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15.06.2017 à 05 H 26 • Mis à jour le 15.06.2017 à 05 H 31
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Compte-rendu

Face à l’impasse, la contestation rifaine prend une tournure plus radicale

Un enfant crie sa colère devant une rangée de policiers anti-émeute le 14 juin au soir dans le quartier Marmoucha d’Al Hoceima, symbole du bouillonnement palpable de la rue. THERESE DI CAMPO / LE DESK
Les leaders détenus du Hirak entament une grève de la faim alors qu’Al Hoceima se prépare a une grève générale suite aux premières condamnations prononcées dans la ville. Mercredi soir, des heurts violents ont souligné l’exaspération des manifestants, tentés par l’affrontement. A Rabat, une initiative politique auprès du Palais aurait été refusée avant même sa formulation

Les interpellations sont devenues routinières parmi les rangs des activistes, des manifestants, mais aussi de tous ceux qui soutiennent sur le terrain le Hirak, comme ce jeune vidéaste condamné à 18 mois de prison ferme avec le « groupe des 25 » par le Tribunal de première instance d’Al Hoceima.


Mercredi soir, le quartier de Hay Marmoucha a été le théâtre des premiers affrontements de nuit entre manifestants et forces de l’ordre. Des jeunes, d’après le récit de nos envoyés spéciaux, Louis Witter et Thérèse Di Campo, sont désormais tentés par en découdre chaque soir avec la police. Privés d’encadrement, adolescents et moins jeunes, ne crient plus « Silmya » (pacifisme) et veulent venger les femmes malmenées et les lourdes peines prononcées contre leurs compagnons pris dans les filets de la justice. Le quartier de Sidi El Abed, lieu rituel des attroupements du soir a fait l’objet d’un sévère blocus, alors que Imzouren, la frondeuse a vécu une nuit d’échauffourées. Certaines voies s’élèvent désormais pour comparer le traitement judiciaire fait aux 25 d’Al Hoceima à celui des sept accusés dans l’affaire Mohcine Fikri.



Scène d'affrontements entre policiers et manifestants à Hay Marmoucha, un quartier d'Al Hoceima. LOUIS WITTER / LE DESK


Grèves de la faim et grève générale

La tension est montée encore d’un cran avec l’annonce par la défense des détenus de la grève de la faim des figures du Hirak que sont entre autres, le leader du mouvement Nasser Zafzafi, l’artiste Silya Ziani, l’enseignant Mohamed Jelloul, ou encore Mohamed Al Asrihi de Rif24.



En parallèle, un appel à la grève générale a été lancé à Al Hoceima à partir du 16 juin en protestation des premières condamnations, alors que de petits entrepreneurs et commerçants ayant soutenu le Hirak, et aujourd’hui pris en cisaille dans le bras de fer qui s’annonce avec plus d’acuité avec les autorités, affirment craindre des représailles.




Sur le plan politique, la conférence de presse d’Emmanuel Macron, en marge de sa visite « d’amitié et de travail » a été diversement commentée sur les réseaux et par la presse, notamment sur le fait qu’il s’est posée comme porte-voix des volontés royales, alors que le Palais continue d’observer un mutisme total sur les événements.


Une requête au roi attribuée à un trio de « sages » repoussée ?

Autre information qui a suscité nombre d’interrogations concerne la révélation faite par Akhbar Al Yaoum dans son édition du jeudi 15 juin, affirmant que trois politiciens de premier plan, l’ancien Premier ministre de l’Alternance, Abderrahmane Youssoufi, l’ancien Chef de gouvernement Abdelilah Benkirane et l’ancien chef du PPS, Ismaïl Alaoui avaient comme projet de solliciter du roi Mohammed VI un élargissement inconditionnel et immédiat de tous les détenus afin d’offrir toutes les conditions à un retour rapide au calme dans le Rif. Le quotidien rapporte que l’idée de cette initiative a été refusée par le Palais.



Cette information est tombée au moment où des articles de presse faisaient état d’un désaveu royal à l’intransigeance supposée du Conseiller royal, Fouad Ali El Himma qui aurait, selon les mêmes sources, citées à l’origine par Al Ayam 24, à l’origine du rapport accablant sur le Hirak présenté aux leaders de la coalition gouvernementale. Rapport qui avait poussé l’Exécutif à formuler de graves accusations contre les meneurs du mouvement populaire avant même que des poursuites n’aient été engagées et que la justice ne se soit prononcée à leur égard. Le site d’information Goud.ma avait se faisant apporté un démenti catégorique sur la supposée « colère royale » contre El Himma. Pendant ce temps, l’invitation adressée par Ilyas El Omari à un débat national prévu vendredi 16 juin au siège de la région qu’il préside à Tanger prend l’eau de toutes parts.


De son côté, le journaliste Ignacio Cembrero avance dans un article analysant la situation devenue inquiétante pour les alliés européens du Maroc que Youssoufi et Benkirane avaient refusé auparavant de participer à une conciliation initiée en sous-main par le cabinet royal.