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09.10.2025 à 21 H 40 • Mis à jour le 12.10.2025 à 10 H 12 • Temps de lecture : 3 minutes
Par La rédaction

GenZ212 : devant le Parlement, les jeunes réclament la libération des détenus et la démission d’Akhannouch

Lors de la manifestation appelée par le mouvement GenZ212 devant le Parlement, à Rabat, le 3 octobre 2025. Crédit : Salma Hamri / Le Desk

En fin d’après-midi, plusieurs groupes de manifestants s’étaient déjà donné rendez-vous devant le Parlement : Amnesty International pour l’abolition de la peine de mort, la Coordination nationale pour l’équité envers les titulaires de masters et de doctorats, et un rassemblement de soutien à Gaza. Mais cette pluralité de causes n’a pas détourné l’attention des curieux ni des médias sur le mouvement GenZ212, dont les jeunes se sont rassemblés à partir de 18h30.


On y reconnaît les mêmes visages que lors des précédents sit-in : des jeunes brandissant leurs pancartes, scandant les mêmes slogans, entourés des mêmes policiers en civil, discrets mais facilement identifiables. Cette fois, la présence policière en uniforme était quasi inexistante. À peine deux agents de circulation visibles, et aucune voiture de police stationnée aux abords du Parlement, une image rare dans ce type de rassemblement.


« On n’est pas là pour parler politique, on est là pour parler de nos revendications sociales : santé, éducation et dignité  », lance un jeune manifestant au mégaphone, sous les applaudissements de ses camarades. Autour de lui, les slogans fusent, mêlant colère et ironie : « Ras-le-bol de ce gouvernement de menteurs, qu’on le balaie une bonne fois pour toutes ! », « On exige des comptes, et on les veut tout de suite ! », « Phosphate et deux mers, et on vit quand même une vie amère ! ».


D’autres reprennent le nom de Nasser Zefzafi, figure emblématique du Hirak qui a secoué le nord du Maroc entre 2016 et 2017. Les manifestants réclament également la libération des jeunes arrêtés au début des mobilisations, qu’ils estiment injustement détenus. « Ils n’ont rien fait de mal ni d’illégal, à part parler haut et fort de leurs revendications,  qui sont, au fond, celles de tous les Marocains », affirme une manifestante, la voix ferme.


Parmi ces revendications figure une autre qui est centrale : la démission du chef du gouvernement, Aziz Akhannouch, accusé par plusieurs jeunes de symboliser une politique déconnectée de leurs réalités quotidiennes.


La mobilisation, bien que plus restreinte que les jours précédents, a conservé son énergie et sa discipline. Les jeunes se disent déterminés à poursuivre le mouvement jusqu’à l’obtention de réponses concrètes à leurs revendications. « Le roi est notre père et notre figure protectrice, on le respecte et on a confiance en ses décisions », affirme une manifestante avec un optimisme certain à la veille du discours royal prévu vendredi.


D'ailleurs ce qui marquait particulièrement ce rassemblement, c’est que plusieurs manifestants brandissaient la photo du monarque, aux côtés de leurs pancartes et slogans, comme pour affirmer leur loyauté et rappeler que leurs revendications s’inscrivent dans un rapport de confiance avec l’institution monarchique, non contre elle.


Vers 20h30, le rassemblement s’est dispersé dans le calme.

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