savoir le même site citant une source au sein du département à l’époque dirigé par Moulay Hafid Elalamy.


Aujourd’hui, dans l’échange avec Le Desk, Rachid Yazami est pourtant intransigeant : il n’a jamais été question d’une participation active dans ce projet qui ressemble au sien. Il déclare par contre avoir « suspendu toute collaboration avec Atlas », ajoutant que Le Desk « a été leurré par des gamins non-professionnels ». Sauf que, comme nous l’avons précisé au professeur Yazami, notre source a toujours été officielle et factuelle : son nom indiqué dans le registre de commerce britannique, sans oublier sa mention dans le site internet qui a été maintenant désactivé.


Au sujet d’Atlas, il finit par dire qu’il s’agit d’une organisation « qui est en train de s’écrouler sous nos yeux ». « Pour moi c’est une coquille vide », conclut-il, appelant à investiguer sur la chose… 

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