Le 21 décembre 2025, le Stade Prince Moulay Abdellah faisait son entrée dans l’histoire sportive du Maroc. Ce soir-là, le prince héritier Moulay El Hassan donnait le coup d’envoi de la 35e édition de la Coupe d’Afrique des nations (CAN) dans l’enceinte flambant neuf de 69 000 places. Un moment symbolique, marquant l’aboutissement d’un défi architectural et logistique hors norme, lancé à peine deux ans plus tôt au cabinet d’architecture international Populous.
En 2023, le constat était sans appel : le stade existant ne répondait ni aux standards exigés par la Confédération africaine de football (CAF) ni aux normes de la FIFA, en vue d'accueillir la CAN 2025, puis la Coupe du monde 2030. Il fallait donc faire vite : concevoir, bâtir et livrer un stade de nouvelle génération en un temps record, sans compromis sur la qualité et sur l’identité architecturale.
C’est ainsi que le cabinet d’architecture international Populous, à l’origine de plus de 3 500 infrastructures à travers le monde, a été sollicité pour imaginer et piloter la réalisation du nouveau stade rbati. Et c’est François Clément, architecte et président de Populous France, qui a été désigné pour diriger le projet.
« C’est un stade qui a été construit avec une extrême rapidité, et qui fait aujourd’hui partie des grands stades européens et africains, tant par sa conception que par l’organisation de ses espaces », confie-t-il au Desk. Une performance rendue possible, selon lui, par une mobilisation totale de l’ensemble des parties prenantes. Des décideurs aux entreprises du chantier, « tout le monde a donné 100 % de son temps pour ce projet-là », assure-t-il.
Si la conception a été menée à grande vitesse, l’identité architecturale n’a pas été oubliée. Ainsi, l’enveloppe du stade s’inspire du patrimoine marocain, avec une façade composée de 19 000 panneaux en aluminium déployés sur 110 000 mètres carrés (m2). François Clément dit s’être inspiré de « l’entrelacs des feuilles de palmier que l’on retrouve dans les grandes avenues de Rabat », associé au motif du point de Fès, référence à l’artisanat traditionnel.
Pour tenir les délais, Populous a eu recours à des modèles paramétriques, une technique de conception numérique permettant de produire rapidement des formes complexes. Les panneaux, fabriqués par l’Espagnol Alucoil, ont tous été découpés sur mesure en Espagne, avant d’être acheminés au Maroc.
À l’intérieur, le stade se distingue par un kop de 23 000 places, conçu à l’anglaise, sans piste d’athlétisme et au plus près du terrain, un choix qui favorise une interaction directe entre les joueurs et les supporters. Pour François Clément, le résultat est sans équivoque : « Nous sommes dans un écrin, dans le joyau marocain du continent africain ».
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