Maroc-Algérie : quatre ans après la rupture, un arrangement bientôt finalisé, selon l’équipe Trump
Se dirige-t-on vers un dégel entre Rabat et Alger ? C’est du moins ce qu'a laissé entendre Steve Witkoff, envoyé spécial du président américain Donald Trump pour le Moyen-Orient, qui a affirmé que son équipe travaillait actuellement sur un « arrangement de paix » entre le Maroc et l’Algérie.
« Nous travaillons en ce moment sur un accord entre l’Algérie et le Maroc. Et il y aura, à mon avis, un arrangement d’ici 60 jours », a-t-il déclaré lors d’un entretien accordé à l’émission « 60 Minutes », diffusée le dimanche 19 octobre sur la chaîne américaine CBS News.
Jared Kushner, gendre et ancien haut conseiller de Trump, également impliqué dans la médiation entre les deux pays, a de son côté mis en avant le rôle de « confiance et de négociation » que l'équipe américaine affirme exercer dans plusieurs zones de tension dans le monde.
🇺🇸🇲🇦🇩🇿#FLASH| Steve Witkoff et Jared Kushner annoncent un accord de paix imminent entre le Maroc et l'Algérie.
L'envoyé spécial de Trump au Moyen-Orient, Steve Witkoff, déclare que son « équipe travaille sur un accord de paix entre le Maroc et l'Algérie en ce moment. Il y aura… pic.twitter.com/KK2B9p9iqz
— Morocco Intel (@MoroccoIntel) October 20, 2025
Cette annonce intervient dans un contexte régional marqué par une série de signaux d’apaisement et d’inflexions diplomatiques. Lors d’un entretien sur la chaîne saoudienne Asharq, Massad Boulos, envoyé spécial de Donald Trump pour l'Afrique, a affirmé il y a quelques jours que le pouvoir algérien se disait « favorable à une amélioration des relations avec le Maroc, Roi, gouvernement et peuple ». Selon lui, les autorités d’Alger « veulent une solution définitive et radicale » au différend autour du Sahara occidental.
Boulos s’était rendu à Alger, où il avait rencontré le président Abdelmadjid Tebboune, avant de réaffirmer à New York, lors d’un échange, le 26 septembre dernier, avec Nasser Bourita, le soutien de Washington au plan d’autonomie marocain, présenté comme « la seule base pour une solution juste et durable ».
Parallèlement, à New York, un projet de résolution américain sur le Sahara est actuellement soumis au Conseil de sécurité de l’ONU. Le texte, que Le Desk a pu consulter, marque un virage majeur : il réduit de moitié la durée du mandat de la Minurso et qualifie à plusieurs reprises la proposition marocaine de « sérieuse, crédible et réaliste ». Cette approche, soutenue par plusieurs capitales occidentales, vise à maintenir une pression constante sur les parties pour aboutir à une solution politique fondée sur l’autonomie.
À son tour, Moscou s'est montré favorable à une résolution définitive du dossier du Sahara, se disant disposé à soutenir le plan d’autonomie présenté par Rabat pour régler ce conflit. « Nous savons que le Maroc ne renonce pas au principe d’autodétermination et estime que celui-ci doit se concrétiser sous la forme d’une autonomie. Pour nous, une solution acceptable serait celle qui conviendrait à toutes les parties », avait déclaré Sergueï Lavrov, ministre russe des Affaires étrangères. Ce changement plus que notable de la position de Moscou devrait peser lors de l’adoption finale du texte de la résolution du Conseil de sécurité de l’ONU et lors de son passage au vote fin octobre.
S’il aboutit, le « deal » annoncé par le conseiller du président américain viendrait mettre fin à une rupture totale des relations diplomatiques entre les deux voisins, qui dure depuis plus de quatre ans. Pour rappel, le 24 août 2021, l’Algérie avait annoncé unilatéralement la rupture de ses relations avec le Maroc, accusant Rabat de « provocations répétées » et de collusion avec des mouvements considérés par Alger comme « terroristes ».
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