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21.11.2017 à 19 H 56 • Mis à jour le 21.11.2017 à 19 H 59
Par
Nations Unies

Sahara: consultations ardues sur la Minurso au Conseil de sécurité

Un officier de liaison italien de la force de paix onusienne Minurso au Sahara Occidental Photo UN/Martine Perret. 15 Juin 2010.
La représentante spéciale Kim Bolduc et de l'envoyé personnel du secrétaire général, Horst Köhler feront demain 22 novembre, exposé de leurs missions lors des consultations sur la Minurso devant le Conseil de sécurité. De l'avis du Maroc, le rôle de mission onusienne se limite à surveiller le cessez-le-feu, à soutenir le déminage et à aider le HCR à prendre des mesures de confiance

Demain, 22 novembre, des consultations sur la Minurso se tiendront au Conseil de sécurité des Nations Unies avec des exposés de la représentante spéciale Kim Bolduc et de l’envoyé personnel du secrétaire général, Horst Köhler.


Le nouvel envoyé personnel du Secrétaire général pour le Sahara occidental, Horst Köhler, a pris ses fonctions le 8 septembre à New York, où il a tenu des réunions et des consultations en septembre et durant le mois d’octobre.



Köhler a rencontré le Secrétaire général António Guterres et de hauts responsables de l’ONU, des représentants des belligérants d’autres États membres ainsi qu’avec le Commissaire de l’UA pour la paix et la sécurité avant de se rendre au Maroc à la rencontre du roi Mohammed VI et en Algérie auprès d’Abdelaziz Bouteflika.


Le 28 avril, le Conseil a adopté la résolution 2351, qui renouvelait le mandat de la Minurso jusqu’au 30 avril 2018. La résolution appelait les parties au conflit à reprendre les négociations sous les auspices du secrétaire général « sans conditions préalables et de bonne foi pour faciliter une solution politique juste, durable et mutuellement acceptable ». Il avait également appelé les parties « à coopérer pleinement avec les opérations de la Minurso et à prendre les mesures nécessaires pour assurer le libre mouvement du personnel des Nations Unies dans l’accomplissement de son mandat ». La résolution a réaffirmé « la nécessité de respecter pleinement les accords militaires conclus avec la Minurso sur le cessez-le-feu et a appelé à une adhésion totale à ces accords », reconnaissant que la crise dans la bande de Guerguerat a soulevé des questions fondamentales sur le cessez-le-feu.


Lire aussi : Que dit le texte de la résolution sur le Sahara Occidental ?


Le Conseil a invité les parties « à manifester la volonté politique de travailler dans un climat propice au dialogue afin de reprendre les négociations et à appliquer les résolutions pertinentes du Conseil de sécurité et a souligné l’importance de leur engagement à poursuivre les préparatifs du cinquième cycle de négociations ».


La résolution demandait également au Secrétaire général de mettre à jour le Conseil de sécurité dans les six mois suivant la nomination du nouvel Envoyé personnel sur les moyens par lesquels Köhler, en collaboration avec les parties, progressait vers « une solution politique mutuellement acceptable » avec en prélude à cette réactivation des pourparlers, un nouveau format de mission pour la Minurso intégrant les risques encourus dans la région sahélo-saharienne par la menace terroriste des groupes jihadistes locaux.


Lire aussi : Les 10 points à retenir de la résolution sur le Sahara votée au Conseil de sécurité


Un cinquième round de pourparlers ?

Le principal problème est que les parties au conflit restent dans l’impasse et que le processus politique est au point mort parce que les propositions respectives des parties pour la base d’une solution politique esquissée en 2007 par la proposition marocaine d’octroyer une autonomie à la région, s’excluent mutuellement. Le Conseil pourrait ainsi envisager des moyens de soutenir le nouvel envoyé personnel dans ses efforts pour convoquer une cinquième série de pourparlers entre les parties. « Les membres du Conseil auront alors la possibilité d’examiner comment ils peuvent encourager les parties, collectivement ou bilatéralement, à aborder de telles discussions de bonne foi », note l’ONU.


Lire aussi notre éditorial :  Et maintenant, que va négocier le Maroc avec le Polisario ?


Un autre problème est que les parties ont des interprétations très divergentes du mandat de la Minurso. De l’avis du Maroc, le rôle de la mission se limite à surveiller le cessez-le-feu, à soutenir le déminage et à aider le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) à prendre des mesures de confiance au cas où ces activités reprendraient après leur interruption en juillet 2014. Il n’inclut pas le contact avec la société civile ou d’autres acteurs civils. En revanche, le Front Polisario soutient que l’organisation d’un référendum sur l’autodétermination reste l’élément central du mandat de la mission, la surveillance du cessez-le-feu et d’autres activités étant subordonnées à ce but.


Le Conseil pourrait tenter de clarifier les objectifs et le mandat de la mission, mais cela est peu probable étant donné que les membres du Conseil eux-mêmes divergent sur cette question. Inner City Press rapportait de Horst Köhler n’avait pas, lors de sa visite dans la région pu visiter les installations de la Minurso… 



Les pays membres du Conseil de sécurité sont ainsi profondément divisés sur la façon dont ils perçoivent le conflit. Ces clivages ont empêché le Conseil de trancher sur le rôle de la mission onusienne même lors de crises récentes successives. Après l’expulsion du Maroc de la composante civile de la Minurso en mars 2016 et la crise de Guerguerat en août, le Conseil est resté silencieux à cause de l’insistance de certains membres, notamment la France, qui soutient fermement la position marocaine. L’Egypte et le Sénégal ont travaillé dans le passé dans le sens des intérêts du Maroc au Conseil. L’Éthiopie reconnaît la « RASD » et soutient les positions de l’Union africaine.


Parmi les autres membres, l’Uruguay, qui reconnaît aussi la « RASD », a tenté de renforcer le rôle et la surveillance du Conseil en demandant des séances d’information ad hoc. La Bolivie lui a emboîté le pas. Le parlement d’un autre membre, la Suède, a voté dans ce sens en 2012, mais le gouvernement suédois ne l’a pas mis en application. Les Etats-Unis, le Royaume-Uni, et la Russie, rejoints par l’Espagne, sont au titre du groupe des « amis » dans une position de neutralité.