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27.10.2021 à 14 H 03 • Mis à jour le 27.10.2021 à 14 H 03
Par
Energie

Les projets marocains de Sound Energy freinés par son redressement fiscal

Une derrick de forage dans la zone de Tendrara appartenant à Sound Energy. PROACTIVE INVESTORS
En redressement fiscal, la société britannique partenaire de l'ONHYM dans l'exploration du gisement gazier de Tendrara dit avoir été contrainte de geler ses plans de développement. Ses projets de fourniture de gaz à l’ONEE, tout comme son association dans le GNL avec Afriquia Gaz sont impactés

Le britannique Sound Energy est prêt à étendre ses activités au Maroc, mais reste troublé par un litige fiscal qui a conduit l’entreprise à suspendre certains de ses projets, a annoncé son P-DG, Graham Lyon dans une interview accordée à S&P Global Platts.


Lyon a déclaré que la société qui exploite le gisement de gaz le plus prometteur du Maroc, était prête à poursuivre les travaux de développement à son champ d’exploration de Tendrara, grâce notamment à son contrat conclu avec l’ONEE.  La signature fin 2019 d’un protocole d’accord pour fournir 300 millions de m3 de gaz à l’ONEE depuis Tendrara suffirait à couvrir environ un tiers de ses besoins en gaz. Cependant, le redressement fiscal annoncé initialement en septembre 2020 et confirmé en août dernier, a conduit Sound Energy à geler ses plans de développement les plus importants tout en allant de l’avant avec un projet de gaz GNL moins imposant.


Sound Energy est partenaire dans Tendrara de l’ONHYM, qui a soutenu sa décision de contester le redressement fiscal de près de 14 millions de dollars qui « pèse sur la société ». « L’ONHYM a été très favorable et reconnaît que nous avons raison », a déclaré Lyon, craignant que l’affaire pourrait « s’éterniser ».


Les zones d'exploitation de Sound Energy. Infographie: Mohamed Drissi Kamili / Le Desk.


En février 2020, Sound Energy a annoncé qu’elle poursuivrait la construction d’une installation de production GNL pour la monétisation précoce de ses ressources gazières à Tendrara. La société poursuit son projet de micro-GNL et a signé un accord de vente de gaz avec Afriquia Gaz, filiale d’Akwa, groupe pétrolier contrôlé par Aziz Akhannouch, qui détient également une petite participation dans Sound Energy. Elle s’apprêtait à investir 250 millions de dollars dans le projet, y compris dans de nouveaux puits, une usine de traitement du gaz et un pipeline secondaire de 120 km à raccorder au gazoduc Maghreb-Europe (GME).


« Nous sommes très avancés en vue de la signature d’un contrat pour la construction de l’usine de GNL », a déclaré Lyon. Le patron de la junior britannique a assuré  également qu’il existait également d’importantes opportunités en amont qui pourraient être exploitées dans l’est du Maroc. « Nous avons beaucoup de potentiel d’exploration, peut-être 30 sites différents où nous pourrions envisager de forer. Si seulement 10 % réussissent, nous serions en mesure de satisfaire la demande nationale de gaz du Maroc », a poursuivi le P-DG de Sound Energy. « Et dès que nous aurons satisfait les besoins intérieurs du Maroc, nous pourrons vendre en Europe », a-t-il même envisagé, avant d’ajouter être « déterminé à ne rien entreprendre d’autre que nos engagements alors que nous avons le problème fiscal qui nous pèse et que nous ne pouvons pas mettre l’infrastructure en place ».


Un potentiel marocain sous-exploré

Lyon a signifié que le Maroc était extrêmement sous-exploré par rapport à l’Algérie voisine. « Nous sommes assis sur des réservoirs avec une géologie similaire [à l’Algérie], ayant fait une fraction de l’exploration que les Algériens ont faite », a-t-il déclaré.


De nouvelles découvertes de gaz au Maroc pourraient également être utilisées pour approvisionner l’Espagne via le gazoduc GME, initialement destiné à acheminer du gaz algérien, espère, mais visiblement à long terme, la société, alors que l’accord de transit doit expirer fin octobre et il semble probable que les exportations seront interrompues à partir du mois prochain si un accord de dernière minute n’est pas conclu entre Madrid, Rabat et Alger. Lyon a déclaré qu’il ne serait pas surpris si un accord était conclu, même après un « jour ou deux » d’arrêt des approvisionnements.


Le Maroc lui-même est perdant étant donné qu’il satisfait une grande partie de ses besoins de gaz grâce à des importations en provenance d’Algérie, fournies en paiement partiel du service de transit. « La menace que les Algériens coupent leur gaz a focalisé un peu plus l’esprit des Marocains sur la tentative de développer une partie de leurs ressources nationales plutôt que d’importer de l’énergie », a déclaré Lyon.


Le nouveau gouvernement mené par Aziz Akhannouch souhaite se concentrer sur la production nationale de gaz, qu’il considère comme un carburant de transition énergétique majeur, rapporte S&P Global Platts. « Nous nous intégrons bien dans cet espace », a déclaré Lyon. « Nous aurons probablement –  via Afriquia Gaz –  six ou sept utilisateurs industriels de notre GNL. Parce qu’il est moins cher que le GPL importé, nous avons déjà eu des gens qui font la queue, qui frappent à notre porte en disant : ‘Pouvons-nous avoir du GNL ?’ », a révélé Lyon dans son interview.


Le Maroc envisage également d’importer du GNL via un nouveau terminal d’importation flottant, après avoir lancé en mars un appel d’offres pour la fourniture d’une unité flottante de stockage et de regazéification. Cependant, Lyon a déclaré que le GNL importé serait plus cher que la production nationale de gaz. « Le plus simple et le rentable est le gaz domestique », a-t-il tranché.

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