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31.12.2023 à 20 H 36 • Mis à jour le 31.12.2023 à 21 H 59
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Soutien

Aides sociales directes : 3,5 millions de Marocains bénéficiaires après premier cut off au 12 décembre

En cette fin décembre, près d'un million de familles, soit 3,5 millions de Marocains, ont commencé à bénéficier pour la première fois d'une aide financière directe de la part de l’Etat. Cette mesure assure un montant minimum de 500 dirhams par mois, quelle que soit la taille de la famille.


Les familles bénéficiaires ayant atteint le seuil d'éligibilité au Registre Social Unifié (RSU) après avoir déposé leur demande avant le 12 décembre  (premier cut off) ont finalement commencé à bénéficier de la première tranche de l'aide sociale directe, à compter du 28 décembre.


Le reste des familles dont les dossiers n'ont pas été traités parce que leur demande a été déposée après le 12 décembre recevront fin janvier leurs versements de décembre et janvier. Le dépôt des candidatures reste ouvert aux familles répondant au seuil d’éligibilité et bénéficieront d’une aide sociale directe.


L’éventualité de servir jusqu’à 2 millions de familles en prorogeant le cut off au 26 décembre avait été envisagée avant d’être abandonnée.


Le programme, qui s'inscrit dans le cadre d'une réforme sociale globale lancée par le roi Mohammed VI en 2020, comprend également l'élargissement de la couverture sociale. Le budget alloué à ces initiatives, estimé à environ 23 milliards de dirhams, reflète l’engagement financier important du gouvernement dans cette réforme.


Ces mesures sociales ciblées, discutées depuis une décennie sans être mises en œuvre, visent à atténuer les disparités sociales au Maroc. Parallèlement, le pays s'est engagé à étendre la couverture maladie obligatoire à l'ensemble de la population, un processus engagé en 2021. Initialement réservée aux fonctionnaires et salariés du privé, l'assurance maladie obligatoire bénéficie désormais à plus de 3,8 millions de travailleurs indépendants et leurs familles.


En outre, plus de 10 millions de personnes défavorisées bénéficient d’une couverture santé gratuite, l’État prenant en charge le coût de leurs cotisations. Ces réformes sociales interviennent dans un contexte économique marqué par le ralentissement et de profondes inégalités au sein d'une population de 36 millions d'habitants.


Les prévisions de 2,7 % de croissance et de 6,1 % d'inflation en 2023, selon la Banque centrale, mettent en évidence les défis auxquels le pays est confronté.


Jusqu'à présent, l'aide sociale était essentiellement indirecte, le Maroc subventionnant certains produits de consommation de base (gaz butane, sucre, huile végétale) via un fonds de compensation. Ce fonds devrait toutefois faire l'objet d'une réforme, dont la date n'a pas encore été déterminée, pour permettre la mise en œuvre d'une aide ciblée en faveur des populations les plus vulnérables.


2023 représente une année charnière dans le processus de mise en œuvre des projets catalogués « État social » et de mise à disposition des ressources financières pour assurer leur pérennité, qu’il s’agisse de la généralisation de l’assurance maladie obligatoire, de l’aide sociale directe aux familles en situation de pauvreté ou de précarité, ou encore aide à l'acquisition d'un logement principal.


Le Maroc s'est également engagé dans la réforme du système éducatif, l'objectif principal étant le renforcement de la place et du rôle des enseignants, et l'amélioration de leur situation financière. A ce propos, il a été décidé d'augmenter leur salaire mensuel de 1 500 dirhams minimum, soit la plus forte augmentation de l'histoire du Royaume, ce qui coûtera aux finances de l'Etat plus de 10 milliards de dirhams par an.

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