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L'enseigne d'une pharmacie à Casablanca.
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SÉRIE EP. 2
23.02.2026 à 20 H 03 • Mis à jour le 13.03.2026 à 17 H 25 • Temps de lecture : 9 minutes
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n°1170.Pharmacies : l’ouverture du capital au prisme d’un débat transnational sur la souveraineté médicamenteuse

La controverse sur l’ouverture du capital des pharmacies dépasse le seul bras de fer corporatiste. À mesure que s’élargit le front des oppositions, des syndicats et ONG nationaux aux instances pharmaceutiques africaines, le débat révèle un angle mort : la formation du prix du médicament et la régulation de sa chaîne de valeur. Entre concurrence et souveraineté sanitaire, la réforme interroge moins la propriété des officines que la capacité du pays à préserver son autonomie médicamenteuse

En préconisant l’ouverture du capital des pharmacies à des investisseurs non-pharmaciens, le Conseil de la concurrence entendait inscrire le secteur officinal dans une logique d’efficience et de modernisation. La promesse avancée est classique : stimuler l'investissement pour renforcer la concurrence et, à terme, améliorer l’offre tout en agissant sur les prix. Or, formulées dans un contexte de généralisation de l’Assurance maladie obligatoire (AMO) et de reconfiguration du système de santé, les recommandations du Conseil présidé par Ahmed Rahhou ont ouvert un débat qui dépasse désormais le cadre strictement sectoriel.


Si la mesure se voulait « un levier de dynamisation  » d’un marché jugé peu concurrentiel, elle a rapidement suscité une levée de boucliers au sein de la profession. Mais à mesure que les réactions s’accumulent, la controverse change de registre. Au-delà du capital des officines, ce sont désormais des interrogations plus structurelles, portées aussi bien par des ONG nationales que par des instances africaines, qui émergent autour de la formation du prix du médicament, de la répartition de la valeur au sein de la chaîne pharmaceutique et, en arrière-plan, de la capacité du pays à préserver sa souveraineté sanitaire.


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