EP. 4
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« Mes îles sont détruites. J’ai besoin d’une alternative. » En septembre 2017, c’est un Jeffrey Epstein à bout qui écrit à son amie installée au Maroc, Linda Pinto, sœur de l’architecte Alberto Pinto. À travers ces mots lapidaires, le financier américain cherche déjà une porte de sortie. Il s’enquiert d’une nouvelle négociation immobilière, espérant acquérir un bien susceptible de lui servir de refuge. La réponse est négative, mais Epstein insiste. Il cherche toujours une alternative et, à la lecture des documents consultés par Le Desk, Marrakech s’impose progressivement comme une option privilégiée. Epstein n'y trouvera finalement pas de propriété à son goût, et encore moins à son prix.
Plus de six ans après sa mort en prison, en 2019, Jeffrey Epstein reste au centre d’un tourbillon médiatique et juridique mondial. Nationale et internationale, l’actualité autour de ce financier accusé de trafic sexuel de mineures continue de rebondir, bien après son suicide alors qu’il attendait son procès fédéral aux États-Unis.
Le département américain de la Justice a récemment publié une énorme nouvelle tranche de documents liés à l’affaire, incluant plus de 3,5 millions de pages, près de 180 000 images et quelque 2 000 vidéos d’enquêtes, de communications, de mandats et d’autres preuves collectées par le Federal Bureau of Investigation (FBI) et les procureurs fédéraux.
Au cœur de ces publications figurent des échanges, des courriels et des photos impliquant des personnalités du monde politique, financier ou culturel. Certains documents montrent que Jeffrey Epstein a maintenu des relations durables, parfois pendant des années, avec des personnes influentes, même après sa condamnation en 2008 pour des infractions d'ordre sexuel.
Pour le Maroc, la connexion avec le Royaume dévoilée était jusqu'à présent infime : elle montrait des escales fréquentes de Jeffrey Epstein, à bord de son jet privé, nommé Lolita Express, en compagnie notamment de l'ancien président américain Bill Clinton.
Les documents récemment rendus publics dessinent toutefois une tout autre réalité. Les échanges de mails et les clichés versés aux dossiers montrent qu’Epstein préparait méthodiquement, jusqu’à quelques mois avant son arrestation, un possible exil au Maroc, à Marrakech plus précisément. Un pays qu’il considérait comme stratégique, notamment en raison de procédures d’extradition réputées complexes.
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