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24.05.2018 à 19 H 53 • Mis à jour le 25.05.2018 à 02 H 37
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n°311.Sidi Ali: les «fake news» de la cabale contre Le Desk

Le Desk subit des attaques diffamatoires menées par des médias alimentés par les élucubrations d’un élu local de Rabat. Une spirale insensée qui interroge encore une fois sur la gouvernance d’une certaine presse dans ses rapports avec les réseaux sociaux dont le torrent d’allégations mensongères et de fausses informations est pris pour source fiable

Au-delà des critiques constructives et des interrogations légitimes et bienvenues de nos lecteurs, une cabale aux relents complotistes est menée tambour battant sur les réseaux sociaux et à travers certains médias pour discréditer notre enquête de terrain sur Sidi Ali, une des trois marques visées par la campagne de boycott.


Les allégations tendancieuses et les fausses informations qu’elle charrie servent à répandre dans l’opinion publique que notre reportage à l’usine de Sidi Ali de Tarmilate, à la source minérale et auprès des riverains, serait une commande de la part de la société des Eaux minérales d’Oulmès.


Point de départ, un article du site Rue20 qui avance qu’une relation familiale par alliance entre l’homme d’affaires Ali Belhaj, actionnaire du Desk, et la patronne des Eaux minérales d’Oulmès, Miriem Bensalah-Chaqroun, serait la preuve que notre reportage, son orientation et ses conclusions auraient été décidés dans les salons dans le cadre d’une prétendue entente d’intérêts. Il s’agit-là d’un pur procès d’intention qui ne repose sur aucun argument factuel, mais des affirmations dénuées de tout fondement.


La trouvaille de nos Waterbury du dimanche habillée en mauvais scoop, a été reprise (ou inspirée) sur Twitter par Omar El Hyani, un élu FGD de Rabat, reprochant au Desk un manquement à la déontologie journalistique pour n’avoir pas porté à la connaissance de son lectorat que le fils de Ali Belhaj était marié à la fille de Miriem Bensalah. Mais très vite ce dernier, manifestement alerté de sa boulette, a corrigé le tir en précisant qu’il s’agissait plutôt du neveu de l’homme d’affaires. Ce qui a obligé Rue20 à amender à son tour son article en catimini dans un va-et-vient plutôt cocasse.



Une théorie fumeuse montée en épingle

Toutefois, pour asseoir sa théorie fumeuse bricolée sur ce cousinage par alliance au second degré, le site écrit tout de go que Belhaj « exploite Le Desk dont il a pris possession pour s’attaquer aux boycotteurs marocains en défense de Miriem Bensalah, la propriétaire de Sidi Ali ».


Cette seule phrase comporte presque autant de « fake news » que de mots. D’abord, parce que le reportage du Desk ne s’attaque absolument pas à ceux qui adhèrent au boycott de la marque, mais décrypte la situation telle que constatée sur le lieu d’exploitation de la source de Sidi Ali, objet de plusieurs rumeurs dont nous avons démontré la vacuité. Nous avons d’ailleurs expliqué plus tard dans un éditorial (El Hyani le présente étonnamment sur Facebook comme le reportage lui-même), que l’esprit légitime à bien des égards du boycott pouvait être ainsi dévoyé par des informations qui ne reflètent en rien la réalité.


Ensuite, si effectivement Ali Belhaj s’est porté acquéreur de 50 % des parts sociales de Pulse Media, la société éditrice du Desk, un processus d’ailleurs encore en phase de bouclage, sa position de sleeping partner ne lui confère aucun rôle dans la conduite de la ligne éditoriale du média. D’ailleurs, cette « muraille de Chine » a été consignée dans le pacte d’association (voir alinéa IV des principes directeurs de gestion) signé avec le directeur de la publication du Desk et qui avait été rendu public sur le site dès la conclusion des termes de l’accord de cession, et auparavant dans un communiqué datant de juillet 2017. Une mesure de démarcation des prérogatives et pouvoirs et de transparence extrêmement rare dans la profession pour être soulignée.


A titre de comparaison, Rue20 ne donne aucune indication à ses lecteurs sur ses promoteurs ou sur ses principes de fonctionnement, contrairement au Desk qui fait état de ses mentions légales, de sa charte éditoriale (voir chapitre sur la non ingérence), de ses conditions de ventes et d’utilisation ou encore de ses engagements de confidentialité.


Ce sont d’ailleurs ces principes auxquels nous sommes particulièrement attachés qui ont guidé notre projet sur le monitoring des médias au Maroc, mené conjointement avec Reporters sans frontières (RSF).


Le reste de l’article de Rue20 va à vau l’eau et sur lequel il n’est pas nécessaire ici de s’appesantir tant il regorge de boules puantes. Pourtant, son raisonnement fantaisiste et diffamatoire a été pris pour solide par Omar El Hyani, ce qui a encouragé le média à proférer sur cette base et dans un article de suite de nouvelles médisances à l’endroit du Desk, dénaturant au passage son autre investigation portant sur l’importation de la marque Mondariz. Un sujet à la confluence des pouvoirs et des passe-droits qui aurait du d’ailleurs plus sérieusement intéresser le conseiller communal, s’il n’était pas aveuglé par tant de sottises.


