EP. 1
En cours
« Dr. Samir Machour », comme il se plait manifestement à être appelé ainsi, crève l’écran et suscite l’admiration à peine contenue des journalistes qui tapissent leurs articles à son sujet de superlatifs. On le présente alors en « héros national » qui a « joué un rôle majeur dans l’approvisionnement du Maroc en vaccins ». Comment ? À quel titre ? Pour quelle(s) transaction(s) ? Rien ne sera dit dans le détail ou officialisé. On se contente d’évoquer mezzo voce une action impérieuse, exécutée dans l’ombre, à la conjonction de la diplomatie, de la sécurité, du renseignement… Une affaire d’État en somme, menée dans ce monde de brutes qu’est la course aux vaccins anti-Covid.
Depuis Séoul où il réside, Samir Machhour, le « négociateur du Maroc » déclare dans ses interviews, comme par exemple ici au micro de Chada TV (12 :30) « avoir travaillé avec l’État depuis le début, avec les ministères de la Santé, de l’Intérieur et d’autres départements ». Le 18 septembre dernier, il est bien présent à la signature par visioconférence du mémorandum d’entente avec le laboratoire russe R-Pharm, sous licence AstraZeneca. Sa participation n’avait pas été mentionnée par la dépêche de la MAP consacrée à l’événement, mais lui le dira abondamment dans la presse ajoutant : « Je suis prêt à aider mon pays si on me sollicite »… L’accord avec les Russes tombera à l’eau au profit des Indiens sans que l’État n’explique quoique ce soit de tangible sur ce changement, ni lui d’ailleurs. En catimini, R-Pharm viendra pourtant établir une tête de pont au Maroc, comme Le Desk l’avait révélé.
Un CV surfait et émaillé de zones d’ombres
Pourquoi douter de l’homme, de son patriotisme et de ses compétences, lance-t-on, dès que son rôle est questionné. Il faut dire que le parcours d’immigré arrivé au firmament de sa carrière en jette : Natif de Rabat, ce fils de fonctionnaire de police et d’une mère originaire d’Erfoud, décrit lui-même son histoire comme la success story d’un Marocain qui a réussi à l’étranger. On retiendra, au fil de ses sorties médiatiques, que le jeune Samir a eu une jeunesse vagabonde : d’une école salésienne à Kénitra à des études secondaires à Rabat et Azrou, il s’envole pour le Canada au tournant des années 80, après une année à la fac de sciences, où il dit « ne pas avoir trouvé beaucoup de pratique dans les universités marocaines ». Il intègre l’Université de Montréal avant de décrocher en 1988 un master en physique - « nucléaire », martèle-t-il -, à Concordia. De là, il s’engage dans la vie professionnelle, enchaine les postes dans divers laboratoires pharmaceutiques et passe de l’Amérique au Vieux continent…
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@soufianesbiti

