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12.02.2019 à 18 H 52 • Mis à jour le 13.02.2019 à 08 H 16
Par et
Maisons royales

L’Espagne espère en vain des visites privées du roi Mohammed VI

La dernière visite de Mohammed VI en Espagne en tant que monarque a eu lieu en 2005. Depuis lors, le roi n’a pas foulé, du moins officiellement le sol espagnol, alors que, pendant toutes les années écoulées, les relations entre les deux voisins se sont renforcées autant avec les gouvernements dirigés par le PP de droite que par les socialistes du PSOE

Le roi Felipe VI et la reine Letizia seront accueillis demain au Maroc dans le cadre d’une visite d’État, leur deuxième voyage dans le royaume à l’invitation du roi Mohammed VI, qui pour sa part ne s’est plus rendu en Espagne depuis l’an 2000, malgré le bond positif qu’ont connues les relations bilatérales entre les deux pays, précise l’agence espagnole EFE.


Prince héritier, Mohammed VI s’est rendu en Espagne en 1994 pour transmettre au roi Juan Carlos Ier un message de son père, Feu Hassan II, dans lequel il exposait la position de son pays sur le conflit au Sahara Occidental, alors que la discussion d’un référendum d’autodétermination était d’actualité, ce que Rabat rejette aujourd’hui catégoriquement.


Hassan II a toujours pensé que les monarchies espagnole et marocaine avaient leurs propres voies d’entente qui dépassaient les gouvernements, et que les rois pouvaient débloquer les inévitables conflits politiques survenus entre voisins, commente EFE.


La visite suivante de Mohammed VI, cette fois-ci en tant que monarque a eu lieu en septembre 2000, suivie d’une autre en 2005 pour commémorer les victimes de l’attentat de Madrid. Depuis lors, le roi n’a pas foulé, du moins officiellement le sol espagnol, alors que, pendant toutes les années écoulées, les relations entre les deux voisins se sont renforcées autant avec les gouvernements dirigés par le Parti popular de droite que par les socialistes du PSOE.


« La diplomatie espagnole a offert à Mohammed VI d’accéder –  jusqu’à présent sans succès –  à la commodité et à l’intérêt de se rendre n’importe où en Espagne pendant ses vacances, du moins pour illustrer au plus haut niveau la cordialité de ses relations », rapporte EFE, ajoutant que « le roi a préféré se rendre dans des destinations aussi variées que Cuba, la Grèce, le Gabon ou les Émirats arabes unis, notamment en France, où sa mère, Lalla Latifa, vit depuis des années ».


En France, le roi loge dans un château de sa propriété dans la localité de Betz, à 55 kilomètres au nord-est de Paris et fait des gestes très attentionnés envers les habitants de la localité : non seulement il fait travailler des dizaines de professionnels de la localité, mais invite quinze écoliers chaque année à un voyage d’agrément au Maroc, insiste à dire EFE.


« C’est ce genre de gestes et d’images que la diplomatie espagnole voudrait voir dans leur pays, mais pour l’instant, le monarque, un parfait connaisseur du pays voisin parce qu’il a été élevé par des gouvernantes espagnoles, semble éviter », ajoute EFE.


Au contraire, les gestes de la monarchie espagnole envers le Maroc ont été abondants depuis une vingtaine d’années, et particulièrement de la dernière décennie, durant laquelle trois voyages ont été effectués : une visite de travail de Juan Carlos I en 2013, une autre « de présentation » de Felipe VI l’année suivante peu de temps après son sacre, et la visite d’Etat qui commence demain.


Lors de sa visite en 2014, Felipe VI et la reine Letizia ont été accueillis avec tous les honneurs par le roi, son épouse et tous ses frères, princes et princesses, ainsi que par huit conseillers royaux, 34 membres du gouvernement, des généraux des forces armées, des hauts fonctionnaires et des personnalités du pouvoir judiciaire.


Lorsque le voyage coïncidait avec le mois de Ramadan, les monarques espagnols partagèrent avec toute la famille de Mohammed VI un iftar ou dîner de jeûne au palais royal de Rabat, « montrant ainsi l’harmonie entre les deux maisons royales. Cependant, ils n’atteignent pas la complicité qu’avaient Hassan II et le roi Juan Carlos », ajoute EFE


Bien que ce fût une question de timing, il était symbolique que le dîner du Ramadan coïncide avec la réception de la fête nationale française –  l’événement diplomatique le plus attendu de chaque année à Rabat –  complètement décolorée cette année-là, qui a été beaucoup commentée par les observateurs à Rabat, poursuit la même source.


Ce jeu-là a été remporté par l’Espagne, mais cela ne signifie pas que la France a été « détrônée » au Maroc : bien que l’Espagne l’ait remplacée en tant que principal partenaire commercial du pays depuis 2013, les élites marocaines (politiques, économiques, militaires ou culturelles) sont toujours sous influence française, analyse EFE.

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