Le fake du sauvetage du Desk par Sidi Ali

Rue20 a poursuivi sa cabale en prétendant, toujours sur la base des élucubrations de Hyani postées en parallèle sur Facebook, que la marque Sidi Ali a sauvé Le Desk de la faillite en 2016 grâce à une manne publicitaire conséquente. Une information aussi fausse que décontextualisée. Le 30 octobre 2016, nous informions nos lecteurs que malgré les difficultés persistantes, nous avions décidé de continuer l’aventure. Dans un souci de transparence totale, nous ajoutions en disclaimer de ce communiqué et après sa publication, que nous avions reçu le jour même un bon de commande de Sidi Ali, alors que les annonceurs ne se bousculaient pas au portillon. Ainsi, la transparence du Desk est twistée en argument par El Hyani pour arriver à des conclusions fantasques.


De quoi s’agissait-il au juste ? Cette publicité, d’un montant total arrondi à 30 000 dirhams TTC (pas de quoi sauver un média qui a investi près de 7 millions de dirhams), faisait partie d’une campagne nationale de la marque dans le cadre de la COP22. Elle n’était pas spécifiquement dédiée au Desk puisque de nombreux autres médias numériques et classiques y ont eu droit et souvent pour des montants bien supérieurs. Elle n’était pas non plus due à l’entregent de Ali Belhaj qui n’avait d’ailleurs pas encore déclaré son intention d’investir dans Pulse Media. C’est aussi la seule commande publicitaire que Le Desk a reçue de Sidi Ali depuis son lancement en 2015 et à ce jour.


Ce « fake news » a été malhabilement grossi par Omar El Hyani sur les réseaux sociaux dans sa tentative délibérée de donner corps à la thèse de la collusion supposée entre Le Desk et Sidi Ali.



Dans son post Facebook, celui-ci prétend d’abord que Le Desk a boudé les habitants de Tarmilate et d’Oulmès, se contentant, selon ses dires de favoriser les positions de l’entreprise, contrairement, avance-t-il, aux reportages d’Al Yaoum24 et de Lakome2. Une assertion totalement fausse, puisque plusieurs riverains ont été interviewés face caméra par Le Desk dans une séquence filmée de plus de 9 minutes durant laquelle la parole a été donnée à divers intervenants et dans un souci d’équité : habitants, membres de la société civile locale et managers de l’entreprise.


L’aspect social de la région a été par ailleurs abondamment traité dans le reportage écrit où des élus locaux, dont Mohamed Chrourou, le président de la commune, ont livré leurs quelques explications sur la destination des ressources financières versées par les Eaux minérales d’Oulmès, mais aussi par le Fond d’équipement communal, les exploitations agro-industrielles de la région etc.


Pourtant, Al Yaoum24 a creusé le sillon en prenant lui aussi pour fait établi les supputations d’El Hyani, notamment lorsqu’il affirme que Le Desk ne doit sa survie que par une aide financière de Sidi Ali octroyée en 2016, concluant ainsi que son reportage était à caractère publicitaire, permis par Belhaj et désigné par le média, comme fondateur du …RNI.


Il faut croire qu’Al Yaoum24, qui se gausse dans son article du fait que Le Desk se qualifie de média d’investigation, a omis d’enquêter sur la question dans ses propres livres comptables. Et pour cause, il a été lui aussi bénéficiaire de la campagne publicitaire de Sidi Ali en 2016. Selon des documents financiers dont nous détenons copie, le site a reçu au total et au titre de cette même campagne, 40 800 dirhams TTC. Voilà donc un mobile monté en épingle par des médias peu scrupuleux et un élu de la capitale, qui s’effondre avec tout le reste.


La campagne de Sidi Ali de novembre et décembre 2016 parue sur Al Yaoum24. Cette même campagne diffusée sur Le Desk lui vaut aujourd'hui d'être accusé par Al Yaoum24 d'être à la solde de la marque. DR


Nous insistons à souligner que c’est en tant qu’élu du peuple que Omar El Hyani a été opportunément cité par ces médias. Que des trolls viennent régulièrement nous mordre les mollets sur les réseaux sociaux est chose commune, que des lecteurs nous interrogent est signe de vivacité, mais qu’un personnage public se trouve ainsi embrigadé dans une chasse aux sorcières contre un site d’information, est chose grave, d’autant qu’il a eu à maintes reprises par le passé un comportement similaire, lorsque d’autres journaux de seconde zone ont prétendu que le PAM, parti de Ali Belhaj, avait pu se payer Le Desk pour dix millions de dirhams.


Jamais un média appartenant au groupe Akhbar Al Yaoum ne s’est laissé aller à de telles pratiques sous la conduite de son directeur Taoufik Bouachrine, aujourd’hui aux prises avec la justice, y compris lorsque nous contredisions ses articles par des désintox. Il y a lieu de s’interroger sur la nouvelle gouvernance d’Al Yaoum24 qui dans notre cas, s’est rangé tête baissée dans le camp de la presse jaune, à l’instar de Rue20.


Nous maintenons ici que son reportage à sens unique sur la source de Sidi Ali est constellé de contre-vérités. Nous y reviendrons séquence par séquence s’il le faut. En débattre, nous a valu cette série d’attaques insensée, mais aussi d’innommables insultes par ces médias que considère avec bienveillance El Hyani, dont celle traitant Fatima-Zahra Lqadiri, directrice du Desk de « prostituée des pays de l’Est ». Des injures qui mériteraient amplement une action en justice, mais que nous nous garderons d’engager pour ne pas davantage accabler cette presse déjà en perdition.

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