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29.04.2017 à 04 H 23 • Mis à jour le 29.04.2017 à 14 H 18
Par
Nations Unies

Sahara : Une résolution du Conseil de sécurité qui n’impose aucune base aux négociations

28 avril 2017. Vote de la résolution n°2351 sur le Sahara au Conseil de Sécurité de l’ONU. UN-PS.
Après de rudes négociations en coulisses et un premier report, le Conseil de sécurité des Nations Unies a voté à l’unanimité de ses quinze membres la résolution n°2351 sur le Sahara Occidental. Celle-ci préconise « une solution politique » au conflit, et presse le Maroc et le Polisario à une reprise des négociations de paix sans définir sur quelles bases précises celles-ci devraient être engagées

Les quinze pays membres du Conseil de sécurité ont adopté à l’unanimité le 28 avril, une résolution pressant les parties à une reprise de négociations directes de paix pour ce conflit au Sahara vieux de plusieurs décennies. Le texte final qui favorise une « solution politique » ne contraint pas les parties à une option entre la voie préconisée par le Maroc d’octroyer une autonomie au territoire sous souveraineté marocaine et celle demandée par le Polisario et ses soutiens en faveur de la tenue d’un référendum d’autodétermination.


La résolution, a souligné que le « réalisme » et l’esprit de « compromis » sont « essentiels » en vue de réaliser des progrès dans les négociations, à la grande satisfaction de Rabat qui n’a eu de cesse depuis dix ans de défendre une logique pragmatique dans ce dossier, écartant toute voie possible pouvant mener à l’indépendance du territoire.



Des négociations difficiles en coulisses

Ce consensus à minima a été obtenu après d’âpres négociations, notamment durant la dernière ligne droite durant laquelle les Etats-Unis, rédacteurs du projet, la France et le Sénégal ont apporté leur soutien au Maroc, tandis que la Russie et son allié l’Uruguay avaient constitué un obstacle à certains points litigieux du projet de texte initial. Les tractations s’étaient focalisées sur le contentieux de Guerguerat et son corollaire, le respect de l’Accord n°1 de cessez-le-feu conclu en 1991 et sur le retour de la Minurso à sa pleine fonctionnalité alors que sa composante civile avait été expulsée par Rabat un an auparavant dans un contexte tendu avec Ban Ki-moon.


La résolution proroge par ailleurs le mandat de la Mission des Nations unies au Sahara (Minurso) jusqu’au 30 avril 2018. La question du monitoring des droits de l’Homme par la Minurso que l’Administration Obama avait posée sur la table en 2012 a été évacuée à la satisfaction du Maroc. Seule une référence à l’effort qui doit être consenti par les belligérants a été évoquée.


Retrouvez ici  : notre LIVE sur le vote de la résolution


Peu avant son adoption, l’ONU a exprimé vendredi soir son espoir d’une relance de négociations après que le Front Polisario s’est retiré de la zone tampon de Guerguerat, mettant fin à l’escalade débutée dans la région l’été dernier. À quelques heures de la tenue du vote, le Polisario, sous pression, avait annoncé le repli des quelques éléments stationnés sur le corridor menant à la Mauritanie, dans une lettre adressée à la représentante permanente des États-Unis à l’ONU, Nikki Haley, évitant ainsi de justesse que la résolution ne le condamne fermement comme cela avait été envisagé dans une première mouture du texte. La Russie avait alors obtenu un report du vote pour permettre au Polisario sa reculade avant la réunion du Conseil de sécurité.


« Cette action devrait améliorer les perspectives d’un climat (propice) à la relance d’un processus de négociations avec une nouvelle dynamique et un nouvel état d’esprit », s’est félicité dans un communiqué Stéphane Dujarric, porte-parole du secrétaire général des Nations unies Antonio Guterres.


Un appui à l’initiative de Guterres pour relancer les pourparlers

L’ONU a « salué le retrait de tous les éléments du Front Polisario de la zone de Guerguerat », près de la frontière mauritanienne, après le retrait des troupes marocaines en février. La résolution appuie donc une initiative de Guterres pour relancer des pourparlers de paix au point mort entre Rabat et le Front Polisario.


La présidente de session, Michele J. Sison, représentante permanente adjointe des Etats-Unis à l’ONU a indiqué que Washington soutient une « solution politique » au conflit du Sahara et considère que la proposition marocaine de « plan d’autonomie » est « sérieuse, crédible et réaliste ». C’est « une démarche potentielle » en faveur de « l’autodétermination du peuple du Sahara Occidental », a-t-elle indiqué.


« La France espère que l’adoption à l’unanimité de cette résolution nous permettra de nous tourner résolument vers l’avenir pour nourrir la dynamique politique engagée (… ) au bénéfice de tous dans la région », a plaidé l’ambassadeur François Delattre. « La France continue de considérer le plan d’autonomie présenté par le Maroc en 2007 comme une base sérieuse et crédible pour une solution négociée », a-t-il affirmé


Tout en appuyant la résolution, le représentant russe a affirmé « que pour surmonter le conflit et parvenir à un règlement juste et durable, cela n’est possible que par des moyens politiques sur la base des résolutions pertinentes du Conseil de sécurité. La formule finale devrait être acceptable pour les deux : pour les Marocains et pour le Polisario », et ce en faveur de « l’autodétermination du peuple du Sahara occidental dans le cadre d’arrangements conformes aux buts et aux principes de la Charte des Nations Unies ».


Les quinze membres permanents ont également lancé un appel « aux États du voisinage » en les invitant à « coopérer plus pleinement avec les Nations Unies ». Ce qui est un point gagné par le Maroc qui insiste pour que l’Algérie et de manière subsidiaire la Mauritanie, soient impliqués dans le processus de négociations. La résolution a également « insisté pour que des efforts soient réalisés » quant au recensement des populations des camps de Tindouf.


Le Maroc qui avait refusé de s’exprimer sur le choix du successeur de Christopher Ross, Envoyé personnel du secrétaire général de l’ONU jusqu’au départ effectif du Polisario de la zone de Guerguerat devrait faire connaître son avis sur le choix porté par Antonio Guterres sur l’Allemand Horst Köhler sous peu.