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10.06.2017 à 02 H 54 • Mis à jour le 11.06.2017 à 03 H 32
Par et
Compte-Rendu

Al Hoceima : mobilisation accrue et fliquettes pour calmer la fronde des femmes

Une jeune policière parlementant avec un groupe de manifestants au soir du 9 juin à Al Hoceima. LOUIS WITTER / LE DESK
La fin de semaine n’a pas dérogé au rituel des attroupements à Al Hoceima et dans la région. Un pic de participation au rassemblement nocturne de Sidi El Abed a été enregistré tandis que la police a mobilisé un contingent féminin pour parlementer avec les manifestantes venues crier leur colère de voir leurs maris, frères et enfants détenus

De nos envoyés spéciaux à Al Hoceima


La matinée du vendredi 9 juin avait débuté par une série de perquisitions et d’interpellations dans les rangs des supporters du Hirak à Al Hoceima. Comme pour le reste des personnes appréhendées, détenues ou relâchées, les réseaux sociaux ont égrené leurs noms et photos comme autant de « martyrs » de la contestation populaire.


Nawal Benaissa, un temps présentée comme la relève féminine de Nasser Zafzafi à la tête du Hirak s’est éclipsée des attroupements nocturnes après deux convocations au commissariat. La jeune femme de 36 ans, mère de quatre enfants avait suscité nombre de commentaires pour avoir appelé le roi à intervenir afin de mettre fin à la gronde. La presse, notamment internationale en avait vite fait l’égérie du mouvement alors que son alter-ego, l’artiste Silya Ziani a quant à elle été arrêtée. Vendredi, Benaissa s’exprimait à travers une série de posts sur Facebook pour affirmer qu’elle était toujours présente et déterminée à soutenir le Hirak. Pour rassurer les activistes, elle a publiée une photo en compagnie de Mohamed Jalloul, figure du mouvement aujourd’hui en prison, faisant tous deux le V de la victoire.



Durant la journée, les appels à manifester se sont multipliés comme pour assurer un baroud de fin de semaine, alors que la presse, dont Lakome2, faisait état de l’interdiction faite à la chaine de télévision France 24 de réaliser un reportage de terrain.  Par ailleurs, un représentant du ministère de l’Intérieur, a reçu en toute discrétion quelques correspondants de la presse étrangère accréditée au Maroc pour leur expliquer les mesures sécuritaires prises dans le Rif, relate le HuffPost.


La journée a été marquée par une intense communication du PAM sur les réseaux sociaux où des compilations de vidéos d’Ilyas El Omari accusant le gouvernement de mensonges sur sa capacité à répondre aux revendications des rifains ont été largement diffusées.


Plusieurs heurts ont été signalés dans les localités voisines d’Al Hoceima, où les forces de l’ordre ont empêché plusieurs groupes de jeunes de rejoindre la ville. A Imzouren, où la tension demeure plus vive que dans le centre d’Al Hoceima, les échauffourées entre policiers et jeunes activistes se sont répétées tout au long du début de soirée.


Capture d'un Facebook Live d'Imzouren alors que des manifestants affrontaient au soir du 9 juin les forces de l'ordre


A Al Hoceima, près de 1 500 personnes se sont rassemblées tard dans la soirée, marquant ainsi la plus forte mobilisation de la semaine. Comme à l’accoutumée, la présence policière était massive dirigée par un officier en écharpe qui a demandé à plusieurs reprises à la foule de se disperser à l’aide d’un mégaphone.


Un rang de policiers anti-émeutes face à la foule de Sidi El Abed sur les hauteurs d'Al Hoceima le 9 juin au soir. LOUIS WITTER / LE DESK


La foule est demeurée calme, criant « Silmya, silmya ! » (pacifiques). De jeunes garçons ont tenté d’affronter les forces de police, mais une femme les a calmés leur rappelant le mot d’ordre du Hirak à demeurer pacifiques. Une scène déjà vue en journée la veille lorsque des adolescents avaient caillassé des policiers avant la rupture du jeûne.


Les manifestants d'Al Hoceima scandant des slogans appelant à la libération de Nasser Zafzafi et au soulèvement pacifique. LOUIS WITTER / LE DESK


Selon plusieurs journalistes, les réseaux de télécommunications avaient été brouillés au plus fort des attroupements.



Fait notoire, un groupe de femmes policiers était spécialement affecté aux groupes de manifestantes. Elles ont à plusieurs reprises échangé avec elles, écoutant leur détresse de voir leurs maris, frères et enfants détenus.


Avant minuit, la foule s’est dispersée alors que les plus déterminés continuaient à brandir des portraits de personnes incarcérées imprimées sur des papiers A4 en noir et blanc.