S'abonner
Se connecter
logo du site ledesk
En off
Les confidentiels du monde des affaires et des cercles de pouvoir
22.03.2025 à 15 H 46 • Mis à jour le 22.03.2025 à 15 H 46
Par
Diplomatie

Sahara : l’avis de Michael Rubin sur la Minurso, une fin programmée par Washington ?

Dans une tribune récemment publiée dans le Washington Examiner, Michael Rubin, senior fellow spécialisé dans les affaires du Moyen-Orient à l’American Entreprise Institute, un think tank néoconservateur américain, réitère son avis de mettre un terme définitif à la Minurso, la mission onusienne au Sahara.


Ce n’est pas la première fois que cet ancien officiel du Pentagone qui défend depuis une dizaine d’années la position du Maroc dans ce conflit régional avec l’Algérie et son proxy séparatiste le Polisario émet cette idée. Déjà, en octobre dernier, dans une précédente tribune dans le Middle East Forum Observer, Rubin appelait au démantèlement de la Minurso soulignant son inefficacité depuis quatre décennies de présence sur le terrain.


S’il repasse les plats, c’est que l’administration Trump qu’il soutient a lancé un vaste programme de coupes budgétaires à toutes sortes d’initiatives jugées budgétivores et contreproductives.


« Les responsables des Nations Unies restent paniqués par les coupes budgétaires du président Donald Trump. Pendant des décennies, les États-Unis ont parlé de réforme et ont même visé leur contribution au budget de l'ONU, mais la plupart des administrations ont usé de la force. Des politiciens plus populistes ont recommandé de s'attaquer au gonflement de l'ONU au couteau. L'équipe de Trump est armée d'une hache dans une main et d'une tronçonneuse dans l'autre », écrit-il dans le Washington Examiner. Et de justifier que « Trump et l'ONU pourraient économiser des milliards en mettant fin aux opérations de maintien de la paix ratées ».


Mais contrairement à John Bolton, l’ancien conseiller à la sécurité nationale de Trump, qui avait tancé la Minurso dès 2018 tout en s’opposant au plan d’autonomie de ce territoire proposé par le Maroc, Rubin estime que le maintien de la Minurso est un facteur de blocage tout en constituant une manne qui dessert les intérêts américains.


 « Les États-Unis reconnaissent aujourd'hui le Sahara occidental comme faisant partie du Maroc, subventionnant ainsi une organisation qui trahit un signataire des accords d'Abraham, constamment à leur service. Les Sahraouis eux-mêmes souhaitent rejoindre le Maroc. C'est pourquoi le Front Polisario, un parti marxiste soutenu par l'Algérie, qui prétend représenter les Sahraouis, refuse d'autoriser les réfugiés des camps qu'il contrôle dans la province algérienne de Tindouf à se rendre au Maroc avec leurs familles  il retient femmes et enfants en otages pour empêcher leur réinstallation. En finançant ces camps et en gonflant la légitimité du Polisario, l'ONU perpétue le problème. Aujourd'hui, le meilleur moyen de trouver des représentants de la Minurso au Sahara occidental est de se rendre dans l'un des bars de Laâyoune ou de Dahkla, où les véhicules de la Minurso sont omniprésents », attaque Rubin.


La perspective de démission de l’Envoyé spécial de l’ONU au Sahara, Staffan de Mistura et un appui plus franc de la nouvelle diplomatie américaine au plan marocain au sein du Conseil de sécurité pourraient entrainer un changement majeur dans le rôle de la Minurso, sinon sa fin pure et simple.

©️ Copyright Pulse Media. Tous droits réservés.
Reproduction et diffusions interdites (photocopies, intranet, web, messageries, newsletters, outils de veille) sans autorisation écrite.

Revenir aux Off
En continu
Plus d'infos en continu