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04.06.2019 à 22 H 52 • Mis à jour le 05.06.2019 à 09 H 38
Par
Grace royale

El Mortada Iamrachen, non gracié, méritait de l’être

Le militant pacifiste du Hirak rifain n’a pas été gracié par le roi à l’occasion de Aïd Al Fitr comme nous l’annoncions hier par erreur. Nos sources pourtant différenciées, et aussi dignes de foi soient-elles, se sont révélées trompeuses. Mais le cas Iamrachen demeure l’une des plus grandes injustices du Maroc actuel. L’occasion de se mobiliser davantage pour sa libération

Le Desk a annoncé, par erreur, qu’El Mortada Imrachen, 33 ans, figure pacifiste du Hirak, avait bénéficié de la grâce royale consentie à l’occasion de l’Aïd Al Fitr à 755 détenus, dont un certain nombre de militants du Rif et d’autres de Jerada.


L’information avait été, à l’origine, donnée sur les réseaux sociaux, par des avocats proches des militants du Hirak, puis par des membres de la famille d’El Mortada, eux mêmes renseignés par des sources judiciaires au contact du dossier.


Le Desk a pris soin de questionner ces sources en amont pour jauger de leur crédibilité, et de recouper leurs dires auprès d’autres, cette fois, officielles.


La fiabilité de la nouvelle ne pouvait plus être à ce stade compromise. Elle s’est pourtant révélée fausse. Nous nous excusons auprès de tous de l’avoir relayée, et particulièrement auprès des proches du détenu qui auraient pu y voir une confirmation à leurs certitudes.


En matière de journalisme, le fait d’obtenir une information de différentes sources plausibles, dont l’une est censée en délivrer une assurance incontestable, suffit.


Mais, Le Desk aurait certainement du attendre d’en avoir confirmation directe de la part du principal concerné, compte tenu de l’opacité qui prévaut au Maroc pour ce genre de décisions et d’autres… Dans un pays normal, une grâce s’accompagne d’une liste de noms…


Le contexte enflammé de la situation des prisonniers du Hirak rifain et l’évidence de l’injustice qui accable El Mortada, nous a fait oublier que les sources, aussi crédibles et avérées soient-elles, peuvent se révéler trompeuses, notamment dans son cas précis, en défense duquel nous avons tant milité avec des arguments imparables.


C’est la seconde fois en quatre ans d’existence que Le Desk est abusé de la sorte par une source supposée être sûre et confirmative. Comme pour l’épisode précédent, la seule réplique dont nous disposons est de la bannir.


Ceci-dit, notre article a suscité un extraordinaire enthousiasme, révélateur du fait encourageant que l’opinion publique n’est pas oublieuse de l’arbitraire dont est victime El Mortada.


Toutes ces voix qui ont applaudi à la fausse nouvelle doivent désormais se mobiliser plus que jamais pour exiger, avec force et conviction, sa libération effective.


Il est, tout le monde le sait, y compris ses accusateurs, totalement innocent des charges qui lui sont reprochées, Le Desk, en avait apporté la preuve indibutable.


Le ministère de la justice a indiqué dans son communiqué que la grâce royale pour les cas recensés concernant le Hirak rifain et le soulèvement de Jerada, a été accordée « en considération des circonstances familiales et humaines des personnes ».

 

Faut-il, encore une fois rappeler le supplice innommable qu’a enduré cet homme, mais aussi sa famille et ses proches ?

 

Le Souverain, ajoute le communiqué, a octroyé sa grâce à plusieurs personnes condamnées qui « n’ont pas commis des crimes et des actes graves lors de ces évènements ».

 

El Mortada Iamrachen n’a pas bénéficié de ces clauses en sa qualité de militant du Hirak rifain, alors qu’il n’a, à aucun cas, été associé ou a appelé, à un quelconque acte de violence ou de sédition.


Il ne fait pas non plus partie, comme le disent faussement ses juges, de ceux qui, au nom de l’Islam, ont fait la promotion d’idées extrémistes ou d’actions terroristes, comme ont pu l’être les « déradicalisés » qui ont été élargis.


Parmi les très nombreux condamnés du Hirak, de ceux qui sont sortis dans la rue pour dénoncer leur vie précaire à Jerada ou ailleurs, El Mortada et d’autres, resteront donc dans leurs cellules pour un temps. Une nouvelle injustice donc, pour celui qui, par son parcours hors norme, a démontré que la réconciliation des idées et le vivre-ensemble, était possible au Maroc.


El Mortada devait être libre hier soir. Invitons tous le roi à le permettre sans tarder.

 

Lire aussi  :


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